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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Seigneur et maître du spectacle, le capitaine se tenait debout bien droit sur la demi-dunette afin que se déroulât pleinement sous ses yeux cette scène qui semblait avoir été montée pour son seul divertissement personnel.

Achab, lui aussi, se tenait debout sur son gaillard d’arrière, hirsute et noir, avec une tristesse opiniâtre, et les deux navires se croisant – l’un tout réjouissance en quittant le passé, l’autre tout pressentiment de malheur face à l’avenir – les deux capitaines incarnèrent ce contraste frappant.

– Venez à bord, venez à bord! cria le joyeux commandant du Célibataire en élevant un verre et une bouteille.

– As-tu vu la Baleine blanche? grinça Achab en réponse.

– Non, seulement entendu parler, mais n’en crois pas un mot, dit l’autre avec bonne humeur. Venez à bord!

– Tu es trop diablement gai. Va ton chemin. As-tu perdu des hommes?

– Pas qui vaillent la peine d’en parler… deux Islandais, c’est tout. Mais venez à bord, vieux frère, venez. J’aurai vite fait d’effacer cette ombre à votre front. Venez, voulez-vous, c’est fête, un navire plein et en route pour le pays.

– La familiarité des imbéciles est étonnante! marmonna Achab, puis à voix haute: Tu dis que tes cales sont pleines et que tu rentres au pays, appelle-moi un navire vide en partance. Aussi va ton chemin, j’irai le mien. Ohé, à l’avant. Tout dessus et au plus près!

Ainsi tandis qu’un navire était emporté, guilleret, vent arrière, l’autre, têtu, luttait contre la brise, et ils se séparèrent. L’équipage du Péquod regarda longuement, gravement le Célibataire qui s’éloignait, mais les hommes de ce dernier ne détournèrent pas le regard de leur bacchanale. Cependant Achab, penché sur la lisse de couronnement, les yeux fixés sur le navire rentrant au pays, sortit de sa poche une petite fiole et, regardant alternativement le vaisseau et le flacon, parut réunir deux souvenirs lointains, car celui-ci contenait du sable de Nantucket.

CHAPITRE CXVI Le cachalot agonisant

Tandis qu’on est encalminé et qu’un navire plus favorisé par la fortune fait voile à proximité, il n’est pas rare qu’on bénéficie de cette risée et nous la sentîmes gonfler joyeusement nos voiles. Il parut en aller ainsi du Péquod. Le lendemain de sa rencontre avec le Célibataire, des baleines furent signalées et quatre d’entre elles furent tuées dont une par Achab.

Il était tard dans l’après-midi lorsque le pourpre combat eut pris fin et que, flottant dans la beauté de la mer et du ciel du couchant, le soleil et le cachalot silencieusement agonisaient ensemble. Dans l’air couleur de rose montèrent alors une si plaintive douceur, et une telle guirlande d’oraisons qu’on eût dit que, du fond des couvents perdus dans les vertes vallées des Philippines, la brise de terre espagnole étourdiment avait pris la mer, emportant ces hymnes du soir.

Apaisé à nouveau, mais seulement pour s’ouvrir à une tristesse plus profonde, Achab, qui s’était écarté du cachalot, regardait avec une attention soutenue s’affaiblir ses soubresauts, depuis sa pirogue à présent tranquille. Tous les cachalots mourants offrent ce même et étrange spectacle d’un être se tournant vers le soleil pour expirer et dans un soir si calme cette vision revêtait pour Achab un caractère d’émerveillement inconnu jusqu’alors.

– Il tourne et se retourne vers lui – combien lentement mais combien obstinément son front lui rend hommage et l’invoque dans les dernières convulsions de la mort. Lui aussi adore le feu, fidèle et noble vassal du soleil! Oh! que ces yeux pleins de préjugés voient ces spectacles justifiant ces préjugés. Vois, prisonnier de lointaines eaux, au-delà du moindre bourdonnement de bonheur ou de malheur humain, dans ces mers sincères et justes où il n’est point de rocher où puissent s’inscrire les traditions, où, depuis des âges vieux comme la Chine les vagues muettes ont roulé sans que non plus il leur fût parlé, telles les étoiles qui brillent sur la source inconnue du Niger, ici aussi la vie meurt, pleine de foi, tournée vers le soleil, mais vois! à peine la mort a-t-elle fait son œuvre qu’elle retourne le corps et l’oriente d’un autre côté.

Oh! toi, moitié de la nature sombre comme une Indienne, qui t’es construit un trône solitaire avec les os des noyés, quelque part au cœur de ces mers sans verdures, tu es la reine infidèle qui ne me parles que trop de vérité dans la vaste étreinte du typhon et l’ensevelissement silencieux du calme qui le suit. Et ce n’est pas non plus sans me servir de leçon que ta baleine tourne vers le soleil sa tête mourante pour se retourner encore.

Oh! flancs puissants trois fois cerclés de fer! Oh! souffle d’arc-en-ciel qui monte vers les nues! et celui qui peine et celui qui s’élance sont également vains! En vain, ô baleine, quêtes-tu l’intercession du soleil, là-haut, fécondateur qui appelle à la vie, mais ne la rends pas. Mais toi, moitié sombre, tu me berces d’une foi plus noire et plus fière. Tout ce que tu as confondu indiciblement flotte ici sous moi, je suis soutenu au-dessus de la surface par les souffles d’êtres autrefois vivants, exhalés en tant que souffles, mais devenus eau à présent.

C’est pourquoi je te salue, je te salue à jamais, ô Mer dont les flots éternels sont le seul repos de l’oiseau sauvage. Né de la terre, allaité cependant par l’Océan, les collines et les vallons m’ont servi de mère mais la boule pourtant est ma sœur adoptive.

CHAPITRE CXVII La veillée de la baleine

Les quatre baleines tuées ce soir-là étaient mortes à grande distance les unes des autres, l’une bien loin au vent, l’une plus proche sous le vent, l’une des deux autres à l’avant, l’autre à l’arrière. Ces trois dernières furent amenées au navire avant la tombée de la nuit, mais celle qui se trouvait au vent ne put être atteinte avant le matin et la pirogue qui l’avait tuée resta à son côté toute la nuit; c’était la baleinière d’Achab.

Le pavillon qui servait à la repérer fut fiché droit dans l’évent du cachalot et la lanterne qui y était suspendue jetait au loin une lueur trouble et clignotante sur le dos noir et luisant des vagues nocturnes qui se frottaient doucement comme un paisible ressac sur une plage contre le vaste flanc de la baleine.

Achab et ses hommes semblaient dormir, hormis le Parsi qui, assis accroupi à l’avant, suivait le jeu fantomatique des requins autour de la baleine tandis que leurs queues frappaient les légers bordages de cèdre. De frissonnantes lamentations couraient dans l’air, pareilles à celles des armées des spectres impardonnés de Gomorrhe sur le Lac Asphaltites.

Tiré brusquement de son sommeil, Achab vit le Parsi face à face; pris dans le cercle des ténèbres de la nuit, ils semblaient les seuls survivants d’un déluge.

– J’ai refait le même rêve, dit-il.

– Des corbillards? Ne t’ai-je pas dit, vieillard, que tu ne pourras avoir ni corbillard ni cercueil?

– Et qui a un corbillard qui meurt en mer?

– Mais je te l’ai dit, vieillard, avant que tu puisses mourir en ce voyage, tu dois, en vérité, voir deux corbillards sur la mer, le premier n’aura pas été fait par des mains mortelles et le bois tangible du second proviendra des forêts d’Amérique.

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