Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
Puis, utilisant machinalement le fusil en guise de canne, il arpenta la petite cabine avec un front d’acier mais bientôt les barres s’effacèrent au-dessus de ses sourcils, il remit l’arme dans le râtelier et monta sur le pont.
– Tu n’es qu’un trop bon garçon, Starbuck, dit-il à voix basse au second puis élevant la voix il ordonna à l’équipage:
– Ferlez les voiles de perroquet. Au bas ris les huniers, à l’avant et à l’arrière, brassez la grande vergue, hissez les palans, et déchargez la cale.
Il est vain peut-être de se demander pour quelle raison exacte Achab agissait ainsi à l’égard de Starbuck. Ce pouvait être un sursaut d’honnêteté, ou simplement une politique de prudence qui, en cette circonstance, lui interdisait de montrer le moindre signe de désaffection fût-elle passagère, envers le premier officier de son bord. Quoi qu’il en fût, ses ordres furent exécutés et les palans hissés.
CHAPITRE CX Queequeg dans son cercueil
En cherchant, on découvrit que les derniers barils arrimés étaient parfaitement sains et que la fuite devait se trouver plus loin. De sorte que, le temps étant calme, les hommes cherchèrent toujours plus avant, troublant le sommeil de l’énorme premier plan d’arrimage et tirant de leur sombre nuit ces géantes taupes pour les amener à la lumière du jour. Ainsi ils fouillèrent toujours plus avant. Au dernier plan, les tonneaux de cent gallons avaient un air si antique, si rongé, si moussu qu’on en venait presque à chercher un fût, pierre angulaire moisie, contenant les pièces de monnaie du capitaine Noé et les exemplaires des affiches en vain placardées pour avertir du déluge le vieux monde infatué. On hissa aussi, tierçon après tierçon, les provisions d’eau, de pain, de bœuf, la futaille en bottes et les cercles de fer de rechange, jusqu’à ce qu’il devînt difficile de passer sur le pont encombré. La coque vide sonnait sous les pas comme des catacombes et roulait en chancelant comme une dame-jeanne vide. Trop chargé dans les hauts, le navire semblait un étudiant à jeun dont la tête serait pleine de tout Aristote. Heureux que les typhons eussent alors épargné leur visite!
Or ce fut à ce moment-là que mon pauvre compagnon païen et fidèle ami de cœur Queequeg fut pris d’une fièvre qui l’amena près de son immortalité.
Ce métier de baleinier, il faut le dire, ne connaît aucune sinécure; grade et danger vont la main dans la main jusqu’à ce qu’on parvienne au rang de capitaine; plus on s’élève, plus on peine dur. Il en allait ainsi du pauvre Queequeg qui, en tant que harponneur, non seulement devait affronter la fureur de la baleine vivante, mais une fois morte, comme nous l’avons vu, se tenir sur son dos dans la houle. Enfin il lui fallait descendre dans les ténèbres de la cale et, suant amèrement tout le jour dans cette cellule souterraine, se charger résolument des plus lourds barils et veiller à leur arrimage. Bref les baleiniers appellent les harponneurs les gens de la cale.
