Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Les Sorciers de Majipoor [Sorcerers of Majipoor - fr]
Les Sorciers de Majipoor [Sorcerers of Majipoor - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Sorciers de Majipoor [Sorcerers of Majipoor - fr]

Электронная книга - «Les Sorciers de Majipoor [Sorcerers of Majipoor - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Majipoor, planète géante, le pouvoir est partagé entre le Coronal qui représente, le Pontife qui administre, et la Dame des Rêves qui inspire dans leur sommeil les milliards d’humains et de membres d’autre espèces.
A la mort d’un Pontife, le Coronal lui succède et nomme un nouveau Coronal. Jamais dans l’histoire multimillénaire de Majipoor, aucun n’a choisi son propre fils.
Or, mille ans avant le règne de Lord Valentin, tandis que le Pontife Prankipin agonise, les ambitions attisent les passions. Prestimion est le candidat idéal bien qu’il n’ait pas été encore désigné par le Coronal en titre, Lord Confalume.
Mais Confalume a un fils, Korsibar, d’autant de prestance que Prestimion. Et dont la soeur jumelle, la belle Thismet, est ambitieuse pour deux.
Sous le règne pacifique et prospère de Prankipin, adepte des sciences occultes, oracles, mages et sorciers ont conquis la faveur des grands, puis de tout le peuple, embrumant les esprits et répandant le désir de connaître et de maîtriser l’avenir.
La guerre qui s’annonce, dont personne ne veut, risque d’être aussi celle des ténèbres.
1 ... 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151
Перейти на страницу:

Le sabre de Dantirya Sambail tomba dans un grand bruit de métal. Prestimion plaça aussitôt la pointe de son arme sous la mâchoire inférieure de son adversaire, piquant la chair molle du cou.

— Allez-y, fit le Procurateur. Enfoncez-la, cousin.

— Quel plaisir ce serait ! répondit Prestimion. Mais je ne le ferai pas, cousin. Non. Pas comme cela ; on ne tue pas un prisonnier sans défense, même un prisonnier comme vous.

Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas. Sa colère était retombée. Il y avait eu assez de sang versé. Et Dantirya Sambail était certes un être malfaisant, mais il était très aimé sur son continent natal. Prestimion ne voulait pas avoir à supporter la haine de millions d’habitants de Zimroel quand il serait Coronal. Il vit son frère Abrigant s’extraire de la mêlée furieuse et s’avancer vers lui, accompagné de Rufiel Kisimir de Muldemar et de quatre ou cinq autres combattants de sa cité. Le goûteur Mandralisca était avec eux, blessé, les mains liées. Ses yeux lançaient des éclairs et il semblait disposé à cracher un flot de venin sur eux tous.

En voyant Prestimion qui tenait en respect le Procurateur, ils se hâtèrent vers lui. Abrigant saisit un des bras couverts de sang de Dantirya Sambail, Rufiel Kisimir l’autre et ils les lui passèrent sans ménagement derrière le dos.

— Achève-le ! s’écria Abrigant. Qu’attends-tu ?

— Sa dernière heure n’a pas encore sonné, répondit posément Prestimion en baissant son épée.

Il prit une longue inspiration, grimaça et se frotta les côtes.

— Emmenez-le, attachez-le et placez-le sous bonne garde. Il tâtera quelque temps des tunnels de Sangamore avant d’être traduit en justice. La vie lui sera ôtée un autre jour et pas de mes mains. Emmenez le goûteur aussi. Mais assurez-vous qu’ils soient enfermés dans deux cachots distincts.

Sur ce, il s’éloigna, laissant Dantirya Sambail bouche bée, abasourdi.

— Tout est perdu, cela ne fait plus de doute, constata Navigorn. Notre armée n’est plus qu’une horde débandée, incapable de trouver le moyen de fuir. Les hommes de Prestimion nous encerclent et ils savent que la victoire leur est acquise. Farholt est tombé au champ d’honneur, Farquanor aussi, avec tant d’autres. Nous devrions aller déposer les armes devant Prestimion, si nous voulons épargner des vies, y compris les nôtres.

— Comment ? fit Korsibar en lui lançant un regard incrédule. Nous rendre, Navigorn, c’est ce que vous suggérez ?

— Je ne vois pas d’autre issue.

— Ce ne sera pas la première bataille que nous aurons perdue dans cette guerre.

— C’est notre plus lourde défaite. Et, cette fois, nous serons faits prisonniers tous les deux, ainsi que tout votre Conseil.

— J’ai remarqué que vous ne dites plus « monseigneur ».

— Que puis-je dire ? fit Navigorn avec un petit geste attristé. Le sort en est jeté. La partie est terminée, Korsibar, et nous avons perdu.

