Le guide du routard galactique [The Hitch Hiker's Guide to the Galaxy - fr]
- Автор: Адамс Дуглас Ноэль
- Серия: Le guide galactique #1
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-30340-3
- Переводчик: Jean Bonnefoy
- Жанр: Юмористическая фантастика
Электронная книга - «Le guide du routard galactique [The Hitch Hiker's Guide to the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
que la planète Terre doit être détruite d’ici deux minutes ?
SAVIEZ-VOUS…
que votre meilleur ami est peut-être natif de Betelgeuse ?
SAVIEZ-VOUS…
que la poésie des vogons est vraiment exécrable ?
SAVIEZ-VOUS…
que le Président de nla Galaxie est peut-être moins idiotqu’il n’en a pas l’air (ou l’inverse) ?
SAVIEZ-VOUS…
quelle est la réponse à la Question fondamentalede la Vie, de l’Univers et du Reste ?
SAVIEZ-VOUS…que vous tenez en ce moment ce bouquin à l’envers ?
PAS DE PANIQUE !
Ce Guide du routard galactique a réponse à tout !
— Ça ne marchera jamais : j’ai un esprit exceptionnellement vaste.
C’était dit sur un ton parfaitement monocorde.
— Marvin ! menaça Trillian.
— Bon, ça va. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?
— Que vous descendiez au sas d’accès n°2 pour nous ramener sous bonne garde les deux étrangers.
Une simple pause d’une microseconde suivie d’une infime modulation du ton et du timbre de sa voix (oh, rien de formellement répréhensible !) suffirent à Marvin pour exprimer son mépris total et son horreur de tout ce qui touchait à l’humain.
— Ce sera tout ?
— Oui, dit Trillian avec fermeté.
— Je doute que ça me plaise, remarqua Marvin.
Zaphod jaillit de son siège et hurla :
— Elle ne vous a pas demandé de trouver ça plaisant. Faites ce qu’on vous dit de faire, un point c’est tout, voulez-vous ?
— Bon, bon, dit Marvin d’une voix qui résonnait comme le sinistre glas d’une grande cloche fissurée. « J’y vais.
— Bien, dit Zaphod, sèchement. « Parfait. Merci…
Marvin se tourna et ouvrit de grands yeux rouges en forme de triangle renversé :
— J’espère que je ne vous sape pas le moral au moins ?
Son ton était pathétique.
— Mais non, mais non, Marvin, chantonna Trillian. Tout est pour le mieux. Franchement.
— Parce que je m’en voudrais de vous avoir sapé le moral.
— Mais non. Ne vous inquiétez pas pour ça, continuait la chanson, comportez-vous avec naturel et tout se passera parfaitement bien.
— Vous êtes bien sûr que ça ne vous fait rien ? hasarda Marvin.
— Non, non, Marvin, chantonnait toujours Trillian, tout va pour le mieux ; sincèrement… C’est la vie, c’est tout…
Marvin lui lança un lourd regard électronique :
— La vie… ne me parlez pas de la vie.
Il tourna les talons, désespéré, et se traîna hors de la cabine. Avec un bourdonnement satisfait, la porte coulissa pour se reverrouiller en claquant derrière lui.
— Je ne crois pas que je pourrai supporter encore longtemps ce robot, Zaphod, dit Trillian.
L’Encyclopædia galactica définit le robot comme un dispositif mécanique conçu dans le but d’effectuer le travail d’un homme. Le service commercial de la Compagnie cybernétique de Sirius le définit pour sa part comme « le véritable compagnon en plastique de vos meilleurs instants ».
Le Guide du routard galactique définit le service commercial de la Compagnie cybernétique de Sirius comme « un ramassis de pauvre mecs stupides qui finiront par se retrouver les premiers contre le mur le jour de la révolution », avec une note indiquant que la rédaction du Guide était intéressée par toute candidature pour reprendre le poste de spécialiste en robotique.
Fait passablement curieux, une édition de l’Encyclopædia galactica que l’heureux hasard d’une distorsion temporelle avait rejeté du prochain millénaire définissait le service commercial de la Compagnie cybernétique de Sirius comme « un ramassis de branleurs stupides qui ont fini par se retrouver les premiers contre le mur le jour de la révolution ».
La cabine rose s’était volatilisée en un clin d’œil, les singes s’étaient fondus dans une meilleure dimension : Arthur et Ford se retrouvèrent dans la soute d’embarquement du vaisseau. Plutôt chouette.
