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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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À l’appui de tout cela, viennent tes leçons: mais sans les exemples, je doute qu’elles m’eussent persuadée; tu aurais perdu toute ta logique avec moi, si j’étais restée au village.

Je m’enfonce dans le raisonnement, je m’y plais aujourd’hui; je ne sais pourquoi. C’est que mon serin est mort, et qu’une belle Angola blanche que j’aimais beaucoup, m’a été volée: cela me rend philosophe.

Il suit de ce que j’ai dit, de la façon de voir générale, que je suis revenue de mes préjugés: je n’ai plus les mêmes idées du vice, de la vertu, de l’honneur, de la religion. Le vice, je le regarde aujourd’hui comme un écart de la routine, une licence hardie, telle que celles que font les grands poètes. La vertu, je la compare à mon rouge; cela donne de l’éclat, mais il faut que la couche soit superficielle; je compte m’en parer quelquefois: par exemple, tu sais que j’ai réalisé ton conseil, pour le vieux militaire: j’en ai un très respectable dont je prends soin; je ne me montre à ses yeux que sous le masque Parangon; il me croit bonne, franche, et plus inconsidérée que coquette. L’honneur, ah! il faut en avoir! Mais selon les gens! par exemple, avec le marquis, le financier, l’Italien, mon page, etc., quelle espèce d’honneur puis-je avoir? pas d’autre, avec le premier, que celui de l’écouter seuclass="underline" avec les autres, que celui d’exceller dans la volupté, de varier leurs plaisirs; avec toi, quel sera mon honneur? de fouler tout aux pieds; mais assez adroitement pour ne pas me compromettre: d’être humaine, cependant, mais par égoïsme, ou plutôt par sensualité, pour me procurer le contentement intérieur, l’estime de moi-même, un certain orgueil très agréable à sentir. Quant à la religion, mes idées sont absolument changées sur cet article: c’est le frein du peuple; mais les gens éclairés comme nous, en ont-ils besoin? Au reste, je ne désapprouve pas que celles qui ne peuvent avoir mes plaisirs, tâchent de goûter ceux que procure la dévotion: l’amour est toujours l’amour; car j’ai connu autrefois ce genre de jouissance-là. Voilà mes sentiments, d’après lesquels je règle toute ma conduite.

Celle-ci est absolument conforme à ceux-là. Et c’est ce qui me fait admirer ta philosophie, qui me met ainsi d’accord avec moi-même, quelque chose que je fasse; au lieu que tout le monde que je vois et que j’ai vu, même chez nous, ne fait jamais ce qu’il trouve le mieux. Moi, par ton bienfait, je fais toujours ce que j’approuve davantage. En effet, rien ne m’arrête, d’après cette excellente règle que tu as donnée à mon frère, pour juger nos actions: Que doit-il en résulter? Si c’est un bien pour tout le monde, quelle que soit l’action, elle est bonne: si c’est un petit mal pour les autres, et un grand bien pour nous, elle est bonne. Ne sont-ce pas là tes règles? Et je les crois fondées dans la nature. D’après cela, je dépouille toutes les actions de leurs enveloppes préjugiennes, je les considère nues et je les fais, si elles me plaisent. Par exemple, j’ai ruiné le marquis, autant qu’il était ruinable. Cela paraît mal d’abord aux yeux des préjugistes, et même aux miens: c’est le père de mon fils. Mais d’abord, que me fait mon fils? C’est un être hors de moi, dans lequel je ne sens pas, et qui ne sent pas en moi. Ensuite, j’ai considéré moralement le marquis riche, abusant de ses richesses: j’ai mis à sa solde une foule d’ouvriers, de pauvres gens, et je me suis occupée à leur partager le superflu de M. le marquis, les gaziers, les soyeurs de toute espèce; les marchands de tous les genres possibles, les bouchers, les poissonnières, tout ce qui sert le luxe et la bouche, m’a bénie de ce que je ruinais le marquis: et j’aurais eu des remords, en faisant tant d’êtres heureux, aux dépens d’un seul?… Je l’ai trahi: j’ai encore bien fait; je suis belle, je suis désirée, dois-je, pour un seul homme, rendre souffrants tant d’autres individus? Mais ensuite, je ne lui ôtais rien: il trouvait toujours les mêmes plaisirs, je satisfaisais les autres, sans le priver. À la vérité, j’avais des caprices; mais je puis me rendre le témoignage que mon motif a été souvent d’empêcher son goût pour moi de s’émousser trop vite, et qu’une autre ne ruinât sa bourse et sa santé.

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