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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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MIKAEL BLOMKVIST DÉPASSA le Globe en revenant de Tyresjö. Il avait passé tout l'après-midi et la soirée à rendre visite à trois individus sur la liste des michetons. Cela n'avait absolument rien donné. Il avait rencontré des types terrorisés, déjà secoués par Dag Svensson et qui s'étaient préparés à voir le monde s'écrouler. Ils l'avaient supplié et imploré. Il les avait tous rayés de sa liste personnelle de meurtriers potentiels.

Il ouvrit son téléphone portable en passant le pont de Skanstull et appela Erika Berger. Elle ne répondit pas. Il essaya d'appeler Malou Eriksson. Elle ne répondit pas non plus. Merde. C'était tard le soir. Il voulait discuter avec quelqu'un.

Il se demanda si Paolo Roberto avait trouvé quelque chose sur Miriam Wu et fit son numéro. Il entendit cinq sonneries avant que Paolo réponde.

— Paolo.

— Salut. C'est Blomkvist. Je voulais juste savoir comment ça avance...

— Blomkvist, je suis en train... ssscrrp ssscrrp dans une voiture avec Miriam.

— Je n'entends rien.

— Srcp, scrrrraaaap scrrraaaap.

— Ta voix disparaît. Je ne t'entends pas.

Puis la liaison fut coupée.

PAOLO ROBERTO JURA. La batterie de son portable venait de lui expirer dans la main, au moment où il passait Fittja. Il appuya sur le bouton ON et réussit à ranimer le téléphone. Il fit le numéro de SOS-Secours, mais au moment où on décrochait, le portable s'éteignit de nouveau.

Merde.

Il avait un chargeur qui fonctionnait sur l'allume-cigare, sauf que ce chargeur se trouvait chez lui, sur la commode de l'entrée. Il envoya balader le portable sur le siège du passager et se concentra sur les feux arrière de la fourgonnette qu'il voulait garder en ligne de mire. Il conduisait une BMW avec le réservoir plein et il n'y avait aucune foutue possibilité que la fourgonnette le sème. Mais il ne souhaitait pas être repéré et il laissa l'écart s'agrandir de plusieurs centaines de mètres.

Un malabar qui carbure aux anabolisants assomme une fille devant mes yeux, fe vais me choper ce salopard pour lui en toucher deux mots.

Si Erika Berger avait été là, elle l'aurait traité de cowboy macho. Paolo Roberto appelait ça se fâcher.

MIKAEL BLOMKVIST PRIT PAR LUNDAGATAN mais constata que l'appartement sur cour de Miriam Wu était sombre et éteint. Il fit une nouvelle tentative d'appeler Paolo Roberto, mais n'obtint que la confirmation que l'abonné ne pouvait être joint. Il marmonna un juron et rentra chez lui préparer du café et des tartines.

LE TRAJET DURA PLUS LONGTEMPS que ce qu'avait pensé Paolo Roberto. Ils passèrent Södertälje, puis prirent l'E20 en direction de Strângnàs. Peu après Nykvarn, la fourgonnette tourna à gauche sur des routes secondaires dans la campagne du Sôrmland.

Du coup, le risque augmentait qu'il attire l'attention et soit découvert. Paolo Roberto leva le pied de l'accélérateur et laissa encore davantage d'espace entre lui et la fourgonnette.

Paolo n'était pas très calé en géographie, mais pour autant qu'il put en juger, ils passèrent à l'ouest du lac Yngern. Il perdit la fourgonnette de vue et accéléra. Il arriva dans une ligne droite et freina.

La fourgonnette avait disparu. Les petites routes ne manquaient pas dans le coin. Il avait perdu ces salopards.

MIRIAM WU AVAIT MAL DANS LA NUQUE et au visage, mais elle avait maîtrisé la panique et l'angoisse de se trouver ainsi sans défense. Il ne l'avait plus frappée. Elle avait pu s'asseoir et s'adosser au siège du conducteur. Ses mains étaient menottées dans le dos et elle avait un large morceau de ruban adhésif en travers de la bouche. Une de ses narines était remplie de sang et elle avait du mal à respirer.

Elle contempla le géant blond. Depuis qu'il lui avait mis le bâillon, il n'avait pas dit un mot et l'avait totalement ignorée. Elle regarda la marque à l'endroit où elle lui avait donné le coup de pied, qui théoriquement aurait dû lui causer des dégâts conséquents. Il ne semblait pas s'en être rendu compte. Ce n'était pas normal.

Il était grand et terriblement bien bâti. Ses muscles indiquaient qu'il passait des heures chaque semaine dans une salle de sport. Mais pas pour faire de la gonflette. Ses muscles paraissaient naturels. Ses mains avaient l'air de poêles massives. Elle comprit pourquoi elle avait eu l'impression de recevoir un coup de massue quand il l'avait giflée.

La fourgonnette avançait en cahotant sur une route défoncée.

Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle se trouvait, à part qu'elle croyait qu'ils avaient roulé sur l'E4 en direction du sud pendant un long moment avant d'emprunter des routes plus petites.

Elle savait que même si ses mains étaient libres, elle n'aurait aucune chance contre le géant blond. Elle se sentit totalement impuissante.

MALOU ERIKSSON APPELA MIKAEL peu après 23 heures alors qu'il venait de rentrer, avait lancé la machine à café et était en train de se préparer une tartine dans la cuisine.

— Excuse-moi d'appeler si tard. Ça fait plusieurs heures que j'essaie de t'appeler, mais tu ne réponds jamais.

— Désolé. J'avais coupé mon portable dans la journée pendant que j'interrogeais des michetons.

— J'ai trouvé quelque chose qui pourrait être intéressant.

— Je t'écoute.

— Bjurman. Tu m'avais dit de fouiller dans son passé.

— Oui.

— Il est né en 1950 et a commencé son droit en 1970. Il a obtenu son diplôme en 1976 et a commencé à travailler au cabinet Klang & Reine en 1978 avant d'ouvrir son propre cabinet en 1989.

— Oui.

— Dans l'intervalle, il a travaillé entre autres comme stagiaire au tribunal d'instance une courte période, quelques semaines seulement en 1976. Juste après son examen en 1976, il a travaillé pendant deux ans, entre 1976 et 1978, comme juriste à la direction générale de la Police nationale.

— Oui.

— J'ai vérifié ce qu'étaient ses missions. Pas facile à trouver. Mais il instruisait des affaires juridiques à la Säpo. Il travaillait à la brigade des étrangers.

— Putain, répète-moi ça !

— Autrement dit, il devrait y avoir travaillé en même temps que ce Björck de Smådalarö.

— Quel foutu enfoiré ! Björck, je veux dire. Il n'a pas mentionné qu'il avait travaillé avec Bjurman.

LA FOURGONNETTE ÉTAIT FORCÉMENT dans les parages. Paolo Roberto était resté tellement loin derrière que par moments il avait perdu la voiture de vue, mais il l'avait toujours repérée quelques secondes avant de la perdre de nouveau. Il fit demi-tour sur le bord de la route et retourna vers le nord. Il conduisait lentement et guettait les bifurcations.

Cent cinquante mètres plus loin seulement, il vit soudain un cône de lumière scintiller dans une brèche du rideau de forêt. Il aperçut une petite route forestière du côté opposé de la route et tourna le volant. Il parcourut une dizaine de mètres et se gara. Il ne se donna pas la peine de fermer à clé, puis il retourna au pas de course vers la route principale et sauta par-dessus un fossé. Il regretta de ne pas avoir une lampe de poche quand il slaloma entre les buissons et les jeunes repousses.

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