— J’ai l’impression que ce vaisseau est tout neuf, dit Ford.
— À quoi tu vois ça ? Aurais-tu quelque dispositif spécial pour mesurer l’âge du métal ?
— Non, mais je viens juste de trouver par terre ce prospectus. Un laïus du style « Si vous le voulez, l’Univers peut vous appartenir ». Ah ! Regarde : j’avais raison.
Ford tapota l’une des pages et la montra à Arthur.
On y lisait : Un sensationnel progrès dans le domaine de la physique de l’improbabilité… Sitôt que le propulseur du vaisseau atteint le niveau d’improbabilité infinie, il franchit alors tous les points de l’univers… Soyez l’envie de tous les autres gouvernements.
— Ouh-là, m’est avis qu’on est tombés sur un gros morceau !
Ford feuilleta rapidement le chapitre des caractéristiques techniques du vaisseau, non sans quelques exclamations de surprise à leur lecture : indubitablement, l’astrotechnique galactique avait accompli un bond considérable durant les années de son exil.
Arthur l’écouta un petit moment mais, incapable de comprendre la grande majorité des propos de Ford, il laissa vagabonder son esprit tandis que ses doigts couraient négligemment sur une incompréhensible batterie d’ordinateurs pour venir presser un bien tentant gros bouton rouge sis sur un panneau proche. Le panneau s’éclaira avec ces mots :
NE PAS RAPPUYER SUR CE BOUTON SVP.
Il s’ébroua.
— Écoute ça, lui dit Ford, toujours plongé dans son prospectus publicitaire. « Ils font tout un plat de l’électronique embarquée : La nouvelle génération de robots et d’ordinateurs de la Compagnie cybernétique de Sirius, équipés du tout nouveau dispositif p.v.
— Le dispositif p.v. ? Qu’est-ce que c’est ?
— Oh ! c’est expliqué : Personnalité Véritable.
— Ah ! dit Arthur. Ça paraît plutôt sordide.
Une voix derrière eux énonça :
— Ça l’est effectivement.
La voix, basse et désespérée, était accompagnée d’un léger bruit de ferraille. Se retournant, ils découvrirent un abject bonhomme d’acier qui se tenait, voûté, dans l’encadrement de la porte.
— Quoi ? dirent-ils.
— Sordide, poursuivit Marvin. C’est le mot. Tout est sordide. Absolument sordide. Ne m’en parlez même pas. Tenez, regardez plutôt cette porte, leur dit-il en la franchissant.
Les circuits d’ironie s’intercalèrent dans son modulateur vocal comme il imitait le style du prospectus : Toutes les portes de cet astronef font montre d’une disposition d’esprit radieuse et enjouée. C’est leur plaisir de s’ouvrir pour vous et leur bonheur de se refermer avec la satisfaction que procure un travail bien fait.
Alors que derrière eux se refermait la porte, il apparut effectivement manifeste que c’était avec comme un soupir satisfait : Haaaaaammmmmmmm-mmmmm ouiiiiiiiiii ! fit-elle.
Marvin la considéra avec un total mépris tandis que ses circuits logiques crépitaient de dégoût en caressant l’idée d’exercer contre elle des représailles physiques. D’autres circuits s’interposèrent, affirmant : « Pourquoi s’en soucier ? Quel intérêt ? Rien ne justifie que l’on prenne parti. » De nouveaux circuits s’amusèrent alors à faire l’analyse moléculaire des composants de la porte puis celle des cellules du cerveau de l’humanoïde. Pour faire bonne mesure, ils calculèrent vite fait le niveau du rayonnement de l’hydrogène dans le parsec cubique d’espace environnant avant de se déconnecter à nouveau, pleins d’ennui. Un spasme de désespoir ébranla le corps du robot quand il se retourna.
— Venez, grommela-t-il, j’ai reçu l’ordre de vous conduire à la passerelle. Regardez-moi : un cerveau de la taille d’une planète et tout ce qu’on me demande, c’est de vous conduire à la passerelle. Parlez-moi de satisfaction professionnelle ! Moi, je n’en vois pas.
Et, se retournant, il se dirigea de nouveau vers la porte tant détestée.
— Euh, excusez-moi », dit Ford en lui emboîtant le pas, mais à quel gouvernement ce vaisseau appartient-il ?