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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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« D’accord, dit Sam, riant avec les autres. Mais qu’est-ce que tu penses de ces Hommes-arbres, ces géants, qu’on pourrait dire ? J’en connais qui disent qu’ils en ont vu un y a pas si longtemps, plus gros qu’un arbre, à l’autre bout des Landes du Nord. »

« Qui ça, ils ? »

« Mon cousin Hal, pour commencer. Il travaille pour M. Boffine à Suscolline, et il monte souvent dans le Quartier Nord pour la chasse. Il en a vu un. »

« C’est ce qu’il dit. Ton Hal dit tout le temps qu’il a vu des choses ; peut-être qu’il voit des choses qui sont pas vraiment là. »

« Mais ç’ui-là était grand comme un orme, et il marchait – il faisait vingt pieds à chaque pas, si c’était un pouce. »

« Alors je parie que c’était même pas un pouce. Ce qu’il a vu était un orme, si ça se trouve. »

« Mais celui-là marchait, je te dis ; et y a pas d’ormes sur les Landes du Nord. »

« Alors ton Hal a pas pu en voir un », dit Ted. Il y eut des rires et des applaudissements : l’assistance semblait penser que Ted venait de marquer un point.

« Quand même, dit Sam, notre Halfast est pas le seul à avoir vu des gens bizarres traverser le Comté. J’ai dit traverser, remarque : y en a d’autres qui sont refoulés à la frontière. Les Garde-frontières ont jamais été aussi occupés.

« Et j’ai entendu dire que les Elfes se déplacent vers l’ouest. Y en a qui disent qu’ils s’en vont là-bas aux ports, de l’autre côté des Tours Blanches. » Sam agita le bras d’un geste vague : ni lui ni aucun d’entre eux ne savaient à quelle distance se trouvait la Mer, au-delà des vieilles tours qui bordaient le Comté à l’ouest. Mais c’était là que se trouvaient, selon une vieille tradition, les Havres Gris d’où partaient à l’occasion des navires elfiques, pour ne plus jamais revenir.

« Ils voguent, voguent, voguent sur la Mer, ils s’en vont dans l’Ouest et nous quittent », dit Sam, chantonnant à moitié, secouant la tête avec gravité et tristesse. Mais Ted rit.

« Eh bien, c’est pas nouveau, si on en croit les vieux contes. Et je vois pas ce que ça change pour toi ou moi. Qu’ils voguent ! Mais je gage que tu les as jamais vus faire, ni personne d’autre dans le Comté. »

« Eh bien, j’en sais trop rien », dit Sam d’un air songeur. Il croyait avoir aperçu un Elfe une fois, dans les bois, et il espérait un jour en voir d’autres. De toutes les légendes qu’il avait entendues dans son enfance, les bribes de contes et d’histoires sur les Elfes dont les hobbits pouvaient encore se souvenir l’avaient toujours le plus ému. « Il y en a même ici qui connaissent les Belles Gens et qui en ont des nouvelles, dit-il. Il y a M. Bessac, par exemple, pour qui je travaille. Il m’a dit qu’ils prenaient la mer, et il en connaît un bout sur les Elfes. Et le vieux M. Bilbo en savait encore plus long : eh ! que j’en ai eu des discussions avec lui quand j’étais petit. »

« Ouais, ils sont tous les deux fêlés, dit Ted. Ou plutôt, le vieux Bilbo était fêlé, et Frodo est proche de l’être. Si c’est de là que tu tiens tes nouvelles, tu seras jamais à court de sornettes. Sur ce, mes amis, je rentre chez moi. À votre santé ! » Il vida sa chope et sortit bruyamment.

Sam resta assis en silence et ne dit plus rien. Il avait ample matière à réflexion. Pour commencer, il y avait beaucoup à faire là-haut, dans le jardin de Cul-de-Sac, et une longue journée l’attendait demain si le temps s’éclaircissait. L’herbe poussait rapidement. Mais le jardinage n’était pas sa seule préoccupation. Au bout d’un moment, il se leva en soupirant et sortit.

On était début avril, et le ciel se dégageait après de fortes pluies. Le soleil s’était couché, et un soir pâle et frais se fondait doucement dans la nuit. Sam rentra chez lui à la lueur des premières étoiles. Il traversa Hobbiteville et gravit la Colline en sifflant doucement et pensivement.

