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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Paolo Roberto secoua la tête et croisa le regard de Mikael.

— Putain de monstre, répondit-il.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Paolo Roberto secoua la tête de nouveau et regarda ses poings. Les jointures étaient tellement abîmées qu'il avait du mal à tenir le gobelet. On lui avait mis des pansements. Sa femme appréciait moyennement la boxe et elle allait être furieuse.

— Je suis un boxeur, dit-il. Je veux dire, quand j'étais en activité, je n'avais pas peur de monter sur un ring contre qui que ce soit. J'ai pris quelques bonnes baffes, je sais donner et je sais recevoir. Quand je m'attaque à quelqu'un, c'est pour qu'il s'écroule et qu'il ait mal.

— Et ce n'est pas ce qu'il a fait, ce gars.

Paolo Roberto secoua la tête pour la troisième fois. Il raconta calmement et en détail les événements de la nuit.

— Je l'ai touché au moins trente fois. Quatorze-quinze fois à la tête. Je l'ai touché à la mâchoire quatre fois. Au début, je retenais les coups — je ne voulais pas le tuer, simplement me défendre. Vers la fin, j'ai donné exactement tout ce que j'avais. Un de mes coups aurait dû lui briser la mâchoire. Et ce putain de monstre s'est seulement secoué un peu et a continué à frapper. Bordel de merde, c'était pas un être humain normal.

— Il était comment ?

— Bâti comme un robot antichar. Je n'exagère rien. Il mesurait plus de deux mètres et devait peser dans les cent trente, cent quarante kilos. Je ne plaisante pas en disant qu'il n'y avait que des muscles et une ossature en béton armé. Un putain de géant blond qui ne ressentait tout simplement pas la douleur.

— Tu ne l'as jamais vu auparavant ?

— Jamais. Ce n'était pas un boxeur. Mais bizarrement, c'en était un quand même.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

Paolo Roberto réfléchit un moment.

— Il ignorait tout de la boxe. Je pouvais feinter et l'obliger à sortir sa garde et il n'avait pas la moindre idée de comment on bouge pour éviter les coups. Il était complètement à côté de ses pompes. Mais en même temps, il essayait de bouger comme un boxeur. Il levait correctement les bras et il se mettait tout le temps en position de départ comme un vrai boxeur. On aurait dit qu'il s'était entraîné à la boxe mais sans écouter un mot de ce que disaient les entraîneurs.

— D'accord.

— Ce qui nous a sauvé la vie, à moi et à la nana, c'est qu'il bougeait super-lentement. Il balançait des swings d'amateur qu'il signalait des mois à l'avance et je pouvais esquiver ou parer. J'ai encaissé deux coups — un sur la gueule et tu vois le résultat, ensuite sur le corps quand il m'a cassé une côte. Mais les deux étaient des demi-coups. S'il les avait placés comme il faut, il m'aurait arraché la tête.

Paolo Roberto rit soudain. Un rire tonitruant.

— Quoi ?

— J'ai gagné. Ce fou furieux a essayé de me tuer et j'ai gagné. J'ai réussi à l'étendre. Mais j'ai dû utiliser une saloperie de planche pour qu'il ait son compte.

Il redevint sérieux.

— Si Miriam Wu ne lui avait pas shooté dans les couilles au bon moment, va savoir comment ça se serait terminé.

— Paolo — je suis vraiment, vraiment heureux que tu aies remporté ce match. Miriam Wu dira la même chose quand elle se réveillera. Tu as des informations sur son état?

— Elle a à peu près la même tête que moi. Une commotion cérébrale, plusieurs côtes cassées, le nez brisé et des dégâts aux reins.

Mikael se pencha et mit la main sur le genou de Paolo Roberto.

— Si jamais un jour tu as besoin d'un service..., dit

Mikael.

Paolo Roberto hocha la tête et sourit doucement.

— Blomkvist, si toi, tu as encore besoin d'un service...

— Oui.

— ... envoie Sébastian Lujân.

26

MERCREDI 6 AVRIL

L'INSPECTEUR CRIMINEL JAN BUBLANSKI était d'humeur exécrable quand il retrouva Sonja Modig dans le parking de l'hôpital de Söder peu avant 7 heures du matin. Il avait été réveillé par le coup de fil de Mikael Blomkvist. Au bout d'un moment, il avait compris que quelque chose de dramatique s'était passé au cours de la nuit, et à son tour il avait appelé et réveillé Modig. Ils rencontrèrent Mikael devant l'entrée et se rendirent ensemble dans la chambre de Paolo Roberto.

Bublanski avait du mal à assimiler tous les détails mais il finit par comprendre que Miriam Wu avait été enlevée et que Paolo Roberto avait foutu une raclée au ravisseur. Cela dit, en regardant de plus près l'ex-boxeur professionnel, il n'était pas évident de savoir qui avait foutu une raclée à qui. En ce qui concernait Bublanski, les événements de la nuit avaient élevé l'enquête sur Lisbeth Salander à un nouveau niveau de complications. Rien dans cette putain d'affaire ne semblait être normal.

Sonja Modig posa la première question pertinente pour savoir comment Paolo Roberto avait fait son entrée dans l'intrigue.

— Je suis un ami de Lisbeth Salander.

Bublanski et Modig échangèrent un regard sceptique.

— Et vous vous connaissez comment ?

— Salander me servait de sparring-partner aux entraînements.

Bublanski fixa les yeux quelque part sur le mur derrière Paolo Roberto. Sonja Modig pouffa soudain d'un rire déplacé. Donc, rien dans cette affaire ne semblait normal, simple et sans complication. Petit à petit ils avaient quand même noté tous les faits.

— Je voudrais maintenant faire quelques remarques, dit

Mikael Blomkvist sèchement. Tous le regardèrent.

— Premièrement. Le signalement de l'homme au volant de la fourgonnette correspond au signalement que j'ai donné de la personne qui a agressé Lisbeth Salander exactement au même endroit dans Lundagatan. Un grand mec blond avec une queue de cheval et un gros bide. D'accord ?

Bublanski hocha la tête.

— Deuxièmement. Le but de cet enlèvement était d'obliger Miriam Wu à révéler la cachette de Lisbeth Salander. Ces deux beaux blonds traquent donc Salander depuis au moins une semaine avant les meurtres. Compris ?

Modig fit oui de la tête.

— Troisièmement. S'il y a d'autres acteurs dans cette histoire, Lisbeth Salander n'est plus la « démente solitaire » qu'on a voulu faire croire.

Ni Bublanski ni Modig ne répliquèrent.

— Il sera très difficile de faire valoir que le gars avec la queue de cheval est membre d'une bande de lesbiennes satanistes.

Modig esquissa un sourire.

— Et quatrièmement, pour finir. Je crois que cette histoire a quelque chose à voir avec un type nommé Zala. Dag Svensson focalisait sur lui les deux dernières semaines. Toute l'information à ce sujet se trouve dans son ordinateur. Dag Svensson l'associait au meurtre d'une prostituée à Södertälje, nommée Irina Petrova. L'autopsie révèle qu'elle a subi de graves violences. Tellement graves qu'au moins trois des blessures étaient mortelles. Le rapport d'autopsie reste flou sur le type d'outil qui a été utilisé pour la tuer, mais les blessures ont une ressemblance frappante avec la violence que Miriam Wu et Paolo ont subie. L'outil dans ce cas pourrait être les mains d'un géant blond.

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