C’en était trop. Dans son premier mouvement de fureur, Korsibar faillit lever son épée contre Navigorn, mais il parvint à se contenir.

— Je suis encore Coronal, Navigorn, articula-t-il simplement d’une voix funèbre. Il n’y aura pas de reddition. Et vous n’êtes plus à mon service.

— Oui, fit Navigorn. En effet.

Il se retourna et s’éloigna d’un pas vif dans la boue rougie du champ de bataille. Korsibar le suivit un long moment du regard. Il n’éprouvait rien. Absolument rien. Il avait l’impression que tout sentiment était banni de lui. Une sorte de froid l’engourdissait et gagnait tout son corps, remontant des jambes vers le cœur et du cœur au cerveau.

Je n’ai jamais voulu être roi, se dit-il. On m’a offert la couronne et je l’ai saisie comme dans un rêve.

— Que m’avez-vous fait, tous autant que vous êtes ? lança-t-il à voix haute. Qu’ai-je fait ? ajouta-t-il après un silence.

C’était une catastrophe qui dépassait toutes les prévisions. Autour de lui le sol était jonché de cadavres. Ses mages lui avaient dit que ce jour serait celui de la victoire, celui où les comptes seraient définitivement réglés, qu’à la tombée de la nuit Majipoor n’aurait plus qu’un seul Coronal et que le monde aurait retrouvé la paix. Très imprudemment, il avait vu dans ces prophéties l’assurance de son triomphe. Et maintenant…

Hébété, il avança sur la scène du désastre, le visage dur comme la pierre. Puis la silhouette à nulle autre pareille de Sanibak-Thastimoon se dressa devant lui dans la pénombre grisâtre succédant à l’obscurité dont les sorciers de Prestimion les avaient enveloppés.

— Vous ! fit Korsibar, en sentant un frémissement dans son âme glacée. Vous m’avez menti ! ajouta-t-il d’une voix vibrante de fureur.

— Jamais, monseigneur.

— Le jour de la victoire, avez-vous dit. Le jour du règlement des comptes.

— Il en est ainsi, répliqua froidement le Su-Suheris. N’avons-nous pas été exacts dans nos prédictions ? Une victoire a assurément été remportée aujourd’hui.

Korsibar écarquilla les yeux. Il comprenait maintenant que Sanibak-Thastimoon l’avait abusé ; ou plutôt qu’il s’était abusé en ne retenant des paroles du mage que ce qu’il souhaitait entendre.

D’un grand geste du bras, il montra le champ de bataille.

— Comment avez-vous pu laisser cela nous arriver ? N’avez-vous rien pu faire pour nous protéger ? Regardez, Sanibak-Thastimoon, regardez ! Nous sommes en pleine déroute !

— Il avait aux côtés de ses soldats les plus puissants sorciers de Majipoor. Je ne suis pas invincible, monseigneur.

— Vous auriez pu m’avertir qu’il allait faire disparaître le soleil à midi. Nous aurions pu prendre des mesures pour tenir nos positions quand l’obscurité est tombée.

— Puis-je vous rappeler, monseigneur, que vos hommes avaient déjà rompu les rangs avant que les sorciers de Prestimion aient provoqué cette obscurité…

C’était insupportable. Korsibar sentit tout le malheur de cette épouvantable journée s’abattre sur lui comme une montagne tombant du ciel. La douleur, le chagrin et le sentiment de sa culpabilité l’envahirent avec une force qu’il ne pouvait contenir. Ils s’y étaient tous mis pour le conduire à ce désastre, ils l’y avaient attiré pas à pas – ce mage d’une autre race en tout premier lieu – et ils allaient maintenant laisser la honte souiller son nom à jamais.

Son épée jaillit dans sa main ; il plongea vers l’avant, visant le sorcier, mais ne trouva devant lui qu’un rideau de ténèbres, une zone d’obscurité profonde dans la pénombre artificielle qui régnait autour de lui.

— Où êtes-vous ? s’écria-t-il. Où êtes-vous passé, Sanibak-Thastimoon ?

Il eut l’impression de percevoir du coin de l’œil un mouvement sur le côté. Mais trop tard. Le Su-Suheris, encore à demi caché par son sortilège, était passé derrière lui. Et, tandis que Korsibar perçait des ombres de part en part, le poignard du sorcier s’enfonça dans son dos, juste au-dessous de la cage thoracique et glissa vers le haut jusqu’à ce qu’il atteigne la pointe du cœur.

Toutes ses forces abandonnèrent aussitôt Korsibar. Il bascula vers l’avant et s’agenouilla dans la boue en suffoquant, incapable de respirer, suivant d’un regard incrédule le flot de sang qui coulait de ses lèvres.

1 ... 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)