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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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« Encore déjoués ! dit-il à sa femme. Et après avoir attendu soixante ans. Des cuillers ? Bagatelles ! » Il fit claquer ses doigts sous le nez de Frodo et s’en fut à pas lourds. Quant à Lobelia, il n’était pas aussi facile de s’en défaire. Quelque temps plus tard, Frodo, quittant son bureau pour voir où en étaient les choses, la trouva encore sur les lieux, furetant dans les coins et recoins et sondant les planchers à coups répétés. Il l’escorta vivement hors de chez lui, non sans l’avoir préalablement soulagée de plusieurs petits objets de valeur qui s’étaient mystérieusement glissés dans son parapluie. Elle eut l’air de réfléchir de toutes ses forces à une dernière remarque vraiment cinglante ; mais tout ce qu’elle trouva à lui dire, en se retournant sur le seuil, fut :

« Vous vous en mordrez les doigts, jeune homme ! Pourquoi vous n’êtes pas parti, vous aussi ? Vous n’avez rien à faire ici ; vous n’êtes pas un Bessac… vous… vous êtes un Brandibouc ! »

« Tu as entendu ça, Merry ? C’était une insulte, si on veut », dit Frodo en lui claquant la porte au nez.

« C’était un compliment, dit Merry Brandibouc, donc forcément un mensonge. »

Ils firent le tour du trou et évincèrent trois jeunes hobbits (deux Boffine et un Bolgeurre) en train de faire des trous dans les murs d’une cave. Frodo eut également une échauffourée avec le jeune Sancho Belpied (petit-fils du vieux Odo Belpied), lequel avait entrepris de creuser dans le garde-manger principal où il avait cru percevoir un écho. La légende de l’or de Bilbo éveillait non seulement la curiosité mais aussi l’espoir ; car l’or légendaire (mystérieusement obtenu, sinon carrément mal acquis) appartient, comme chacun le sait, à qui en fait la découverte – à moins que les recherches soient interrompues.

Quand il eut maîtrisé Sancho et l’eut jeté dehors, Frodo s’écroula dans un fauteuil dans le hall d’entrée. « Il est temps de fermer boutique, Merry, dit-il. Mets donc le verrou, et n’ouvre plus à personne aujourd’hui, même si on tente de défoncer avec un bélier. » Puis il partit se requinquer avec une tasse de thé amplement méritée.

À peine venait-il de s’asseoir que l’on frappa doucement à la porte. « Encore Lobelia, je parie, se dit-il. Elle a dû penser à quelque chose de vraiment méchant, et là voilà qui revient pour me le dire. Ça peut attendre. »

Il continua de siroter son thé. On frappa de nouveau, cette fois beaucoup plus fort ; mais le hobbit n’y fit pas attention. Soudain, la tête du magicien apparut à la fenêtre.

« Si vous ne me laissez pas entrer, Frodo, je vais faire sauter votre porte jusqu’au fond de votre trou et au travers de la colline », dit-il.

« Mon cher Gandalf ! Un petit instant ! s’écria Frodo en se précipitant hors de la pièce pour ouvrir. Entrez ! Entrez ! Je croyais que c’était Lobelia. »

« Dans ce cas, je vous pardonne. Mais je l’ai croisée il y a quelque temps sur la route de Belleau, conduisant une petite voiture à poney avec une mine à faire cailler du lait frais. »

« Elle a manqué de me faire cailler moi-même. Pour être honnête, j’ai failli essayer l’anneau de Bilbo. J’avais envie de disparaître. »

« Ne faites pas ça ! dit Gandalf en s’asseyant. Soyez prudent avec cet anneau, Frodo ! C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que je suis revenu vous dire quelques mots. »

« Eh bien, qu’est-ce qu’il a, mon anneau ? »

« Qu’en savez-vous au juste ? »

« Seulement ce que Bilbo m’a raconté. Je connais son histoire, comment il l’a trouvé, et la façon dont il s’en est servi… lors de son voyage, je veux dire. »

« Qu’a-t-il bien pu vous conter, je me le demande », dit Gandalf.

