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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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— Ce qu'on est ne vous regarde pas.

— Tout doux. Tu n'arriveras pas à me foutre en boule.

— Toc-toc, ohé ? La police prétend que Lisbeth Salander a assassiné trois personnes puis elle vient me poser des questions sur mes préférences sexuelles. Va te faire foutre.

— Dis donc... je peux te mettre au trou.

— Sous quel prétexte ? D'ailleurs, j'ai oublié de dire que je suis en fac de droit depuis trois ans et que mon papa, c'est Ulf Norén au cabinet Norén & Knape. On se donne rencard au tribunal ?

— Je croyais que tu travaillais dans la musique.

— C'est ce que je fais parce que c'est sympa. Tu crois que je pourrais vivre de ça ?

— J'ignore totalement de quoi tu vis.

— Je ne vis pas d'une activité sataniste et lesbienne, si c'est ça que tu crois. Si c'est ça le postulat de départ de la police dans la chasse à Lisbeth Salander, je comprends pourquoi vous n'avez pas réussi à l'arrêter.

— Est-ce que tu sais où elle se trouve ?

Cilla Norén commença à balancer le corps en remontant ses mains devant elle.

— Je sens qu'elle est tout près... attends que je branche la télépathie.

— Laisse tomber tes conneries.

— J'ai déjà dit que je n'ai pas eu de ses nouvelles depuis bientôt deux ans. Je n'ai aucune idée de l'endroit où elle se trouve. Y avait autre chose ?

SONJA MODIG AVAIT ALLUMÉ l'ordinateur de Dag Svensson et passé la soirée à dresser l'inventaire du contenu du disque dur et des ZIP. Elle resta jusqu'à 22 h 30 à lire le livre de Dag Svensson.

Elle se rendit compte de deux choses. Premièrement, elle découvrit que Dag Svensson était un brillant écrivain dont la prose était fascinante d'objectivité quand il décrivait les mécanismes du commerce du sexe. Elle aurait aimé qu'il puisse venir donner une conférence à l'école de police — ses connaissances auraient fait un complément apprécié aux cours. Hans Faste, par exemple, était quelqu'un à qui les connaissances de Svensson auraient été profitables.

La deuxième chose fut qu'elle comprit tout à coup le point de vue de Mikael Blomkvist qui pensait que l'enquête de Dag pouvait constituer un mobile des meurtres. La dénonciation de michetons que Dag Svensson projetait de faire n'allait pas seulement nuire à une poignée de personnes. C'était une dénonciation brutale. Certains des acteurs les plus en vue qui avaient déjà été condamnés dans des affaires de mœurs ou participé au débat public seraient totalement anéantis. Mikael Blomkvist avait raison. Le livre constituait une raison de tuer.

Le seul problème était que même si un micheton qui risquait la dénonciation avait décidé de tuer Dag Svensson, il n'y avait aucun lien avec maître Nils Bjurman. Il ne figurait même pas dans les éléments de Dag Svensson, ce qui non seulement réduisait considérablement le poids des arguments de Blomkvist mais renforçait plutôt l'image de Lisbeth Salander comme seul suspect possible.

Même si le mobile était peu clair en ce qui concernait les meurtres de Dag Svensson et de Mia Bergman, Lisbeth Salander était associée au lieu du crime et à l'arme du crime. Des indices techniques aussi nets pouvaient difficilement s'interpréter de travers. Ils indiquaient que Salander était bel et bien la personne qui avait tiré les coups de feu meurtriers dans l'appartement d'Enskede.

L'arme signifiait en outre un lien direct avec le meurtre de maître Bjurman. Et dans le cas Bjurman existaient incontestablement un lien personnel et un mobile possible — à en juger par la décoration artistique sur le ventre de Bjurman, il pouvait s'agir d'une forme d'abus sexuel ou en tout cas d'une relation sadomaso entre les deux. Il paraissait difficilement imaginable que Bjurman ait accepté de son plein gré de se faire tatouer de cette façon bizarre, cela supposerait qu'il éprouvait une sorte de jouissance dans l'humiliation ou que Salander — du moins si c'était elle qui avait réalisé le tatouage — l'avait mis dans une situation d'impuissance. Modig n'avait pas envie de spéculer sur la manière dont elle l'aurait fait.

Et Peter Teleborian avait confirmé que la violence de Lisbeth Salander se portait contre des personnes que pour diverses raisons elle considérait comme menaçantes ou qui l'auraient offensée.

Sonja Modig réfléchit un petit moment à ce que Teleborian avait dit sur Lisbeth Salander. Il avait semblé authentiquement soucieux de protéger son ancienne patiente et il ne voulait pas qu'elle soit blessée. En même temps, l'enquête était principalement basée sur la seule analyse qu'il avait faite d'elle — une désaxée sociale à la limite de la psychose.

Mais la théorie de Mikael Blomkvist était subjectivement attirante.

Elle se mordit doucement la lèvre inférieure tout en essayant de visualiser un autre scénario que celui de Lisbeth Salander en tueur solitaire. Finalement elle prit un bic et écrivit en hésitant une ligne sur un bloc-notes devant elle.

Deux motifs complètement différents ? Deux meurtriers ? Une seule arme du crime !

Une pensée fugace qu'elle n'arrivait pas à formuler lui trottait dans la tête, une question qu'elle avait l'intention de soulever lors de la prochaine réunion matinale de Bublanski. Elle n'arrivait pas vraiment à expliquer pourquoi elle se sentait tout à coup si mal à l'aise avec l'idée de Lisbeth Salander dans le rôle de tueur unique.

Ensuite, elle décida qu'elle en avait assez fait, elle déconnecta résolument l'ordinateur et enferma les disques dans le tiroir de son bureau. Elle enfila sa veste, éteignit sa lampe de travail et elle s'apprêtait à fermer sa porte à clé quand elle entendit un bruit plus loin dans le couloir. Elle fronça les sourcils. Elle pensait être la seule ce soir au bureau et elle avança dans le couloir jusqu'à ce qu'elle arrive devant le bureau de Hans Faste. Sa porte était entrouverte et elle l'entendit qui parlait au téléphone.

— Incontestablement, ça relie les choses entre elles, l'entendit-elle dire.

Elle resta indécise un court moment avant d'inspirer à fond et de frapper sur le chambranle. Hans Faste leva des yeux surpris sur elle. Elle le salua en levant deux doigts en l'air.

— Modig est toujours dans la maison, dit Faste au téléphone. Il écouta et hocha la tête sans lâcher Sonja Modig des yeux. OK . Je vais l'informer.

Puis il raccrocha.

— C'était Bubulle, expliqua-t-il. Qu'est-ce que tu veux ?

— C'est quoi qui relie les choses entre elles ? demanda-t-elle. Il la scruta.

— Tu écoutes aux portes ?

— Non, mais ta porte était ouverte et tu disais ce truc au moment où j'allais frapper.

Faste haussa les épaules.

— J'appelais Bubulle pour lui dire que le labo a enfin fourni quelque chose d'utilisable.

— Ah bon.

— Dag Svensson avait un téléphone portable avec une carte Comviq. Ils ont enfin réussi à sortir une liste des communications. Cela confirme d'une part l'appel à Mikael Blomkvist à 20 h 12. Blomkvist se trouvait encore chez sa sœur à ce moment-là.

— Bien. Mais je ne pense pas que Blomkvist ait un rapport quelconque avec les meurtres.

— Moi non plus. Mais Dag Svensson a fait un autre appel dans le courant de la soirée. A 21 h 34. La conversation a duré trois minutes.

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