Les enfants d'Icare
- Автор: Кларк Артур Чарльз
- Год: 1977
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-11799-4
- Переводчик: Michel Deutsch
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les enfants d'Icare». Краткое содержание книги:
L’astronef étranger s’était posé sur Terre et nul ne l’avait vu arriver. Maintenant qu’il était là, plus rien ne serait comme avant. Sans se montrer, ses occupants ne tardent pas à imposer leur volonté à l’homme. Ils exigent et obtiennent le désarmement général.
L’action des Suzerains est incontestablement bénéfique et cependant un doute terrible subsiste… Pourquoi aucun humain n’a-t-il pu les apercevoir ? L’existence de l’humanité n’est-elle pas menacée ?
À midi, une imposante quantité d’aérocars encombraient le parc et les retardataires allaient avoir à faire une longue trotte lorsqu’ils auraient trouvé un coin où se ranger. En tout cas, sous ce ciel sans nuages et sous une température de 43° C, cela leur paraîtrait une bonne trotte. Tous les modèles de véhicules étaient représentés, depuis les Flitterbugs monoplaces jusqu’aux Cadillac familiales qui ressemblaient plus à des palais aériens qu’à d’honnêtes machines volantes. Mais à cette époque, les moyens de transport n’étaient plus un signe extérieur de rang social.
— Elle est vraiment affreuse, cette maison, dit Jean Morrel tandis que le Météore amorçait une descente en spirale. Elle ressemble plus à une boîte qu’à une villa.
George Greggson, qui était vieux jeu et détestait les atterrissages automatiques, modifia le coefficient de décélération avant de répondre.
— Il n’est pas très loyal de la juger selon un angle pareil. Au sol, elle a peut-être un aspect tout à fait différent. Oh ! Diable !
— Que se passe-t-il ?
— Les Foster sont là. Je reconnaîtrais leurs couleurs n’importe où.
— Bah ! Vous n’avez pas besoin de leur parler si vous n’en avez pas envie. C’est un des avantages des réceptions de Rupert – on peut toujours se perdre dans la foule.
George piquait sur l’aire de stationnement qu’il avait choisie. L’appareil se posa entre un autre Météore et un aérocar qu’aucun de ses occupants ne fut capable d’identifier. L’engin avait l’air très rapide et, de l’avis de Jean, très inconfortable. C’était probablement un des amis techniciens de Rupert qui l’avait construit de ses mains. Pourtant, il semblait à George que c’était interdit.
La chaleur les assaillit comme un coup de lance-flammes quand ils mirent pied à terre. On eût dit qu’elle pompait l’humidité de leur corps et George avait presque l’impression que sa peau se craquelait. Évidemment, c’était en partie leur faute. Ils avaient quitté l’Alaska trois heures plus tôt et ils n’auraient pas dû oublier de régler en conséquence la température de la cabine.
— Quelle idée de vivre dans un endroit pareil ! haleta Jean. Moi qui croyais que le climat était contrôlé !
— Il l’est, répliqua George. Autrefois, c’était un désert. Et regardez ce qu’il est devenu. Venez, ce sera parfait à l’intérieur.
C’est alors que la voix allègre de Rupert, un peu plus sonore que la normale, retentit à leurs oreilles. Leur hôte debout à côté de l’aérocar, un verre dans chaque main, les contemplait de tout son haut, la mine espiègle. De tout son haut, pour la bonne raison qu’il mesurait dans les trois mètres cinquante. En outre, il était semi-transparent. On voyait à travers lui sans beaucoup de peine.
— En voilà une blague à faire à ses invités ! protesta George en tendant la main vers les verres. (Comme de bien entendu, elle les traversa purement et simplement.) J’espère que vous nous donnerez quelque chose de plus tangible quand nous serons entrés !
Rupert éclata de rire.
— Ne vous inquiétez pas ! Dites-moi seulement ce qui vous ferait plaisir et ce sera prêt.
— Deux bières grand format rafraîchies à l’air liquide, se hâta de répondre George. C’est comme si on était déjà là.