« Oh, pas l’histoire qu’il a racontée aux nains et mise ensuite dans son livre, dit Frodo. Il m’a confié la vraie histoire peu après mon arrivée ici. Il m’a dit que vous aviez insisté jusqu’à ce qu’il vous dise la vérité, et qu’il valait donc mieux que je la connaisse, moi aussi. “Pas de secrets entre nous, Frodo, m’a-t-il dit ; mais c’est ici qu’ils doivent rester. Il est à moi, de toute façon.” »

« Intéressant, dit Gandalf. Et puis, qu’en avez-vous pensé ? »

« Si vous voulez dire cette fable au sujet d’un “cadeau”, j’ai trouvé la vraie histoire autrement plus vraisemblable, et je n’ai pas du tout compris ce qui l’a poussé à la changer. D’ailleurs, cela ne ressemblait guère à Bilbo, et j’ai trouvé cela plutôt étrange. »

« Moi aussi. Mais il peut arriver d’étranges choses à ceux qui sont en possession de tels trésors – s’ils en font usage. Que cela vous serve d’avertissement et vous incite à la plus grande prudence. Cet anneau peut avoir d’autres pouvoirs que celui de vous faire disparaître quand vous en sentez le besoin. »

« Je ne comprends pas », dit Frodo.

« Moi non plus, répondit le magicien. Je viens seulement de commencer à m’interroger au sujet de cet anneau, en particulier depuis hier soir. Inutile de vous en inquiéter. Mais si vous m’écoutez, vous ne vous en servirez que très rarement ou même pas du tout. Je vous demande à tout le moins de ne pas l’utiliser de manière à faire parler ou à éveiller les soupçons. Je le répète : gardez-le secret et en sécurité ! »

« Vous faites bien des mystères ! De quoi avez-vous peur ? »

« Je n’en suis pas certain, alors je me vais me taire. Il se peut que je sois en mesure de vous en dire plus à mon retour. Je pars à l’instant ; je dois donc vous dire au revoir pour le moment. » Il se leva.

« À l’instant ! s’écria Frodo. Ça alors, je croyais que vous restiez encore au moins une semaine. Je comptais sur votre aide. »

« C’était bien mon intention ; mais j’ai dû changer d’idée. Il se peut que je sois parti un bon moment, mais je reviendrai vous voir aussitôt que possible. Vous me verrez bien quand j’arriverai ! Je serai discret. Mes visites dans le Comté seront dorénavant plus secrètes. Je constate que j’y suis devenu assez impopulaire : on me qualifie d’indésirable, de trublion de l’ordre public. D’aucuns m’accusent même d’avoir fait disparaître Bilbo, ou pire. Au cas où ça vous intéresserait, vous et moi sommes censés avoir ourdi un complot pour faire main basse sur sa fortune. »

« D’aucuns ! s’exclama Frodo. Vous voulez dire Otho et Lobelia. Quelle abomination ! Je leur donnerais Cul-de-Sac et tout le reste de mon héritage, si je pouvais ravoir Bilbo et le suivre dans ses pérégrinations. J’adore le Comté. Mais je commence à penser, sans trop savoir pourquoi, que j’aurais préféré partir avec lui. Je me demande si je le reverrai un jour. »

« Moi de même, dit Gandalf. Et je me demande bien d’autres choses. Au revoir, à présent ! Prenez soin de vous ! Surveillez mon retour, surtout dans les moments les plus inattendus ! Au revoir ! »

Frodo le reconduisit à la porte. Le vieux magicien agita la main une dernière fois, puis s’en fut d’un pas étonnamment vif ; mais Frodo trouva qu’il était plus courbé qu’à l’habitude, comme si un lourd fardeau pesait sur ses épaules. Le soir tombait, et l’ombre de sa grande cape se fondit bientôt dans le crépuscule. Frodo ne le revit pas avant longtemps.

2L’Ombre du passé

Les bavardages ne s’arrêtèrent pas en neuf jours ni même en quatre-vingt-dix-neuf. On parla de la seconde disparition de M. Bilbo Bessac à Hobbiteville, et dans tout le Comté, en fait, pendant un an et un jour ; et on s’en souvint bien plus longtemps encore. On en fit une histoire à raconter aux jeunes hobbits, le soir, au coin du feu ; et Bessac le Fou, qui avait l’habitude de disparaître avec une explosion et un éclair pour mieux réapparaître avec des sacs d’or et de joyaux, finit par devenir un personnage de légende, si connu et apprécié qu’il survécut longtemps après que les véritables événements eurent été oubliés.

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