Le guide du routard galactique [The Hitch Hiker's Guide to the Galaxy - fr]
- Автор: Адамс Дуглас Ноэль
- Серия: Le guide galactique #1
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-30340-3
- Переводчик: Jean Bonnefoy
- Жанр: Юмористическая фантастика
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que la planète Terre doit être détruite d’ici deux minutes ?
SAVIEZ-VOUS…
que votre meilleur ami est peut-être natif de Betelgeuse ?
SAVIEZ-VOUS…
que la poésie des vogons est vraiment exécrable ?
SAVIEZ-VOUS…
que le Président de nla Galaxie est peut-être moins idiotqu’il n’en a pas l’air (ou l’inverse) ?
SAVIEZ-VOUS…
quelle est la réponse à la Question fondamentalede la Vie, de l’Univers et du Reste ?
SAVIEZ-VOUS…que vous tenez en ce moment ce bouquin à l’envers ?
PAS DE PANIQUE !
Ce Guide du routard galactique a réponse à tout !
Sa mâchoire en resta béante un bon moment.
Cet homme étrange adressa paresseusement un signe de main à Ford puis dit, avec une nonchalance épouvantablement outrée :
— Ford… salut ! Comment va ? Heureux que tu aies pu te libérer.
Ford ne comptait pas se laisser démonter.
— Zaphod, dit-il d’une voix traînante, content de te voir, tu m’as l’air en pleine forme… ce bras supplémentaire te va à merveille. Très chouette aussi, le vaisseau que tu as piqué.
Arthur le regarda, les yeux ronds :
— Tu veux dire que tu connais ce type ? » et il pointa un doigt tremblant vers Zaphod.
— Le connaître ! s’exclama Ford. Mais c’est… » il marqua une pause, puis décida de faire les présentations dans l’autre sens : « Oh ! Zaphod, voici l’un de mes amis, Arthur Dent. Je l’ai sauvé quand sa planète a sauté.
— Oh ! mais bien sûr, dit Zaphod, salut Arthur ! Heureux de voir que vous vous en êtes tiré ! » Sa tête droite se détourna négligemment, lança un « salut » et se remit à se curer les dents.
Ford continuait :
— Et, Arthur, voici mon demi-cousin Zaphod Beeb…
— On s’est déjà vus, dit sèchement Arthur.
Quand vous roulez sur la voie rapide en dépassant sans effort et plutôt content de vous quelques vieux tacots, et que malencontreusement, vous rétrogradez en passant la première au lieu de la troisième avec pour conséquence de faire passer le moteur à travers le capot, provoquant un assez sale gâchis, voilà de quoi vous faire perdre les pédales tout autant que Ford Prefect en entendant cette remarque :
— Hein… quoi ?
— J’ai dit qu’on s’est déjà vus.
Zaphod esquissa un geste de surprise malencontreux et se tordit la mâchoire :
— Hein… eh… non ? Eh… euh…
Ford se tourna vers Arthur, une lueur de colère dans les yeux. Maintenant qu’il se sentait de nouveau chez lui, voilà qu’il regrettait soudain d’avoir dû s’encombrer de ce primitif ignorant qui en savait autant sur les affaires de la Galaxie qu’un moucheron de la campagne anglaise sur la vie à Pékin.
— Comment ça, tu l’as déjà vu ? C’est Zaphod Beeblebrox, de Bételgeuse Cinq, vois-tu et pas un foutu Martin Smith vivant dans la banlieue de Londres…
— Je m’en fous, dit froidement Arthur, on s’est déjà vus ; n’est-ce pas, Zaphod Beeblebrox – ou bien devrais-je plutôt dire… Phil ?
— Quoi ? s’écria Ford.
— Vous allez devoir me rafraîchir la mémoire, dit Zaphod, j’ai une très mauvaise mémoire des espèces…
— C’était au cours d’une soirée, persistait Arthur.
— Ouais, eh bien, moi j’en doute, observa Zaphod.
— Doucement les basses, Arthur, veux-tu ? lui intima Ford.
Mais Arthur ne se laissait pas démonter. Il poursuivit :
— Une soirée, il y a six mois… Sur Terre… en Angleterre…
Zaphod hocha la tête avec un sourire crispé.
— À Londres, insista Arthur. À Islington.
— Oh ! » dit Zaphod avec un sursaut coupable. « Cette soirée-là !
Ça n’était pas du tout sympa pour Ford : Son regard passait alternativement d’Arthur à Zaphod.
