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Maupassant

Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:

Ce livre des œuvres complètes de Guy de Maupassant est exhaustif. Il réunit ses huit romans (dont deux inachevés), ses quelques 350 nouvelles réunies en 24 recueils, ses sept pièces de théâtre (dont deux inachevées), toutes ses poésies (réunies en deux volumes), ses carnets de voyages ainsi que les centaines d’articles qu’il écrivit pour la presse entre 1876 et 1891 (classées par dates de publication et par recueils annuels). Une introduction de l’éditeur explique le parcours et l’œuvre de Guy de Maupassant. Ce livre est le fruit d'une somme de travail considérable. Les quelques milliers de pages de « Maupassant : Œuvres complètes » sont réparties en 57 volumes, ayant chacun un sommaire interactif propre. Aussi, un sommaire général permet d’accéder instantanément à n'importe lequel de ses volumes, ou, au choix, à un de ses chapitres, nouvelles, contes fantastiques, poésies, articles de presse, etc. Toutes ces œuvres ont été relues, corrigées lorsque cela était nécessaire, et mises en page avec soin pour en rendre leur lecture aussi agréable que possible.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
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Chez l’homme, rien de tout cela, rien que les désordres légers des centres nerveux et les épanchements au cerveau, remarqués dans toutes les maladies de l’encéphale. — Or, les névroses ont cela de particulier qu’elles ne laissent pas d’autres vestiges après la mort.

Ce n’est pas tout.

Chez les chiens, la rage amène une insensibilité absolue de l’épiderme. On peut les battre, les brûler au fer rouge, les tailler à coups de couteau sans qu’ils accusent aucune douleur, eux qu’un simple coup de fouet fait hurler cinq minutes quand ils sont dans leur état normal.

Chez l’homme, au contraire, la prétendue rage développe une telle excitation nerveuse qu’il ne peut tolérer aucun contact, même celui d’une plume, même celui du plus léger courant d’air sur la peau, supporter aucun bruit, même celui d’une montre, ni aucun reflet de lumière, ni aucune odeur sans être saisi aussitôt par d’intolérables douleurs.

Nous retrouvons encore là les symptômes ordinaires des névroses, absolument différents, on le voit, de ceux que présente la rage confirmée chez le chien.

Or, cherchons maintenant si d’autres accidents que des morsures de chien peuvent produire tous les symptômes de la rage chez l’homme.

1° Marcel Donnat a vu mourir de l’hydrophobie deux personnes chez qui cette maladie nerveuse provenait de rhumatismes.

2° Le baron Portal cite le fait d’une jeune fille atteinte d’une esquinancie, dont elle mourut avec tous les signes les plus flagrants de l’hydrophobie. L’autopsie révéla que le pharynx, l’œsophage, le larynx et la trachée artère étaient enflammés dans toute leur étendue et gangrenés sur quelques points.

Voici encore une observation du docteur Selig, citée par le docteur Marc dans le Dictionnaire des Sciences médicales, et rapportée par M. Faugère-Dubourg :

« Un homme âgé de trente et quelques années, après s’être échauffé par des travaux champêtres pendant une journée des plus chaudes du mois de juillet, se baigna le soir dans une rivière dont l’eau était très froide. Le lendemain, il éprouva une douleur rhumatismale au bras droit et de la roideur dans la nuque ; le troisième jour, en outre, un sentiment de pesanteur dans tous les membres et quelques mouvements fébriles.

La douleur du bras disparut à la suite d’un vomitif qu’on lui fit prendre ; mais celle de la nuque était plus prononcée, et la céphalalgie, l’ardeur ainsi que la soif, devinrent plus intenses. Pendant la nuit, les accidents augmentèrent. Il s’y joignit une hydrophobie. Toutes les fois qu’il approchait de ses lèvres un verre ou une cuillerée remplie de liquide, et même lorsqu’un de ces objets frappait sa vue, il éprouvait un tremblement universel avec convulsion, et poussait des cris aigus ; jusqu’à l’haleine des personnes qui s’approchaient trop près de lui, l’incommodait, de sorte qu’il les suppliait de s’éloigner.

