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Le Roman De La Momie

Электронная книга - «Le Roman De La Momie». Краткое содержание книги:

A la fin du XIXème siècle, deux égyptologues découvrent la momie miraculeusement conservée d'une jeune femme. Tandis que Lord Evandale tombe amoureux de la belle morte, Rumphius, plus ambitieux, va s'évertuer à déchiffrer le papyrus qui raconte la vie de la mystérieuse égyptienne. Evocation troublante de l'Égypte ancienne, amour et antiquité sont au rendez-vous.
Commentaire d'une lectrice: Une très belle histoire d'amour se déroulant dans la fascinante Egypte ancienne.
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Ailleurs on l’apercevait incertain et souriant, comme s’il eût malicieusement suspendu son choix, au milieu des jeunes reines agaçant sa gravité par toutes sortes de coquetteries caressantes et gracieuses.

D’autres panneaux représentaient des musiciennes et des danseuses, des femmes au bain, inondées d’essence et massées par des esclaves, avec une élégance de poses, une suavité juvénile de formes et une pureté de traits qu’aucun art n’a dépassées.

Des dessins d’ornementation d’un goût riche et compliqué, d’une exécution parfaite, où se mariaient le vert, le rouge, le bleu, le jaune, le blanc, couvraient les espaces laissés vides. Dans des cartouches et des bandes allongées en stèles se lisaient les titres du Pharaon et des inscriptions en son honneur.

Sur le fût des énormes colonnes tournaient des figures décoratives ou symboliques coiffées du pschent, armées du tau, qui se suivaient processionnellement, et dont l’œil, dessiné de face sur une tête de profil, semblait regarder curieusement dans la salle. Des lignes d’hiéroglyphes perpendiculaires séparaient les zones de personnages. Parmi les feuilles vertes découpées sur le tambour du chapiteau, des boutons et des calices de lotus se détachaient avec leurs couleurs naturelles et simulaient des corbeilles fleuries.

Entre chaque colonne, une selle élégante de bois de cèdre peint et doré soutenait sur sa plate-forme une coupe de bronze remplie d’huile parfumée, où les mèches de coton puisaient une clarté odorante.

Des groupes de vases allongés et reliés par des guirlandes alternaient avec les lampes et faisaient épanouir au pied des colonnes des gerbes aux barbes d’or, mêlées d’herbes des champs et de plantes balsamiques.

Au milieu de la salle, une table ronde en porphyre, dont le disque était supporté par une figure de captif, disparaissait sous un entassement d’urnes, de vases, de buires, de pots, d’où jaillissait une forêt de fleurs artificielles gigantesques:

car des fleurs vraies eussent semblé mesquines au centre de cette salle immense, et il fallait mettre la nature en proportion avec le travail grandiose de l’homme; les plus vives couleurs, jaune d’or, azur, pourpre, diapraient ces calices énormes.

Au fond s’élevait le trône ou fauteuil du Pharaon, dont les pieds croisés bizarrement et retenus par des nervures enroulées contenaient, dans l’ouverture de leurs angles, quatre statuettes de prisonniers barbares asiatiques ou africains, reconnaissables à leurs physionomies et à leurs vêtements; ces malheureux, les coudes noués derrière le dos, à genoux dans une posture incommode, le corps tendu, portaient sur leur tête humiliée le coussin quadrillé d’or, de rouge et de noir où s’asseyait leur vainqueur. Des mufles d’animaux chimériques, dont la gueule laissait échapper en guise de langue une longue houppe rouge, ornaient les traverses du siège.

De chaque côté du trône étaient rangés, pour les princes, des fauteuils moins riches, mai, encore d’une élégance extrême et d’un caprice charmant: car les Égyptiens ne sont pas moins adroits à sculpter le buis de cèdre, de cyprès et de sycomore, à le dorer, à le colorier, à l’incruster d’émaux qu’à tailler dans les carrières de Philae ou de Syène de monstrueux blocs granitiques pour les palais des Pharaons et le sanctuaire des dieux.

