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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Le dernier clou planté, le couvercle dûment raboté et ajusté, il prit légèrement le cercueil sur son épaule, et, s’en allant vers le gaillard d’avant, il demanda si l’on était déjà prêt à s’en servir en ces lieux.

Surprenant les exclamations indignées, mais à demi amusées, avec lesquelles les hommes du pont essayaient de faire rebrousser chemin au cercueil, Queequeg, à la consternation générale, demanda que la chose lui soit apportée sans retard et personne ne s’y opposa car, de tous les mortels, certains moribonds sont les plus tyranniques et l’on cède à ces pauvres gars parce qu’ils en auront bientôt et à jamais fini de nous gêner.

Penché en dehors de son hamac, Queequeg regarda longuement et attentivement le cercueil. Puis il réclama son harpon, le fit démancher et en fit déposer le fer dans le cercueil avec une pagaie de sa baleinière. Sur sa demande aussi on en garnit le pourtour avec des biscuits, on déposa à la tête une bouteille d’eau douce et aux pieds un petit sac de sciure et de terre mêlées qu’on avait raclées dans la cale, et enfin, en guise d’oreiller, un morceau roulé de toile à voile. Queequeg pria alors qu’on le portât dans sa dernière couche afin qu’il juge de son confort si tant est qu’elle en eût. Il y resta étendu immobile quelques instants puis réclama qu’on aille chercher dans son sac son petit dieu Yoyo. Alors il croisa les bras sur Yoyo, demanda qu’on mît en place le panneau d’écoutille, comme il appelait le couvercle du cercueil; le couvercle tourna sur sa charnière de cuir et voilà que Queequeg se trouva allongé dans son cercueil. Seul son visage serein était visible.

– Rarmai (ça ira, c’est confortable) murmura-t-il enfin en faisant signe qu’on le remette dans son hamac.

À peine y était-il installé que Pip, qui pendant tout ce temps avait traîné furtivement alentour, s’approcha de lui et lui prit la main en sanglotant doucement; dans l’autre main, il tenait son tambourin.

– Pauvre vagabond! n’en auras-tu jamais fini de cet épuisant vagabondage? où vas-tu à présent? Si les courants t’emportent jusqu’aux suaves Antilles aux plages battues des seuls nénuphars, y transmettras-tu pour moi un petit message? Cherches-y un certain Pip, disparu depuis longtemps déjà; je crois qu’il est dans ces îles lointaines. Si tu le trouves, console-le car il doit être bien triste car, vois, il a oublié son tambourin et je l’ai trouvé. Rig-a-dig, dig, dig! Maintenant meurs, Queequeg et je rythmerai ta marche funèbre.

– J’ai entendu dire, murmura Starbuck, contemplant la scène, penché sur l’écoutille, que des hommes parfaitement ignorants venaient, sous le coup de fièvres violentes, à parler des langues anciennes et que l’on découvrait toujours en approfondissant ce mystère que, lors d’une enfance tout entière oubliée, ils les avaient effectivement entendu parler par des savants de leur entourage. Aussi j’ai la conviction que le pauvre Pip, dans l’étrange fraîcheur de sa folie, apporte les preuves divines de toutes nos demeures célestes. Où ailleurs aurait-il appris tout cela? Chut! il parle encore mais avec plus de frénésie.

– En rangs par deux! Faisons de lui un général! Oh! où est son harpon? Posons-le là. Rig-a-dig, dig, dig! Hurrah! Oh! qu’un coq de combat vienne à s’asseoir sur sa tête pour chanter! Queequeg meurt en héros, entendez bien, Queequeg meurt en héros! Ne l’oubliez pas, Queequeg meurt en héros! Je dis bien héros, héros! mais ce vil petit Pip lui est mort en couard, il est mort tout frissonnant. Haro sur Pip! Chut si vous trouvez Pip, informez toutes les Antilles que c’est un déserteur, un couard, un couard, un couard! Dites-leur qu’il a sauté d’une baleinière! Jamais je ne jouerais du tambourin pour l’ignoble Pip, ni le consacrerais général, s’il mourait ici encore une fois. Non, non! honte à tous les couards, honte à eux! qu’ils se noient comme Pip qui a sauté d’une baleinière. Honte! Honte!