Ce fut précisément à ce moment-là que Gandalf réapparut après une longue absence. Trois années s’étaient écoulées après la fête durant lesquelles on ne l’avait plus revu. Puis il avait brièvement rendu visite à Frodo, et, après l’avoir regardé dans le blanc des yeux, il était reparti. Pendant un an ou deux, il s’était présenté assez souvent, arrivant inopinément après la tombée de la nuit et repartant sans prévenir avant l’aube. Il refusait de parler de ses propres affaires ou de ses voyages, et semblait surtout intéressé à prendre des nouvelles de Frodo, comment il allait et ce qu’il faisait.

Puis, soudain, ses visites avaient cessé. Cela faisait plus de neuf ans que Frodo ne l’avait vu ou n’avait eu de ses nouvelles ; et il commençait à penser que le magicien ne reviendrait plus et qu’il avait perdu tout intérêt envers les hobbits. Mais ce soir-là, tandis que Sam rentrait chez lui et que le crépuscule faiblissait, Frodo entendit ces petits coups naguère familiers à la fenêtre de son bureau.

Frodo, surpris, accueillit son vieil ami avec grand plaisir. Les deux s’étudièrent longuement.

« Ça va, hein ? dit Gandalf. Vous ne changez pas, Frodo ! »

« Vous non plus », répondit Frodo ; mais il se dit en lui-même que Gandalf paraissait plus vieux et usé par les soucis. Il lui demanda instamment des nouvelles de lui et du vaste monde ; et ils furent bientôt en grande conversation et veillèrent tard dans la nuit.

Le lendemain matin, après un déjeuner tardif, le magicien était assis avec Frodo devant la fenêtre ouverte du bureau. Un grand feu brûlait dans l’âtre, mais le soleil était chaud et le vent soufflait du sud. Tout était éclatant de fraîcheur, et le jeune verdoiement du printemps chatoyait dans les prés et au bout des doigts des arbres.

Gandalf rêvassait d’un printemps vieux de près de quatre-vingts ans, quand Bilbo était parti de Cul-de-Sac sans même son mouchoir de poche. Ses cheveux étaient peut-être plus blancs qu’ils ne l’étaient alors, sa barbe et ses sourcils peut-être plus longs, et son visage plus marqué par les soucis et la sagesse ; mais ses yeux étaient tout aussi brillants que jamais, et il fumait et lançait des ronds de fumée avec la même énergie et le même plaisir qu’autrefois.

Il fumait à présent en silence, car Frodo était assis immobile, plongé dans ses pensées. Même à la lumière du matin, il ressentait l’ombre oppressante des nouvelles que Gandalf lui avait apportées. Enfin, il brisa le silence.

« La nuit dernière, vous avez commencé à me raconter d’étranges choses au sujet de mon anneau, Gandalf, dit-il. Puis vous vous êtes arrêté en disant qu’il valait mieux attendre le jour avant d’évoquer de pareilles choses. N’est-il pas temps de finir ce que vous avez commencé ? Vous dites que mon anneau est dangereux, bien plus dangereux que je ne l’imagine. De quelle façon ? »

« De plusieurs façons, répondit le magicien. Il est beaucoup plus puissant que je ne me suis permis de le croire au début, si puissant, en fait, qu’il finirait par subjuguer complètement tout individu de race mortelle venant à le posséder. C’est l’anneau qui, en fin de compte, le posséderait.

« En Eregion, il y a longtemps, on fabriqua de nombreux anneaux elfiques, des anneaux magiques, comme vous les appelez ; et il y en eut évidemment de diverses sortes, certains plus puissants que d’autres. Les anneaux moindres n’étaient que des essais avant que cet art ne parvienne à maturité, et pour les forgerons elfes il ne s’agissait que de colifichets – tout de même dangereux pour les mortels, à mon sens. Mais les Grands Anneaux, les Anneaux de Pouvoir, ceux-là étaient périlleux.

« Un mortel, Frodo, qui conserve l’un des Grands Anneaux, ne meurt pas, mais il ne s’en trouve pas grandi ou vivifié, il ne fait que durer, jusqu’à ce qu’enfin, chaque minute soit un fardeau. Et s’il utilise souvent l’Anneau pour se faire invisible, il s’évanouit : il finit par devenir invisible pour toujours, marchant dans le crépuscule sous l’œil du Pouvoir Sombre qui régit les Anneaux. Oui, tôt ou tard – tard, s’il est fort ou bienveillant de nature, mais ni la force ni les bonnes intentions ne peuvent durer – tôt ou tard, le Pouvoir Sombre le dévorera. »

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