Le roi traversa la salle d’un pas lent et majestueux, sans que ses paupières teintes eussent palpité une fois; rien n’indiquait qu’il entendît les cris d’amour qui l’accueillaient, ou qu’il aperçût les êtres humains agenouillés ou prosternés, dont les plis de sa calasiris effleuraient le front en écumant autour de ses pieds; il s’assit les chevilles jointes et les mains posées sur les genoux, dans l’attitude solennelle des divinités.

Les jeunes princes, beaux comme des femmes, prirent place à la droite et à la gauche de leur père. Des serviteurs les dépouillèrent de leurs gorgerins d’émaux, de leurs ceinturons et de leurs glaives, versèrent sur leurs cheveux des flacons d’essences, leur frottèrent les bras d’huiles aromatiques, et leur présentèrent des guirlandes de fleurs, frais colliers de parfums, luxe odorant, mieux accommodé aux fêtes que la lourde richesse de l’or, des pierres précieuses et des perles, et qui, du reste, s’y marie admirablement.

De belles esclaves nues, dont le corps svelte offrait le gracieux passage de l’enfance à l’adolescence, les hanches cerclées d’une mince ceinture qui ne voilait aucun de leurs charmes, une fleur de lotus dans les cheveux, une buire d’albâtre rubané à la main, s’empressaient timidement autour du Pharaon, et répandaient l’huile de palme sur ses épaules, ses bras et son torse polis comme le jaspe. D’autres servantes agitaient autour de sa tête de larges éventails de plumes d’autruche peintes, ajustées à des manches d’ivoire ou de bois de santal, qui, échauffé par leurs petites mains, dégageait une odeur délicieuse; quelques-unes élevaient à la hauteur des narines du Pharaon des tiges de nymphaea au calice épanoui comme la coupe des amschirs. Tous ces soins étaient rendus avec une dévotion profonde et une sorte de terreur respectueuse, comme à une personne divine, immortelle, descendue par pitié des zones supérieures parmi le vil troupeau des hommes. Car le roi est le fils des dieux, le favori de Phré, le protégé d’Ammon-Ra.

Les femmes du gynécée s’étaient relevées de leurs prostrations et assises sur de beaux fauteuils sculptés, dorés et peints, aux coussins de cuir rouge gonflés avec de la barbe de chardon: rangées ainsi, elles formaient une ligne de têtes gracieuses et souriantes, que la peinture eût aimé à reproduire.

Les unes avaient pour vêtement des tuniques de gaze blanche à raies alternativement opaques et transparentes, dont les manches courtes mettaient à nu un bras mince et rond couvert de bracelets du poignet au coude; les autres, nues jusqu’à la ceinture, portaient une cotte lilas tendre, striée de bandes plus foncées, recouverte d’un filet de petits tubes en verre rose laissant voir entre leurs losanges le cartouche du Pharaon tracé sur l’étoffe; d’autres avaient la jupe rouge et le filet en perles noires; celles-ci, drapées d’un tissu aussi léger que l’air tramé, aussi translucide que du verre, en tournaient les plis autour d’elles, s’arrangeant de façon à faire ressortir coquettement le contour de leur gorge pure; celles-là s’emprisonnaient dans un fourreau papelonné d’écailles bleues, vertes et rouges, qui moulaient exactement leurs formes; il y en avait aussi dont les épaules étaient couvertes d’une sorte de mante plissée, et qui serraient au-dessous du sein, par une ceinture à bouts flottants, leur longue robe garnie de franges.

Les coiffures n’étaient pas moins variées: tantôt les cheveux nattés s’effilaient en spirales; tantôt ils se divisaient en trois masses, dont l’une s’allongeait sur le dos et les deux autres tombaient de chaque côté des joues; de volumineuses perruques à petites boucles fortement crêpées, à innombrables cordelettes maintenues transversalement par des fils d’or, des rangs d’émaux ou de perles, s’ajustaient comme des casques à des têtes jeunes et charmantes qui demandaient à l’art un secours inutile à leur beauté.

Toutes ces femmes tenaient à la main une fleur de lotus bleue, rose ou blanche, et respiraient amoureusement, avec des palpitations de narines, l’odeur pénétrante qui s’exhalait du large calice. Une tige de la même fleur, partant de leur nuque, se courbait gracieusement sur leur tête et allongeait son bouton entre leurs sourcils rehaussés d’antimoine.

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