Pendant ce temps, Queequeg, immobile, les yeux clos, semblait rêver, puis Pip fut emmené et le malade fut remis dans son hamac.

Mais maintenant qu’il avait apparemment pris toutes ses mesures devant la mort, que son cercueil s’était révélé bien ajusté, Queequeg tout soudain revint à la vie, il s’avéra bientôt que la boîte du charpentier était inutile et, à ceux qui lui exprimaient leur ravissement étonné, il répondit en substance que la raison de cette brusque convalescence tenait au fait qu’au moment critique il s’était souvenu d’avoir négligé un petit devoir à terre. Aussi s’était-il ravisé quant à sa mort et il déclara qu’il ne pouvait mourir pour le moment. Ils lui demandèrent alors si vivre ou mourir dépendait de sa volonté souveraine et de son bon plaisir. Il répondit: certainement. En un mot, l’opinion de Queequeg était que si un homme était décidé à vivre, une simple maladie ne pouvait le tuer, ni rien, hormis une baleine, ou une tempête, ou quelque agent destructeur de même nature, violent, irrépressible, inintelligent.

Mais il y a une différence notoire entre un sauvage et un civilisé car, tandis qu’un civilisé malade fait souvent six mois de convalescence, un sauvage malade est en règle générale presque rétabli en un jour. Aussi mon Queequeg reprit-il des forces en temps voulu et enfin, après être indolemment resté assis pendant quelques jours sur le guindeau (mangeant toutefois avec un solide appétit) il gicla soudain sur ses pieds, s’étira en tous sens, bras et jambes, bâilla quelque peu et, sautant dans sa pirogue suspendue, et balançant un harpon, il se déclara prêt au combat.

Avec une sauvage fantaisie, il utilisa désormais son cercueil comme coffre, y versa le contenu de son sac de toile et y rangea ses vêtements. Il consacra de nombreuses heures de loisir à sculpter sur le couvercle des figures grotesques et des dessins et il semblait qu’il cherchât à sa manière primitive à y transcrire les tatouages compliqués de son corps. Tatouages qui étaient l’œuvre d’un défunt prophète et voyant de son île qui avait écrit, dans ces caractères hiéroglyphiques, une thèse complète sur les cieux et la terre et un traité mystique sur l’art d’atteindre à la vérité. La personne de Queequeg était dès lors une énigme à déchiffrer, une œuvre étonnante en un volume dont lui-même ne pouvait pas lire les mystères contre lesquels battait pourtant son cœur de chair. Ces mystères étaient donc destinés à tomber en poussière avec le parchemin vivant où ils s’inscrivaient et à demeurer à jamais impénétrés. C’est bien une telle pensée qui avait dû arracher à Achab cette exclamation farouche qu’il eut lorsque, se détournant un matin du pauvre Queequeg, il s’écria: «Oh! satanique supplice de Tantale infligé par les dieux!»

CHAPITRE CXI Le Pacifique

Quand glissant le long des îles Bachi nous débouchâmes enfin dans la grande mer du Sud, j’aurais pu, en d’autres circonstances, accueillir mon cher Pacifique par des actions de grâce sans nombre car la longue prière de ma jeunesse était exaucée, cet Océan serein déroulait devant moi, vers l’est, des milliers de lieues d’azur.

On ne sait quel doux mystère dissimule cet Océan dont les mouvements, redoutables dans leur suavité, sont semblables à ceux des profondeurs d’une âme et à ceux de la terre d’Éphèse où saint Jean l’Évangéliste est enseveli. Il est juste que sur ces pâturages marins, sur la vaste houle de ces prairies liquides, sur ces champs du potier des quatre continents, les vagues se lèvent et s’abaissent dans un flux et reflux incessant, car, par millions, les ténèbres aux ombres mêlées, les songes engloutis, les somnambulismes, les rêveries, tout ce que nous appelons vies et âmes, sont étendus là rêvant encore, se tournant comme des dormeurs sur leurs couches, cependant que leur inquiétude communique aux vagues leur roulement sans fin.

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