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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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La forêt ne formait qu'une mince bande côté route et soudain il se trouva devant une cour gravillonnée. Il vit quelques bâtiments sombres et bas, et il s'en approchait lentement lorsque l'éclairage au-dessus d'un portail de chargement s'alluma.

Paolo s'accroupit et ne bougea plus. Une seconde plus tard, une lampe fut allumée à l'intérieur du bâtiment. L'entrepôt mesurait une trentaine de mètres de long, avec une mince enfilade de fenêtres tout en haut de la façade. La cour était pleine de conteneurs et, à sa droite, un camion jaune était garé. A côté du camion il aperçut une Volvo blanche. A la lueur de l'éclairage extérieur, il découvrit soudain la fourgonnette garée à seulement vingt-cinq mètres devant lui.

Une porte de passage s'ouvrit dans le portail de chargement droit devant lui. Un homme blond et avec un gros bide sortit de l'entrepôt et alluma une cigarette. Quand l'homme tourna la tête, Paolo vit une queue de cheval à la lumière de l'ouverture.

Paolo ne bougea pas d'un poil, un genou posé par terre. Il était totalement visible à moins de vingt mètres de l'homme, mais la lueur du briquet avait eu raison de sa vision nocturne. Puis Paolo, et apparemment l'homme lui aussi, entendirent un cri à moitié étouffé dans la fourgonnette. Quand la queue de cheval se mit en mouvement en direction de la fourgonnette, Paolo s'allongea lentement à plat ventre.

Il entendit le bruit de la portière à glissière de la fourgonnette quand elle s'ouvrit et il vit le géant blond sauter à terre puis se pencher dans le véhicule et en extraire Miriam Wu. Il la fourra sous son bras et la porta sans problèmes malgré ses tentatives pour se dégager. Les deux hommes échangèrent quelques mots mais Paolo ne put entendre ce qu'ils disaient. Puis l'homme à la queue de cheval ouvrit la portière du conducteur et monta. Il démarra et traversa la cour en décrivant une courbe serrée. Le faisceau des phares ne passa qu'à quelques mètres de Paolo. La fourgonnette disparut dans un chemin d'accès et Paolo entendit le bruit du moteur s'éloigner.

Miriam Wu sous le bras, le géant blond entra dans l'entrepôt par la porte de passage. Paolo vit ensuite la silhouette du géant blond passer derrière les fenêtres. Il eut l'impression qu'il se déplaçait vers des régions plus reculées du bâtiment.

Il se leva, tous sens en éveil. Ses vêtements étaient humides. Il était à la fois soulagé et inquiet. Soulagé d'avoir su pister la fourgonnette et d'avoir Miriam Wu à portée de main, et en même temps plein de respect pour l'inquiétant géant blond qui l'avait traitée comme si elle n'était qu'un sac à provisions de chez Konsum. Paolo avait surtout remarqué sa taille immense et l'impression de très grande puissance.

Le plus logique aurait été de se retirer et d'appeler la police. Mais son téléphone portable était mort et il n'avait qu'une vague idée de l'endroit où il se trouvait, et il n'était pas sûr de pouvoir décrire le chemin pour s'y rendre. Il n'avait pas non plus la moindre idée de ce qui arrivait à Miriam Wu à l'intérieur du bâtiment.

Il fit un lent demi-cercle autour du bâtiment et constata qu'il ne semblait y avoir qu'une entrée. Deux minutes plus tard, il était de retour et conscient qu'il lui fallait prendre une décision. Paolo avait bien compris que le géant blond n'était pas un gentil. Ce type avait assommé Miriam Wu. Paolo n'avait pas vraiment peur — il avait une grande confiance en lui et savait qu'il pouvait se montrer efficace s'ils devaient en venir aux mains. La question était de savoir si l'homme dans le bâtiment était armé et s'ils étaient plusieurs à l'intérieur. Il hésita. Il ne devait pas y en avoir d'autres.

Le portail de chargement était suffisamment large pour laisser passer sans problème le camion jaune qui était garé dehors, et une porte d'entrée ordinaire était pratiquée dedans. Il s'approcha de celle-ci, appuya sur la poignée et ouvrit. Il se retrouva dans un grand entrepôt éclairé par quelques ampoules, rempli de fatras, de cartons déchirés et de matériel en désordre.

MIRIAM WU SENTAIT LES LARMES couler sur ses joues. Ce n'était pas tant la douleur que la détresse qui la faisait pleurer. Pendant le trajet, le géant l'avait totalement ignorée. Il avait arraché le ruban adhésif de sa bouche quand la fourgonnette s'était arrêtée. Il l'avait soulevée et portée sans le moindre effort, et jetée sur le sol en ciment sans prêter attention à ses suppliques et ses protestations. Quand il la regardait, ses yeux étaient de glace.

Miriam Wu comprit tout à coup qu'elle allait mourir dans cet entrepôt.

Il lui tourna le dos, s'approcha d'une table, ouvrit une bouteille d'eau minérale et but de longues goulées. Il ne lui avait pas entravé les jambes et Miriam Wu commença à se lever.

Il se tourna vers elle et sourit. Il se trouvait plus près de la porte qu'elle. Elle n'aurait pas la moindre chance de lui passer devant. Résignée, elle s'arrêta sur les genoux et s'emporta contre elle-même. Tu verras si je vais me rendre sans me battre. Elle se mit debout et serra les dents. Allez, vas-y, connard de Terminator !

Les mains ainsi menottées dans le dos, elle se sentit maladroite et déséquilibrée mais, quand il s'approcha d'elle, elle commença à tourner en rond et à chercher une brèche. Elle lui allongea un coup de pied dans les côtes, pivota et lui allongea un autre coup de pied dans l'aine. Elle le toucha à la hanche, recula d'un mètre et changea de jambe pour le coup suivant. Les mains dans le dos, elle n'avait pas assez d'équilibre pour atteindre son visage, mais elle lui balança un puissant coup de pied dans la poitrine.

Il tendit une main, la saisit par l'épaule et la retourna comme si elle avait été une feuille de papier. Il lui donna un seul coup de poing, pas particulièrement fort, dans les reins. Miriam Wu hurla comme une folle lorsqu'une douleur paralysante lui vrilla le diaphragme. Elle retomba à genoux. Il lui flanqua encore une gifle et elle s'effondra par terre. Il leva le pied et lui asséna un coup de pied dans le flanc. Elle eut le souffle coupé et entendit des côtes se briser.

PAOLO ROBERTO NE VIT RIEN du passage à tabac, mais il entendit soudain Miriam Wu hurler de douleur, un cri fort et strident qui s'arrêta tout de suite. Il tourna la tête en direction du son et serra les dents. Il y avait une autre pièce derrière une cloison de séparation. Il traversa le local sans un bruit et jeta un regard prudent par l'entrebâillement de la porte au moment où le géant blond repoussait Miriam Wu sur le dos. Le géant disparut de son champ de vision pendant quelques secondes et revint soudain avec une tronçonneuse qu'il posa par terre devant elle. Paolo Roberto haussa les sourcils.

— Je veux une réponse à une question simple.

Il avait une voix bizarrement fluette, presque comme s'il n'avait pas encore mué. Paolo nota un accent étranger.

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