Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Les jeudis de Julie
Les jeudis de Julie - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les jeudis de Julie

Электронная книга - «Les jeudis de Julie». Краткое содержание книги:

Willy rêvait de voiliers, Boris était le souffre-douleur d'une famille désargentée et Gildas surgissait de l'inconnu sur une puissante moto. Tels étaient les amis de Julie que sa mère, Marie Lacaze, ne rencontrait jamais et pour cause puisque tous étaient nés de l'imagination de la petite fille. Imagination excessive, jeux innocents, jeux dangereux ? Julie n'avait que onze ans et tout cela n'était-il pas habituel ? Jusqu'à ce que le drame, horrible, éclate à cause du zèle des adultes qui n'ont jamais eu d'imagination créative. Et la mère de Julie en arrive à se demander si les Willy, Gildas et autre Boris sont en fait des personnages imaginaires.
1 ... 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ... 35
Перейти на страницу:

Elle se souvint qu’elle avait des bouteilles de vin auxquelles elle n’avait pas touché depuis la mort de son mari. Il y avait une sorte de souillarde à côté de la cuisine où elle retrouva des bouteilles de vin blanc poussiéreuses, se demanda si le contenu restait buvable. Elle en ouvrit une, but à même le goulot et recracha l’espèce de vinaigre qu’elle contenait.

Que pouvait-elle offrir ? Comment les attirer tous, les amener à se montrer plus bavards ? Seul ce Pascal l’intéressait mais à l’avance son visage inexpressif la rebutait. Elle se savait incapable de tirer quoi que ce soit de ce garçon.

— Vous êtes là ?

L’homme se tenait dans la porte-fenêtre et elle sursauta.

— Je vous ai fait peur ?

— Pas du tout.

— Vous aviez l’air de rêver, fit-il amusé. Vous me montrez où est ce fameux robinet ?

Pascal était dehors sur un vélo pliant en train de faire des huit sur le terre-plein devant la maison.

— Il faudrait fermer le compteur, dit l’homme.

— Il n’est pas loin.

Le regard recouvert d’une plaque de fonte n’était qu’à quelques mètres. Il la souleva, grimaça lorsqu’il voulut tourner le robinet enfoui dans l’étoupe de laine qui le protégeait du gel.

— Ce que c’est dur.

— Je ne l’ai jamais fermé.

Le gosse vint avec son vélo, ouvrit, la sacoche et sortit des outils. À l’aide d’une pince son père, du moins Marie le supposait, réussit à fermer l’eau.

— Bon, voyons l’autre.

C’était le joint en caoutchouc qui avait presque fondu. L’eau accepta de couler mais il fallait pour la fermer un autre joint que le jeune garçon alla chercher à la caravane.

— Vous avez tout ce qu’il faut avec vous ?

— Il le faut bien, ça fait deux ans que nous vivons là-dedans. Nous nous déplaçons à la recherche de travail. De préférence dans le Midi, bien sûr, sinon nous crèverions de froid l’hiver dans cette roulotte.

Lorsque Pascal revint, elle lui proposa de l’orangeade. Il en restait un fond de bouteille.

— Pas soif, dit le gamin.

— Je n’ai même pas un gâteau, fit-elle navrée.

Il prit un air boudeur, certainement vexé d’être pris pour une sorte de bébé.

— Quand Julie est ici, dit-elle, j’ai tout ce qu’il faut.

Pascal la regarda avec méfiance. Au point que Marie se demanda si ce garçon et sa fille ne s’étaient pas quittés fâchés. Du jour au lendemain, Julie ne lui avait plus parlé de ce Willy… Mais Pascal était-il vraiment Willy ?

Elle choisit de revenir à la cuisine. En présence de son père peut-être ne parlerait-il pas. Dans la pièce obscure, elle attendit et soudain aperçut son ombre au-dehors. Il paraissait la guetter. Alors, sur la pointe des pieds, elle se dirigea vers la souillarde, tira la porte sans la fermer. Au bout d’une minute, elle eut tellement honte de ses soupçons qu’elle faillit sortir juste comme Pascal se tenait sur le seuil de la porte-fenêtre.

— Hé ! dit-il, vous êtes là ?

Il hésita puis, rapidement, s’approcha de la table, ouvrit son sac à main. La pensée qu’elle allait surgir dans son dos, le surprendre, le violer en quelque sorte dans son acte fautif la paralysait mais elle poussa la porte, se dirigea vers la seule issue possible.

— Tu cherches quelque chose ?

Pascal fit la moue et jeta le sac sur la table.

— Vous ne pouvez rien prouver.

— Si, dit-elle, puisque tu as déjà volé de l’argent à ma petite fille.