Comme ce malade n’avait été mordu par aucun animal, M. le docteur Selig fit la médecine antiphlogistique dérivative et calmante. Vers midi, amélioration sous tous les rapports, nulle agitation, nulle anxiété, point de chaleur ni de soif, possibilité d’avaler de temps à autre, quoique avec difficulté, des cuillerées d’infusion ; cependant, tremblements et mouvements convulsifs. Après midi, un peu de sommeil. Le soir, à huit heures, chaleur fébrile, agitation, anxiété, soif ardente, avec impossibilité d’avaler seulement une goutte de liquide sans tremblements et convulsions. Le voisinage, l’atmosphère, l’haleine du chirurgien agitent le malade au point de déterminer un tremblement continuel avec convulsions et sueur profuse. Dans les moments de rémission, le malade assure que l’atmosphère, ainsi que l’haleine des personnes qui l’entourent, lui deviennent insupportables, et prie avec instance les assistants de s’éloigner. L’agitation et l’anxiété s’accroissent d’heure en heure, au point que le malade supplie de le contenir. Il mourut à onze heures.

Cette hydrophobie spontanée a été causée par le transport d’une irritation rhumatismale sur les muscles du larynx et de l’œsophage, ainsi que par le spasme et l’inflammation déterminés de cette manière dans ces parties. »

Voilà donc l’hydrophobie déterminée par des rhumatismes ! ! ! On la constate aussi très souvent par suite d’affections nerveuses ou de maladies du cerveau.

Ajoutons une observation du baron Larrey :

« Un boulet avait emporté à François Pomaré, un grenadier, la peau de l’omoplate droite ; la sécrétion purulente ayant cessé, la cicatrice fit de très rapides progrès ; en deux fois vingt-quatre heures elle couvrit la moitié de la plaie, et le blessé éprouva bientôt un pincement douloureux sur tous les points cicatrisés ; il ressentait, disait-il, la même sensation que si l’on eût saisi les bords de la plaie avec des tenailles, et le moindre attouchement sur cette cicatrice très mince lui faisait jeter les hauts cris. Tous les symptômes du tétanos s’aggravaient sensiblement ; l’approche de l’eau limpide provoquant des mouvements convulsifs, les mâchoires se contractaient […] »

Le chirurgien brûla tout simplement la cicatrice au fer rouge. Aussitôt le malade écarta les mâchoires, but, et fut guéri.

Mais s’il avait été mordu par un chien au lieu d’être blessé par un boulet ?

Je pourrais citer des milliers d’exemples de même nature.

En résumé, on ne peut constater chez l’homme que des accidents de l’ordre nerveux, tantôt mortels, tantôt guérissables, selon qu’ils proviennent de désordres assimilables au tétanos produit par une blessure ou de désordres purement moraux.

Pour prouver encore l’influence de l’imagination sur les gens dits enragés, je citerai ce fait.

Le docteur Flaubert, père d’Achille et de Gustave Flaubert, fut appelé au village de La Bouille, auprès d’un homme atteint d’hydrophobie. Le malade, vu entre deux crises, accepta d’être emmené à Rouen par le médecin, qui le prit dans son coupé. Or, vers le milieu de la route, il cria qu’il sentait venir une attaque, affirmant qu’il allait mordre le docteur, et le suppliant de se sauver.

M. Flaubert répondit tranquillement :

« Alors, mon ami, vous n’êtes pas enragé. Le chien enragé se sert de ses crocs, parce qu’il n’a pas d’autre moyen d’attaque que sa gueule, de même que le chat se sert de ses griffes et le bœuf de ses cornes. Vous, vous devez vous servir de vos poings et pas d’autre chose. Si vous me mordez vous n’êtes qu’un fou. »

Le malade n’eut pas de crise avant d’entrer à l’hôpital ; mais, à peine arrivé il en subit une terrible et distribua aux garçons de salle, comme aux internes, des volées de coups de poing dignes d’un boxeur anglais.

Il mourut cependant.

Maintenant j’affirme qu’il suffit de ne pas croire à la rage pour être absolument rebelle à ce virus prétendu.

Pour ma part, j’ai été mordu quatre fois, et je sais deux vétérinaires qui se sont laissé mordre ou fait mordre chaque fois qu’une bonne occasion se présentait ! On cite un Américain, M. Stevens, qui fut mordu jusqu’à quarante-sept fois, et un Allemand, M. Fischer, dix-neuf fois, uniquement pour prouver l’innocuité de ce virus.

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