Pauvre Queequeg! lorsqu’on eût à demi extrait les entrailles du navire vous auriez dû, en vous penchant sur l’écoutille, jeter un coup d’œil sur lui tandis que, torse nu sur ses seuls pantalons de laine, le sauvage tatoué rampait dans la vase humide tel un lézard moucheté de vert au fond d’un puits. Et c’est bien un puits ou une glacière que s’avéra être la cale pour lui, le malheureux païen. Chose étrange, malgré ses suées brûlantes, il prit un refroidissement terrible qui dégénéra en fièvre et finalement l’amena, après quelques jours de souffrance sur son hamac, aux portes mêmes de la mort. Ces quelques jours qui se traînèrent avec lenteur le virent dépérir et dépérir encore, tant et si bien qu’il ne parut rester de lui que ses os et ses tatouages; son visage s’affina au point que ses pommettes se firent aiguës tandis que ses yeux, s’élargissant toujours plus, prenaient un éclat d’une étrange douceur; du fond de la maladie, ils vous regardaient avec bénignité et profondeur, merveilleux témoignage en lui d’une santé immortelle qui ne pouvait pas plus mourir que s’affaiblir. Et comme des cercles sur les eaux s’agrandissent en se perdant, ses yeux toujours plus vastes arrondissaient les anneaux de l’Éternité. Une terreur sacré indicible, vous envahissait auprès de ce sauvage déclinant, tandis qu’on voyait passer sur son visage d’étranges choses, telles qu’en virent ceux qui assistèrent à la mort de Zoroastre. Car l’effrayant mystère de l’homme n’a jamais été livré par les mots ou par les livres et l’approche de la mort, qui rend égal tout un chacun et le marque au sceau d’une ultime révélation, nul n’en pourrait rien dire sinon un auteur revenu d’entre les morts. De sorte que répétons-le, il n’y eut ni Chaldéen ni Grec qui, à sa mort, eût des pensées plus élevées et plus saintes que celles dont les ombres mystérieuses passaient sur le visage du pauvre Queequeg, tandis qu’il gisait paisible dans son hamac que les vagues marines semblaient doucement bercer pour son dernier sommeil et que la houle océane semblait le soulever toujours plus haut vers le ciel qui l’attendait.
Il n’était pas un homme de l’équipage qui ne le considérât perdu. Quant à ce que Queequeg lui-même pensait de son état, il le rendit évident par une curieuse faveur qu’il demanda. Dans la grisaille du premier quart, alors que le jour perçait à peine, il appela un homme, lui prit la main et lui dit que, se trouvant à Nantucket, il y avait vu par hasard de petits canoës de bois sombre, pareil à l’opulent bois de fer de son île natale et que, s’étant renseigné, il avait appris que tous les baleiniers venant à mourir à Nantucket étaient couchés dans ces mêmes canoës noirs et que l’idée d’être mêmement étendu lui avait beaucoup plu, car ce n’était pas sans ressembler aux coutumes de sa race lorsque, après avoir embaumé le corps d’un guerrier, on l’allonge dans son canoë, le laissant emporter par les flots jusqu’aux archipels d’étoiles. Car non seulement ils croient que les étoiles sont des îles mais encore que, bien au-delà de tout horizon, leur mer clémente et sans rivages se confond avec le bleu du ciel pour former les blancs brisants de la voie lactée. Il ajouta que l’idée lui donnait le frisson d’avoir, selon l’usage marin, son hamac pour linceul et d’être jeté comme une pâture infâme à la voracité des requins charognards. Non quand bien même cela impliquait une navigation incertaine et une longue dérive dans la confusion des âges, il souhaitait avoir un canoë comme ceux de Nantucket, Autant plus adéquat pour un baleinier qu’à la façon des pirogues, ces canoë-cercueils n’avaient pas de quille.
À peine cet étrange vœu vint-il à être connu à l’arrière que le charpentier reçut aussitôt l’ordre de le réaliser, quelle que fût la fantaisie de Queequeg. Il se trouvait à bord une vieille pièce de bois exotique, couleur de cercueil, qui, au cours d’un long voyage précédent, avait été coupée dans les forêts primitives des îles Laccadives et on lui recommanda de faire le cercueil avec ce bois sombre. À peine informé, le charpentier prit sa règle et, avec la promptitude indifférente qui le caractérisait, il se dirigea vers le gaillard d’avant et prit avec une précision méticuleuse les mesures de Queequeg, lui faisant des coches à la craie chaque fois qu’il déplaçait sa règle.
– Ah! le pauvre gars! le voilà obligé de mourir à présent! s’écria le matelot de Long Island.
De retour à son établi, le charpentier, pour plus de facilité et pour mémoire, y fit au couteau deux entailles à chaque extrémité, d’après la longueur que devait avoir le cercueil. Cela fait, il disposa son bois et ses outils et se mit à l’ouvrage.