Brusquement, cette idée lui était venue que Julie avait dû se laisser gruger par ce garçon, lui remettre de l’argent pour elle ne savait trop quoi et qu’ensuite elle ne l’avait plus jamais revu. Elle-même, dans son enfance, avait, connu de telles duperies.

— Elle ment, dit Pascal.

— Pas du tout. Mais si tu me dis comment tu te faisais appeler par elle, je ne dirai rien et j’oublierai tout.

Pascal crut flairer un piège et resta silencieux.

— Tu ne lui avais pas dit que tu t’appelais Pascal… Tu lui avais donné un faux prénom.

À ce moment-là l’homme appela :

— Pascal ? Où es-tu, j’ai besoin de toi.

Marie tendit les bras, le visage dur.

— Si tu sors sans me le dire je raconte tout à ton père… Je ne crois pas qu’il aimerait avoir des histoires, pas vrai ?

Elle se trouvait moche, méprisable d’user d’un tel chantage. Mais elle voulait qu’il parle. Plus tard, elle regretterait son attitude, en souffrirait.

— Je vais lui dire que vous m’embêtez.

— Très bien, dit-elle en baissant les bras, va le lui dire. Tu parles d’abord, puis moi.

Soudain furieuse, elle désigna le sac.

— Il y avait beaucoup d’argent là-dedans et je suis sûre qu’il ne reste que deux billets de cent francs… Il faudra bien que tu dises où tu as mis le reste, ce que tu en as fait pendant que j’étais absente de cette cuisine.

Elle eut un sourire froid.

— Je cherchais une bouteille de vin à offrir à ton père et tu as profité de ce que tu étais seul.

— Vous êtes folle ?

— Pascal, alors c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

— Quel nom lui avais-tu donné ?

Il regardait vers l’extérieur, fronçait les sourcils. Puis il fit quelques pas et elle le laissa passer.

— Si tu ne dis rien avant d’avoir rejoint ton père moi je parlerai… Tu le sais bien.

— Je sais pas ce que vous voulez dire.

— Tu lui as dit que ton prénom était Johnny, non ?

— Je ne m’en souviens pas.

Désespérée, elle faillit le gifler. Dehors, son père commençait à hurler le prénom de l’enfant.

— Eh bien, tant pis pour toi, dit-elle.

Il avança lentement, s’immobilisa comme s’il craignait de recevoir un coup, se retourna. Elle prenait son sac et se préparait à sortir.

— Vous savez bien que je n’ai rien pris, dit-il effrayé.

— Oui, je le sais fort bien… Mais nous sommes seuls, tous les deux, à le savoir. Ton père, les autres gens…

Elle se refusait à parler des gendarmes ou de la police.

— Les autres gens me croiront, moi. J’ai touché mon mois hier et il y en avait une partie dans mon sac… Tu seras pris pour un voleur et tes parents auront de sérieux ennuis.

— Vous êtes une salope, dit-il entre ses dents.

— C’est exact, mais je veux que tu me dises ce prénom.

Pascal la regarda avec surprise. Il était rare qu’un adulte reconnaisse qu’il était une salope.

— Pourquoi voulez-vous ce prénom ?

— Pascal, si je viens te chercher c’est à coups de pieds au cul, t’as compris ?

— Willy, souffla le gosse, Willy… Je lui disais que j’étais d’origine anglaise, que mes parents habitaient un voilier… Elle me croyait… C’est une connasse, votre fille.

Il s’élança en courant. Marie ferma les yeux, reprit son souffle. Elle avait gagné, même si c’était de façon ignoble. Le premier élément solide, la preuve que Julie n’avait jamais inventé ni ce Willy, ni peut-être les autres, Boris et surtout ce Gildas, ce garçon de seize ans. Lui surtout.

— Excusez-moi, dit-elle plus tard à l’homme, mais c’est moi qui retenais votre fils avec mes bavardages.

Chapitre X

Pascal, alias Willy, et ses parents disparurent de la vie de Marie comme s’ils n’avaient jamais existé. Willy rejoignait le domaine de l’imaginaire comme elle l’avait toujours cru. Ne restait que le souvenir d’un jeune garçon sournois et rusé qu’un jour Julie avait rencontré au bord de l’étang, auquel elle avait offert maladroitement son amitié et qui l’avait trompée. Pascal, plus déluré, plus affranchi, n’avait songé qu’à profiter d’elle. Marie pensait qu’il avait dû se faire remettre le montant de ses économies et filer pour ne plus jamais revenir, ne laissant à sa fille que ce prénom inventé de Willy. Et parce que l’enfant n’avait pu lui fournir d’autres précisions, elle, sa mère, avait estimé avec sa suffisance d’adulte que Julie l’avait créé pour rompre sa solitude.

1 ... 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ... 35
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)