La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
- Автор: Bretonne Nicolas-Edme Retif de la
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:
Voilà les premières sources de toute bonne littérature, en y joignant les philosophes, Platon chez les Grecs, Cicéron, Sénèque, chez les Romains; les économistes, tels que Columelle et Varron; Celse le médecin; Vitruve l’architecte; Suidas.
Le choix des livres modernes a été le plus long et le plus difficultueux; celui des anciens est tout fait les Siècles intermédiaires d’eux à nous, les ont jugés, pour ainsi dire à l’égyptienne, et n’ont laissé passer que ceux dignes d’être lus: mais les modernes, sont d’un triage difficile! Voici, pour ces derniers, comme j’ai composé la bibliothèque de votre frère: 1. L’Esprit des lois: c’est un livre d’homme, que celui-là! 2. La Bruyère. 3. Machiavel, dont je lui recommande de lire un chapitre tous les soirs en se couchant. 4. De l’esprit. 5. L’Émile, et tous les ouvrages de Rousseau de Genève. 6. Tous les ouvrages de Voltaire. 7. Les livres de Physique jusqu’à Nollet. 8. Buffon, avec des notes de ma façon. 9. L’Encyclopédie, première édition. 10. Bayle. 11. Spinoza. 12. L’abbé Raynal, de la Conquêteet du Commerce des deux Indes. 13. Tous les ouvrages de nos Philosophes actuels. 14. Nos poètes dramatiques, tragiques, et comiques. 15. Prevôt, Mme Riccoboni, et tous nos bons romanciers. 16. L’Histoirede France. 17. Il n’a pas Don Quichotte, livre dont la réputation est mal méritée, mais il a Gil Blas. 18. Il n’a pas d’opéras-comiques, de comédies ariettes, ni d’opéras, mais il a Shakespeare. 19. Il a l’Andeux mille quatre cent quarante, etc.; mais il n’a ni la Dunciade, ni Clément, ni Gilbert, ni… etc. 20. Il a Moréri. 21. Les Lois romaines. 22. Les Lois françaises. 23. Les Projets de réformation, que je ne regarde pas comme des chimères, ainsi que le fait un certain auteur prétendu comique, dans une comédie sans intrigue et sans intérêt: je dis que les rois et les ministres n’étant que des hommes, les idées d’autres hommes peuvent les éclairer, et n’y eût-il dans un projet qu’une chose à prendre, il vaudrait mieux que la comédie sans comique de l’homme dont je parle. Je n’oublierai jamais ce mot d’un despote asiatique à ses ministres: «Vous ne sauriez tout penser; ne rebutez point ceux qui pensent; il y a souvent à profiter dans les projets qui paraissent les plus chimériques Que la jalousie ne vous fasse jamais rejeter ce que d autres ont pensé: discerner le bon, et l’exécuter, c’est plus que de l’avoir imaginé.» 24. Il apprend par cœur Corneille, Racine, Molière, La Chaussée, Crébillon.
25. Votre frère ne tient de moi aucun livre licencieux; je les regarde comme des poisons; et si vous en avez eu de lui, comme je l’apprends, il les a reçus d’ailleurs: je le désapprouve fort de les avoir lus; je ne lui pardonne pas de vous les avoir prêtés: je crains même que le tort qu’ils vous ont fait ne soit irréparable; mais jetez-les au feu, et pour préservatif, lisez, je vous en supplie, deux ouvrages que je lui envoie, le Traité de l’Onanisme, et le Livre d’Astruc.
Tous les livres de votre frère, à l’exception du Voltaire et des Théâtres, ne sont pas faits pour vous, belle Ursule; et les deux derniers ne vous conviennent que par occasion. Voici comme je composerai votre bibliothèque particulière: 1. Les Opéras-comiques, dont vous ferez votre lecture favorite, et toutes les Comédies ariettes, dont vous vous étudierez à bien savoir les airs, pour briller en compagnie. Cela n’a pas le sens commun: mais une jolie femme, pour être à la mode, doit paraître ne pas l’avoir. 2. Tous les romans, exceptés ceux des Scudéry: ainsi vous aurez la Princessede Clèves, Mme de Villedieu, Hippolyte Douglass, le Sofa et tout Crébillon fils, Angola, les Bijoux indiscrets, le Grelot, les Lettres d’un Singe, celles du Marquis de Rozelle, l’Héloïse; en un mot tous les romans qui sont bien écrits. 3. Le Chansonnier français, l’Anthologiefrançaise. 4. les Contes des Fées. 5. Les Mille et Une Nuits, les Mille et Un Jours; et si vous pouvez en trouver un exemplaire, les Mille et Une Faveurs, que vous lirez avec le marquis, en faisant bien la naïve; car il ne faut pas imiter une jeune personne de dix-neuf ans, avec laquelle je les lisais un jour, qui trouvait toutes les anagrammes obscènes beaucoup mieux que moi.