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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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« Environ une demi-heure, répondit-il. Ou peut-être une heure. J’ai marché quelque temps depuis. Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! » Il enfouit son visage dans ses mains et courba l’échine, comme terrassé par le chagrin.

« Une heure qu’il a disparu ! s’exclama Sam. Il faut le retrouver tout de suite ! Venez ! »

« Attendez une minute ! cria Aragorn. Il faut nous répartir par paires et nous donner – hé, un moment ! Attendez ! »

C’était inutile. Ils ne l’écoutaient pas. Sam s’était élancé en premier. Merry et Pippin l’avaient imité et disparaissaient déjà vers l’ouest, dans les arbres près de la rive, criant : Frodo ! Frodo ! de leurs voix de hobbits, claires et haut perchées. Legolas et Gimli couraient. Une sorte de panique ou de folie soudaine semblait s’être emparée de la Compagnie.

« Nous allons tous nous disperser et nous perdre, grogna Aragorn. Boromir ! Je ne sais quel rôle vous avez joué dans ce fâcheux incident, mais aidez-moi, maintenant ! Suivez ces deux jeunes hobbits et protégez-les au moins, même si vous ne trouvez pas Frodo. Revenez ici même si vous le trouvez, lui ou le moindre signe de lui. Je serai de retour bientôt. »

Aragorn s’élança d’un bond à la poursuite de Sam. Comme il arrivait à la petite pelouse plantée de sorbiers, il le vit, montant avec peine, pantelant et criant : Frodo !

« Venez avec moi, Sam ! dit-il. Aucun de nous ne doit rester seul. Il se prépare quelque chose de fâcheux. Je le sens. Je monte au sommet, au Siège de l’Amon Hen, pour voir ce qu’il y a à voir. Et là, regardez ! C’est comme me le disait mon cœur, Frodo est venu par ici. Suivez-moi et tâchez d’ouvrir l’œil ! » Il fonça dans le sentier.

Sam fit de son mieux, mais il n’avait pas les jambes d’un Coureur, encore moins celles de l’Arpenteur, et il fut bientôt distancé. À peine venait-il de se remettre en branle qu’Aragorn disparaissait devant lui. Sam s’arrêta et souffla. Soudain il se tapa le front.

« Holà, Sam Gamgie ! dit-il tout haut. Tes jambes sont trop courtes, alors sers-toi de ta tête ! Voyons voir ! Boromir ment pas, c’est pas son genre ; mais il nous a pas tout dit. M. Frodo a eu vraiment peur de quelque chose. Il s’est mis une idée dans la tête aussi soudain que ça. Il s’est enfin décidé – oui, à partir. Où ? Vers l’est. Pas sans son Sam ? Si, même sans lui. C’est dur, ça, trop dur. »

Sam se passa la main sur les yeux, essuyant ses larmes. « Du calme, Gamgie ! dit-il. Réfléchis, si t’en as les moyens ! Il peut pas voler au-dessus de l’eau, ni sauter par-dessus des chutes. Il a pas d’équipement. Alors il doit retourner aux bateaux. Aux bateaux ! Aux bateaux, Sam, comme l’éclair ! »

Sam tourna les talons et descendit le sentier à toutes jambes. Il tomba et s’ouvrit les genoux sur une pierre. Se relevant, il courut de plus belle. Il arriva au bord de la pelouse de Parth Galen, près de la rive, où les bateaux avaient été remontés. Personne ne s’y trouvait. Des cris semblaient monter des bois derrière lui, mais il n’y fit pas attention. Il resta un moment planté là, les yeux écarquillés, la bouche béante. Une barque descendait toute seule sur la rive. Avec un cri, Sam traversa la pelouse en courant. La barque glissa dans l’eau.

« J’arrive, monsieur Frodo ! J’arrive ! » cria Sam, et il sauta de la berge pour attraper la barque qui partait. Il la rata d’au moins trois pieds. Avec un cri et un plouf, il tomba la tête la première dans l’eau vive et profonde. Dans un gargouillis, il coula, et le Fleuve se referma sur sa tête frisée.

Un cri de détresse monta de la barque vide. Une pagaie tourbillonna et la barque vira de bord. Frodo arriva juste à temps pour agripper Sam par les cheveux alors qu’il remontait, glougloutant et se débattant. La peur se mirait dans ses yeux ronds et bruns.

