Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Angélique et son amour Part 2 - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Angélique et son amour Part 2

Электронная книга - «Angélique et son amour Part 2». Краткое содержание книги:

Angélique et son amour Part 2
1 ... 9 10 11 12 13 14 15 16 17 ... 50
Перейти на страницу:

L'avocat, qui commençait à somnoler entre son tromblon et son pistolet, sursauta, et il y eut des rires. On recommençait à espérer et à se chicaner. Quelque chose s'était passé. De nouveau, dans les airs, on entendait le claquement des voiles tendues.

*****

Mais l'aube n'apporta que déception aux femmes lassées. Il faisait encore plus froid que la veille, et la même sensation d'être entraînés irrésistiblement par le courant les pénétrait jusqu'aux moelles. L'eau qu'on leur distribua avait un goût de bois pourri. C'était le fond des barriques. Personne n'osait dire mot et lorsque Le Gall pénétra dans l'entrepont avec une expression joyeuse, on le regarda comme s'il avait été soudain frappé d'aliénation.

– Bonnes nouvelles, dit Le Gall, et je viens vous rassurer, mesdames. J'ai laissé filer le loch et réussi à faire le point non sans mal, car on voit à peine le contour du soleil. Mais je peux vous assurer que nous avons changé de direction et que, désormais, nous nous dirigeons vers le Sud.

– Le Sud ?... Mais il fait plus froid qu'hier !

– C'est que, depuis deux jours, nous étions drainés par un courant tiède, le courant de Floride, qui nous réchauffait. Tandis que, maintenant, nous sommes pris en charge par un courant froid de la baie d'Hudson, je parie.

– Damné pays ! grommela le vieux pasteur sortant tout à coup de sa réserve, allez vous y reconnaître dans ces chaud et froid. Je commence à me demander si les prisons du Roi n'auraient pas été pour nous plus bénéfiques que ces régions malsaines où hommes et éléments se comportent à l'envers.

– Père ! fit Abigaël d'un ton de reproche.

Le pasteur Beaucaire secoua ses cheveux blancs. Tout n'était pas résolu, loin de là. Le plus important n'était pas d'être passé d'un courant chaud dans un courant froid, songeait-il, mais d'éviter de nouvelles morts.

Ses ouailles lui échappaient complètement et lui-même ne savait quoi leur dire. Quant aux autres, les impies, que pourraient sur eux les exhortations de sa vieille voix pastorale, ses appels à la Justice, à la Charité ?

– Je n'ai jamais été d'accord avec le pasteur Rochefort, cet incorrigible coureur d'aventures, qui voulait nous jeter tous sur les océans. Grand bien lui fasse ! On voit où cela mène...

Sa voix se perdit dans le brouhaha des questions et des réponses que donnait Le Gall.

– Allons-nous aborder, maintenant ?

– Où cela ?

– Que disent Erikson et le Canadien ?

– Rien ! Allez donc faire parler cet ours bourru et ce sacré bosco plus fermé et rocailleux qu'une huître. Mais pour un fin barreur, c'est un fin barreur ! Il a dû profiter, hier, d'un confluent entre les deux courants pour nous faire passer de l'un à l'autre. Un tour de force, surtout par cette purée de brouillard.

– Cette fois, mon opinion est faite, dit Mercelot d'un air docte, c'est un Hollandais. Je le croyais écossais à cause de son épée, sa « claymore », mais il n'y a que les Hollandais pour avoir ainsi le sens des courants. Ils les lisent dans la mer, les devinent au nez...

Tandis qu'il parlait, Angélique crut le revoir, devant son écritoire à La Rochelle, calligraphiant de sa plume d'oie sur le vélin choisi, ses chères Annales des Réformés. Aujourd'hui, son rabat blanc n'était plus qu'un torchon, sa redingote noire avait craqué aux coutures des épaules et, ma foi, il était pieds nus malgré le froid. Il avait dû, dans le feu de l'action, grimper dans les haubans et, qui sait, jusqu'aux huniers ?...

– J'ai soif, fit-il, n'y aurait-il pas quelque chose à boire ?

– Un petit verre d'eau-de-vie des Charentes, mon ami ? lui proposa sa femme avec un rire fêlé et triste.

