200 drôles d'expressions
- Автор: Rey Alain, Groodt Stéphane de
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: Éditions Le Robert
- ISBN: 978-2321008217
- Жанр: Прочее научное
Электронная книга - «200 drôles d'expressions». Краткое содержание книги:
drôles d’expressions que l’on utilise tous les jours sans vraiment les connaître
Jouer avec les mots pour qu’ils ne se jouent pas de nous. Éclairer les obscurités, lever les couvercles qui font de nos expressions favorites des trésors cachés.
Voilà ce qu’une équipe d’amoureux du langage, animée par Alain Rey, a imaginé pour nous permettre d’« en connaître un rayon » et faire que nous cessions de « ne pas être dans notre assiette ». Quand on se lève « dès potron-minet », on peut reconnaître le minet, mais certes pas le potron. Si les choses se produisent « au fur et à mesure », qu’es aco, ce « fur » ?
La langue française est une richesse, mais c’est aussi une boîte à malice. Déjouer cette malice, ce n’est pas trahir notre langage, c’est l’enrichir, et c’est nous faire plaisir. 200 fois plaisir, par les temps qui courent, ce n’est déjà pas si mal. Et quand quelques-unes de ces expressions sont pimentées par Stéphane De Groodt, virtuose du jeu de mots, c’est encore plus savoureux !
Gardons-nous d’écrire le mot avec un e final : ce dam — que les puristes font rimer avec dans et dent, alors que les autres le prononcent comme dame — n’en prend pas. C’est un très vieux mot puisqu’il apparaît dans les Serments de Strasbourg, texte fondateur de la langue française, signé en 842 par les héritiers de Charlemagne.
À cette époque, dam a le sens de « préjudice (matériel ou moral) », comme le mot latin damnum dont il est issu. L’ancien français avait estre a dam « être dans le malheur » et la peine du dam correspondait à la damnation, le châtiment éternel qui prive les réprouvés de la vue de Dieu : ceux-là sont condamnés. Dans l’usage courant, le mot dam s’efface dès la Renaissance et ne se maintient guère que dans l’expression au (grand) dam de, car il a été évincé par un mot de la même famille, dommage, dont la forme primitive, damage, est passée en anglais au XIVe siècle. Dommage a le sens de « tort », de « préjudice porté à quelqu’un ou à quelque chose », comme dans dommages et intérêts.
Pourtant, si vous vous faites damer le pion, « surpasser », ce qui a de fâcheuses conséquences, ce préjudice est tout différent. Il n’est pas question de damnation mais, plus légèrement, du jeu d’échecs et du jeu de dames.
Lorsqu’un simple pion atteint la rangée de départ de l’adversaire, sa valeur change. Aux dames, le pion, modeste piéton, se transforme en une pièce plus puissante appelée dame. Aux échecs, on peut lui donner les caractéristiques d’une autre pièce, notamment la reine, qui offre les possibilités de déplacement les plus nombreuses. On dit alors que ce pion est damé. Si la partie n’est pas gagnée, elle est du moins bien engagée, car le joueur qui détient cette nouvelle pièce prend un net avantage et l’adversaire auquel on dame le pion pourrait bien être condamné à perdre.
« J’entends bien qu’il y aura toujours des gens pour jouir de certains privilèges et pour en jouir au grand dam et à la colère des non-nantis. »