« Allez, hop, Sam ! dit Frodo. Là, prends ma main, mon gars ! »

« Sauvez-moi, monsieur Frodo ! cria Sam d’une voix étranglée. Je suis néyé. Je vois pas votre main. »

« Ici, elle est ici. Ne serre pas si fort, mon gars ! Je ne vais pas te lâcher. Bats des pieds sans t’affoler, sinon la barque va chavirer. Voilà, accroche-toi au bord et laisse-moi pagayer un peu ! »

En quelques coups de pagaie, Frodo ramena l’embarcation près de la berge, ce qui permit à Sam de se hisser hors de l’eau, trempé comme un rat. Frodo retira l’Anneau et mit pied à terre.

« De tous les fichus enquiquineurs, Sam, tu es le pire ! » dit-il.

« Oh, monsieur Frodo, c’est dur de me dire ça ! dit Sam, frissonnant. C’est dur d’essayer de partir sans moi comme ça. Si j’avais pas bien deviné, où est-ce que vous seriez maintenant ? »

« En route, tranquillement. »

« Tranquillement ! dit Sam. Tout seul, sans que je puisse vous aider ? J’aurais pas pu l’ supporter, ç’aurait été ma mort. »

« Ce serait ta mort à coup sûr si tu m’accompagnais, dit Frodo, et je n’aurais pu supporter cela. »

« Pas aussi sûr que si j’étais laissé ici », dit Sam.

« Mais je vais au Mordor. »

« Ça je le sais bien, monsieur Frodo. C’est bien sûr. Et je viens avec vous. »

« Allons, Sam, dit Frodo, ne me retarde pas ! Les autres vont revenir d’une minute à l’autre. S’ils m’attrapent ici, je vais devoir argumenter et me justifier, et je n’aurai jamais le cœur ou la chance de m’en aller. Mais je dois partir tout de suite. C’est le seul moyen. »

« C’est bien sûr, répondit Sam. Mais pas tout seul. Je viens avec vous, ou alors on n’ira pas ni l’un ni l’autre. Je vais défoncer tous les bateaux avant. »

Frodo retrouva le rire. Une joie soudaine lui réchauffait le cœur. « Laisses-en un ! dit-il. Nous en aurons besoin. Mais tu ne peux pas venir ainsi sans vivres ni équipement ni rien. »

« Y a qu’à m’attendre un brin, le temps que j’aille prendre mes choses ! cria Sam avec empressement. Tout est déjà prêt. Je me disais bien qu’on partirait aujourd’hui. » Il retourna au campement en hâte, extirpa son bagage de la pile où Frodo l’avait mis en vidant l’embarcation des affaires de ses compagnons ; il saisit une couverture de rechange et quelques paquets de nourriture de plus, et revint en courant.

« Alors tout mon plan est à l’eau ! dit Frodo. Il n’y a pas moyen de t’échapper. Mais je suis content, Sam. Je ne peux te dire à quel point. Allons, viens ! De toute évidence, nous étions destinés à partir ensemble. Nous irons, et puissent les autres trouver un chemin sûr ! L’Arpenteur veillera sur eux. Nous ne les reverrons pas, j’imagine. »

« Peut-être que si, monsieur Frodo. Peut-être », dit Sam.

Ainsi, Frodo et Sam entreprirent ensemble la dernière étape de la Quête. Frodo les éloigna de la rive en quelques coups de pagaie, puis le Fleuve les emporta rapidement sur le bras occidental, passé les falaises renfrognées de Tol Brandir. Le grondement des hautes chutes approcha. Même avec l’aide que Sam fut en mesure d’apporter, ils eurent peine à traverser le courant au sud de l’île pour amener leur embarcation vers l’est, jusqu’à la rive opposée.

Ils finirent par regagner la terre ferme sur les pentes sud de l’Amon Lhaw. Là, ils trouvèrent un rivage en pente douce où ils purent remonter leur barque assez loin de l’eau, et ils la cachèrent de leur mieux derrière un gros rocher. Alors, hissant leur fardeau sur leurs épaules, ils partirent à la recherche d’un chemin qui les mènerait au-delà des collines grises des Emyn Muil pour descendre dans le Pays de l’Ombre.

Ici s’achève la première partie de l’histoire de la Guerre de l’Anneau.

La deuxième partie s’intitule LES DEUX TOURS, puisque les événements qu’elle rapporte sont dominés par ORTHANC, la citadelle de Saruman, et la forteresse de MINAS MORGUL qui garde l’entrée secrète du Mordor ; elle relate les exploits et les périls de la fraternité à présent divisée, jusqu’à la venue de la Grande Obscurité.

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