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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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D’ailleurs, l’état d’actrice, de danseuse, me paraît contraire à mes projets à votre égard: et il faut vous avouer ici, que le marquis, emporté par une idée de jeune homme, aurait persisté dans sa première idée de vous faire actrice sans mes observations. En effet, vous êtes la mère de son fils, et ne fut-il jamais qu’un fils naturel, il n’en tiendra pas moins à la maison de ***; il pourra être officier, etc., voudriez-vous que ses confrères lui disent un jour que sa mère était une excellente danseuse à l’Opéra? Cette raison seule a fait changer le marquis d’idée.

Si nous considérons le théâtre quant au fond, c’est-à-dire philosophiquement par ses effets, il n’est pas plus honorable, que par son écorce: cet état, quelques plaisirs qu’il nous donne, est légalement flétri, et c’est toujours descendre que d’y entrer: sa flétrissure est juste, premièrement par ses effets sur les mœurs; deuxièmement par le genre d’imitation auquel il assujettit les acteurs et les actrices, les danseurs et les danseuses. Examinons ces deux articles.

Premièrement, les effets du spectacle dramatique sur les mœurs sont toujours nuisibles, quelle que soit la pièce, au moins à une partie des spectateurs: car si la pièce est l’Ecoledes maris, par exemple, tous les spectateurs y apprendront qu’il faut que les femmes soient telles que nous les voyons de nos jours, libres, folles, coureuses de bal et de promenades, coquettes pour la mise, insubordonnées. Qu’il faut tromper, vilipender les maris sensés, qui ne veulent pas que leurs épouses suivent cette conduite indécente, destructive de toute retenue, de toute économie, de tout bon gouvernement dans le ménage. Molière dans cette pièce, digne du feu, a été le plus dangereux des corrupteurs, le plus mauvais, des citoyens, le plus punissables des auteurs. On va cependant tous les jours sans scrupule à l’Ecole des maris; on y va rire des bonnes mœurs, approuver les mauvaises; les Maris de la capitale et des provinces y vont comme de vrais benêts, applaudir ce qui les fait journellement enrager chez eux! Et la leçon ne sera pas infructueuse pour leurs dignes épouses! Comment regarder les deux actrices principales, les deux sœurs, dans l’Ecoledes maris? Comme les prêtresses de l’impudence, de la perversité, de l’insubordination, de la coquetterie: rôle infâme, ministère abominable, détestable, digne des peines les plus sévères, et à leur défaut, de l’infamie justement jetée sur les comédiens. Vous voyez, belle Ursule, que pour démontrer l’infamie de la profession, je ne vais pas chercher des auteurs obscurs; je prends Molière, le grand Molière, ce grand corrupteur, qui faisait sa cour aux dépens des mœurs, sous un roi aussi galant que glorieux: je prends Molière, dis-je, ce véritablement grand homme, qui aurait eu assez fait pour la gloire, et bien mérité de ses concitoyens, après le Misanthrope, le Tartuffe, les Précieuses ridicules, les Femmes savantes, ces éternels chefs-d’œuvre de bon goût et de bonne morale. Aussi remarquez que dans ces quatre drames sublimes, l’homme divin qui les a faits, y prêche directement une morale opposée à celle de l’Ecole des maris. La coquette est abandonnée par Alceste, parce qu’elle veut vivre comme la femme de l’Ariste de l’Ecoledes maris. La femme du Tartuffe ne vit pas comme celle de l’Ecoledes maris. Que fait-il dans les Précieuses ridicules, que de ramener les femmes à la noble simplicité de la nature? Mais dans les Femmes savantes, ce grand homme prévoit les abus actuels; il y fronde d’avance, et ces bibliothèques, qu’on prétend ouvrir aux femmes, et la manie de vouloir leur donner l’éducation des hommes, parce qu’elles sont la moitié du genre humain; (notez ceci, belle URSULE elles sont la moitié du genre humain; et la tourbe méprisable des Gynomanes prétend les élever comme si elles étaient le genre humain tout entier!) Il me semble, en voyant les efforts de nos

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