Ce rappel du confort passé et de la terre natale les laissa rêveurs. Ils évoquaient l'ambre doré de l'eau-de-vie charentaise, les grappes mûries sous les murs de Cognac. Le sel de la mer leur brûlait la gorge. Leur peau était visqueuse comme celle des harengs saurs.

– Nous allons bientôt aborder, dit Le Gall. À terre nous trouverons des sources. Et ce mot les fit soupirer.

Angélique se tenait à l'écart. On faisait semblant de ne plus la voir. Quand les choses allaient bien, on ne lui adressait plus la parole. Quand cela tournait mal, on la suppliait d'intervenir. Elle commençait à avoir l'habitude de ce manège. Elle haussa les épaules.

Chapitre 6

Vers le milieu du jour, autant que pouvait le laisser deviner la clarté imprécise, elle fut attirée sur le pont par une discussion proche.

Devant la grande chaloupe, Manigault et Nicolas Perrot étaient en pourparlers.

– Nous allons mettre la chaloupe à l'eau pour reconnaître la côte, disait le Canadien.

– Où sommes-nous ?

– Je ne le sais guère plus que vous ! Ce que je puis vous assurer c'est que la côte est proche. Nous serions fous de pousser plus avant sans avoir été reconnaître un passage pour le navire. À coup sûr, on doit trouver une baie, une crique pour s'abriter. Mais encore, s'agit pas de se briser dans l'entrée. Écoutez plutôt !...

Il repoussa son bonnet de fourrure, rabattit le pavillon de son oreille, la tête penchée comme pour surprendre un bruit lointain, perceptible de lui seul.

– Écoutez...

– Quoi donc ?

– Le bruit de la barre. Ce roulement, c'est le bruit d'une barre à franchir. Ils avaient les oreilles trop envahies du bruit des vagues.

– Nous n'entendons rien.

– Moi, je l'entends, dit le Canadien. Ça suffit !

Il huma le brouillard, si dense qu'on avait l'impression d'avaler quelque chose de solide quand on ouvrait la bouche.

– La terre n'est pas loin. Moi je la sens.

Eux aussi ils la sentaient maintenant. Des effluves indéfinissables leur apportaient dans ce désert blanc l'assurance d'une formidable et familière présence. LA TERRE !

*****

Un rivage, du sable, des cailloux, peut-être même de l'herbe et des arbres...

– Ne réfléchissez pas trop, gouailla le Canadien. Parce que, vous savez, par ici, il peut y avoir des marées de cent vingt pieds de haut et qui montent en deux heures.

– Cent vingt pieds ! Mais vous vous moquez du monde. Ça n'existe pas !

– Libre à vous d'en douter. Mais croyez-moi, s'agit pas de manquer l'heure du passage. Et, en attendant, je vous conseillerais de vous jeter à l'eau avant que votre coque s'en aille racler le fond et s'écraser. Plus rocheuse côte au monde, il n'y en a guère à ce qu'on dit. Mais que pouvez-vous y comprendre, avec votre petite Rochelle et sa misérable marée de douze pieds !

Les yeux mi-clos, il semblait se moquer d'eux. On entendit à l'avant le déroulement de la chaîne d'ancre.

– Je n'ai pas donné d'ordre ! cria Manigault.

– Rien d'autre à faire, patron, fit Le Gall. C'est vrai ça que la terre est proche... Mais savoir à combien d'encablures, c'est une autre question... Avec ce brouillard.

Un homme vint dire que l'ancre avait touché le fond à quarante pieds.

– Il était temps !

– Rien d'autre à faire, répéta Le Gall, que de suivre ce qu'ils disent.

Il eut un geste du menton vers Nicolas Perrot et les hommes du Rescator qui avaient continué à préparer la chaloupe.

Ils profitèrent d'une lame haute pour mettre l'embarcation à la mer, puis y descendirent à leur tour.

Manigault et Berne se consultaient du regard, hésitants, craignant d'être dupés encore.

– Attendez, dit l'armateur protestant. Il me faut parlementer avec le Rescator.

1 ... 9 10 11 12 13 14 15 16 17 ... 50
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)