Rupert acquiesça, posa l’un des verres sur une table invisible, manœuvra une commande qui ne l’était pas moins et se dématérialisa instantanément.
— C’est la première fois que je vois fonctionner un de ces gadgets, dit Jean. Comment a-t-il bien pu se procurer ça ? Je pensais que les Suzerains en avaient le monopole.
— Avez-vous déjà vu Rupert ne pas obtenir ce qu’il veut ? C’est exactement le joujou qui lui convient. Avec ça, il peut sillonner la moitié de l’Afrique tout en restant confortablement assis dans son bureau. Sans souffrir de la chaleur, sans se faire dévorer par les insectes, sans se fatiguer – et le frigo à portée de la main ! Je me demande quelle aurait été l’opinion de Stanley et de Livingstone !
Le soleil mit un point final à la conversation : ils n’ouvrirent plus la bouche avant d’avoir atteint la maison. La porte, assez difficile à distinguer du reste du mur de verre qui leur faisait face, s’ouvrit automatiquement à leur approche tandis qu’éclatait une fanfare de trompettes, et Jean devina – sans se tromper – que ces flonflons lui donneraient la nausée avant la fin de la journée.
L’actuelle Mme Boyce les accueillit dans le vestibule délicieusement frais. Pour dire la vérité, c’était principalement à cause d’elle qu’il y avait tant de monde. La moitié des invités ou à peu près seraient venus n’importe comment pour voir la nouvelle demeure de Rupert, mais c’étaient les bruits qui couraient sur la nouvelle Mme Boyce qui avaient décidé les hésitants.
Elle était troublante, c’est le seul qualificatif qui convient. Même dans un univers où la beauté faisait quasiment partie du banal et du quotidien, les hommes se retournaient quand elle entrait dans une pièce. Elle devait avoir un quart de sang noir, se dit George. Des traits d’une pureté grecque, de longs cheveux lustrés. Seul son épiderme intensément foncé trahissait le métissage.
— Vous êtes Jean et George, n’est-ce pas ? fit-elle en leur tendant la main. Je suis ravie de vous accueillir. Rupert est en train de faire des tas de mélanges compliqués à l’intention des assoiffés. Venez, je vais vous présenter tout le monde.
Son vibrant contralto déclenchait de petits frissons qui remontaient et descendaient le long de l’échine de George, à croire que sa colonne vertébrale était une flûte dans laquelle quelqu’un soufflait. Il décocha un coup d’œil inquiet à Jean qui avait réussi à plaquer sur ses lèvres un sourire quelque peu artificiel.
— Je… Enchanté de faire votre connaissance, balbutia-t-il quand il eut enfin recouvré l’usage de la parole.
— Les réceptions de Rupert sont toujours merveilleuses, laissa tomber Jean en appuyant sur le « toujours » de telle sorte que l’on devinait parfaitement ce qu’elle sous-entendait : « chaque fois qu’il se remarie ».
George rougit et lui lança un regard réprobateur, mais rien dans son attitude ne permettait de penser que leur hôtesse eût été sensible à cette flèche. Elle était l’amabilité incarnée quand elle les fit entrer dans le grand salon où se pressait déjà un large échantillonnage des innombrables relations de Rupert. Ce dernier était assis devant le tableau de commande de ce qui semblait être un appareil de contrôle T.V. en circuit fermé, et George comprit que c’était cet instrument qui avait projeté son image tout à l’heure. Rupert, fort occupé à faire une nouvelle démonstration à l’intention d’un nouveau couple qui venait d’atterrir, s’interrompit le temps de saluer Jean et George en s’excusant d’avoir donné leurs verres à quelqu’un d’autre.
— Mais vous trouverez tout ce qu’il vous faut par là, ajouta-t-il en agitant vaguement une main derrière lui tout en réglant les commandes de l’autre. Faites comme chez vous. Vous connaissez la plupart des gens. Maïa vous présentera à ceux que vous ne connaissez pas. C’est gentil d’être venu.
— C’est gentil de nous avoir invités, rétorqua Jean sans beaucoup de conviction.