— Quoi, dit-il à ce dernier, tu vas pas me dire que t’as séjourné toi aussi sur cette misérable petite planète, non ?
— Non, bien sûr que non », se hâta de dire Zaphod. « Disons, eh bien, que j’y ai fait juste un saut, en vitesse, lors de je ne sais plus quel déplacement…
— Mais moi j’y suis resté coincé quinze ans !
— Eh bien, moi je n’en savais rien, n’est-ce pas.
— Mais qu’est-ce que tu es allé y foutre ?
— Oh ! juste visiter, comme ça…
— Il s’est invité à une soirée », intervint Arthur, frémissant de colère, « une soirée costumée…
— Ça, il n’avait guère le choix, pas vrai ? remarqua Ford.
— À cette soirée, persistait Arthur, se trouvait une jeune fille… oh ! bon, ça ne doit plus guère avoir d’importance à présent. Tout est parti en fumée de toute façon…
— Je souhaiterais que tu cesses de ruminer à propos de cette foutue planète, dit Ford. Qui était cette jeune personne ?
— Oh ! quelqu’un, c’est tout. Bon d’accord, ça ne marchait pas des masses avec elle. J’avais essayé toute la soirée. Bon Dieu… elle était pas mal, n’empêche… Belle, pleine de charme, d’une intelligence dévastatrice… bref, j’arrive finalement à me la coincer un moment et je commence à lui faire un brin de conversation quand voilà que se radine ton copain qui lui sort : Eh ! poupée, ce type vous ennuie ? Pourquoi ne pas causer avec moi, plutôt ? Je suis d’une autre planète. Je ne l’ai plus jamais vue.
— Zaphod ? s’exclama Ford.
— Oui », dit Arthur, l’œil enflammé, en essayant de ne pas se sentir ridicule. « À l’époque, il n’avait que deux bras et une seule tête et il se faisait appeler Phil mais…
— Mais vous devez reconnaître qu’il était effectivement d’une autre planète, termina Trillian en faisant son apparition à l’autre bout de la passerelle. Elle gratifia Arthur d’un sourire charmeur qui s’abattit sur lui comme une tonne de briques avant de reporter son attention sur les commandes du vaisseau.
Il y eut un silence de quelques secondes et puis, de la bouillie qu’était devenue la cervelle d’Arthur émergèrent ces quelques mots :
— Tricia McMillan ? Que faites-vous ici ?
— La même chose que vous. J’ai fait du stop. Après tout, avec une licence en maths et une autre en astrophysique, qu’y avait-il d’autre à faire ? C’était ça ou retourner faire la queue pour le chômage dès lundi.
— L’infini moins un, pépia l’ordinateur. Calcul d’improbabilité terminé.
Zaphod regarda autour de lui : Ford, Arthur puis Trillian. Il s’adressa à cette dernière :
— Trillian, ce genre de chose est-il en passe de se reproduire chaque fois que nous emploierons le générateur d’improbabilité ?
— C’est très probable, j’en ai peur, répondit-elle.
Chapitre 14
Le Cœur-en-Or volait en silence à travers la nuit de l’espace, utilisant à présent sa propulsion photonique conventionnelle. Ses quatre passagers éprouvaient comme un malaise à l’idée que leur réunion n’était le fait ni de leur volonté ni d’une simple coïncidence mais le résultat de quelque curieuse perversion de la physique – comme si les relations entre les gens étaient soumises aux mêmes lois que celles gouvernant les relations entre atomes et molécules.
Lorsque tomba la nuit artificielle du vaisseau, chacun fut ravi de se retirer dans sa cabine pour essayer de mettre de l’ordre dans ses idées.
Trillian était incapable de dormir : assise sur sa couchette, elle s’abîma dans la contemplation de la petite cage qui contenait ses uniques – et ultimes – liens désormais avec la Terre : deux souris blanches qu’elle avait persuadé Zaphod de lui laisser emporter. Elle s’était attendue à ne plus jamais revoir sa planète et pourtant elle était surprise de son absence de réaction à l’annonce de sa destruction. Tout cela semblait irréel et lointain, elle ne trouvait rien qui pût l’évoquer. Elle regarda les rongeurs en train de tournoyer dans leur cage, de galoper furieusement dans leur petit manège en plastique, jusqu’à se laisser entièrement absorber par ce spectacle. Brusquement, elle se secoua et décida de retourner sur la passerelle surveiller la danse des chiffres et des voyants minuscules qui balisaient la progression du vaisseau dans le vide. Elle aurait bien voulu savoir ce à quoi elle essayait de ne plus penser.