Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Presque morts, oui.
Eileen jeta un coup d’œil nerveux au plafond. Les avions semblaient très proches, et le chemin était long du magasin jusqu’à la station de métro.
Où est l’équipe de récupération ? se lamenta-t-elle pour la millième fois depuis qu’elle était arrivée à Londres. S’ils ne viennent pas bientôt, il ne restera rien à récupérer.
— Veux-tu s’il te plaît mettre ce blazer pour ta mère ? plaidait Mme Sadler. Ça, c’est un gentil garçon.
Il était tout sauf gentil. Il secoua la tête avec violence quand Eileen tenta de lui passer le gilet et, alors qu’elle lui présentait la veste, il croisa les bras sur sa poitrine d’un air belliqueux.
— Je l’aime pas, celle-là. Elle m’a tordu le bras, tout à l’heure.
Sale petit menteur !
Eileen aurait voulu qu’Alf et Binnie soient présents.
— Je vais faire très attention, promit-elle avant d’ajouter dans un souffle : Tends-moi ton bras ou je te le casse.
Il le tendit sur-le-champ et elle lui enfila le blazer.
— Eh bien, ça lui sied parfaitement.
— Vous avez raison, c’est parfait. (Mme Sadler recula d’un pas, le doute inscrit dans ses yeux.) Mais, maintenant que je les regarde ensemble, je ne suis pas sûre…
— Je peux vous les mettre de côté, proposa Eileen avant qu’elle puisse demander à voir quelque chose d’autre.
— Ah ! je ne sais pas. J’avais tant espéré terminer mes achats aujourd’hui. Mais si vous n’avez rien en marron… Oui, je crois qu’il vaut mieux les mettre de côté.
Dieu merci ! soupira Eileen, même si cela voulait dire qu’elle devrait tout recommencer demain. Elle délivra Roland du blazer et du gilet et, dans son impatience de les voir partir, oublia de le surveiller. Il écrasa son pied de tout son poids. Quand elle cria de douleur, il lança d’un ton innocent :
— Oh ! j’ai marché sur votre pied ? Je suis vraiment désolé.
— Viens, Roland. Il faut se dépêcher.
Elle a enfin compris que nous sommes en plein milieu d’un raid, c’est pas malheureux !
Les projecteurs s’étaient allumés, et les canons de DCA commençaient à tonner.
— Vite, mon chéri. On doit aller chez Harrods regarder ce qu’ils ont.
Harrods est fermé.
Eileen se garderait bien de le dire, ou quoi que ce soit d’autre qui les retarde. Elle les accompagna de nouveau à l’ascenseur, puis clopina pour éteindre la lumière de son rayon. Elle se demandait si Roland ne lui avait pas cassé le pied.
Et juste quand il devient nécessaire de courir pour gagner l’abri du métro.
Elle retourna en boitant à son comptoir. Un nouveau canon, plus proche, se mit à tirer, et une explosion retentit.
Si je ne pars pas bientôt, je devrai encore passer la nuit ici.
Et peut-être serait-ce préférable. Les avions semblaient se diriger droit sur Oxford Street, et au moins elle était en sécurité, chez Padgett’s. Elle ramassa le blazer et le gilet, les jeta dans la réserve et couvrit son comptoir.
Alors, elle entendit des voix en provenance des ascenseurs.
Oh non ! Les revoilà !
Elle éteignit en vitesse la lampe de son comptoir et s’éclipsa dans la réserve. Ça ne l’étonnerait pas que Mme Sadler envoie Roland la chercher jusque-là. Elle gagna le fond de la remise en boitillant et se cacha derrière la dernière rangée d’étagères, l’oreille tendue pour percevoir les bruits malgré le grondement grandissant des avions.
Les voix s’approchaient. Je ne sortirai pas d’ici, quoi qu’il arrive. Elle se blottit dans le coin et se prépara à patienter jusqu’à ce qu’ils s’en aillent.
Londres, le 25 octobre 1940
Je veux rentrer à la maison, si je peux.