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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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— Autrement dit, quelqu'un a cherché quelque chose... Jerker ?

— Il n'y a rien là-bas que nous n'ayons pas déjà saisi.

— Que nous connaissions en tout cas. Le mobile des meurtres reste toujours peu clair. Nous sommes partis de l'hypothèse que Salander est une psychopathe, mais même les psychopathes ont besoin d'un mobile.

— Qu'est-ce que tu proposes ?

— Je ne sais pas. Quelqu'un consacre un moment à passer l'appartement de Bjurman au peigne fin. Alors il faut répondre à deux questions. Premièrement : qui ? Deuxièmement : pourquoi ? Qu'est-ce que nous avons loupé ?

Le silence s'installa pour un court moment.

— Jerker...

Jerker Holmberg poussa un soupir résigné.

— D'accord. Je retourne chez Bjurman et je repasse l'appartement au peigne fin.

IL ÉTAIT 11 HEURES LE LUNDI quand Lisbeth Salander se réveilla. Elle resta une demi-heure à se prélasser au lit avant de se lever et de mettre en marche la cafetière et de se doucher. Sa toilette expédiée, elle se prépara deux grosses tartines et s'installa devant son PowerBook pour se mettre à jour de ce qui se passait dans l'ordinateur du procureur Ekström et pour lire les éditions Web de divers quotidiens. Elle nota que l'intérêt pour les meurtres d'Enskede avait diminué. Puis elle ouvrit le dossier d'enquête de Dag Svensson et lut attentivement ses notes de la confrontation avec le journaliste Per-Åke Sandström, ce micheton qui faisait le jeu de la mafia du sexe et qui savait quelque chose sur Zala. Quand elle eut fini de lire, elle se versa encore un café et s'assit dans le recoin devant la fenêtre pour réfléchir.

Vers 16 heures, elle avait fini de réfléchir.

Elle avait besoin d'argent. Elle détenait trois cartes de crédit. L'une était au nom de Lisbeth Salander et donc concrètement inutilisable. La deuxième était au nom d'Irene Nesser, mais Lisbeth évitait de l'utiliser puisqu'il lui faudrait présenter le passeport au nom d'Irene Nesser comme pièce d'identité, ce qui comportait des risques. La troisième était au nom de Wasp Enterprises, liée à un compte qui contenait plus de 10 millions de couronnes et qui pouvait être alimenté via Internet. N'importe qui pouvait utiliser la carte, mais devait évidemment montrer une pièce d'identité.

Elle alla dans la cuisine, ouvrit une boîte à gâteaux et en sortit une liasse de billets. Il lui restait 950 couronnes en liquide, ce qui était peu. Heureusement elle avait aussi 1 800 dollars américains qui traînaient depuis son retour en Suède et qu'elle pouvait changer de façon anonyme dans n'importe quel bureau de change. Ça améliorait la situation.

Elle mit la perruque d'Irene Nesser, s'habilla avec soin et fourra des vêtements de rechange et une trousse de maquillage dans un sac à dos. Ensuite, elle entreprit sa deuxième expédition hors de chez elle. Elle rejoignit Folkungagatan à pied, puis Erstagatan où elle entra chez Watski juste avant l'heure de fermeture. Elle acheta du chatterton, un palan à deux poulies et huit mètres de cordage solide en coton.

Elle prit le 66 pour revenir. A Medborgarplatsen, elle vit une femme qui attendait le bus. Tout d'abord elle ne la reconnut pas, mais une alarme tinta au fond de son crâne et elle regarda de nouveau et l'identifia comme Àsa Flemström, préposée aux salaires de la compta à Milton Security. Elle avait adopté une nouvelle coiffure plus mode. Lisbeth descendit discrètement du bus tandis que Flemström y montait. Elle regarda attentivement autour d'elle, à l'affût d'un visage qui pourrait lui sembler familier. Lisbeth passa devant l'immeuble de Bofill et rejoignit Södra Station où elle prit le train de banlieue vers le nord.

L'INSPECTRICE SONJA MODIG serra la main d'Erika Berger qui lui proposa tout de suite un café. En allant le chercher dans la kitchenette, Erika sourit devant leurs mugs dépareillés, portant tous des logos de différents partis politiques, syndicats et entreprises.

— On nous les donne dans les réunions électorales ou après des interviews, expliqua Erika Berger et elle en tendit un avec le logo des jeunes libéraux.

Sonja Modig passa trois heures devant le bureau de Dag Svensson, aidée dans sa tâche par la secrétaire de rédaction Malou Eriksson, d'une part pour comprendre de quoi parlaient le livre et l'article de Dag Svensson, d'autre part pour naviguer dans son matériel de recherche. Sonja Modig fut stupéfaite d'en découvrir l'étendue. La disparition de l'ordinateur portable de Dag Svensson avait représenté un gros handicap pour l'enquête de police, son travail leur ayant du coup paru inaccessible. En réalité, des sauvegardes de la plupart des données n'avaient pas cessé d'exister à la rédaction de Millenium.

Mikael Blomkvist n'était pas là mais Erika Berger fournit à Sonja Modig une liste des éléments qu'il avait retirés du bureau de Dag Svensson — principalement des notes concernant l'identité des sources. Modig finit par appeler Bublanski pour expliquer la situation. Il fut décidé que tout le matériel sur le bureau de Dag Svensson, y compris l'ordinateur de Millenium, serait saisi pour des raisons techniques d'investigation. Le chef de l'enquête préliminaire reviendrait pour négociation s'ils estimaient justifié d'exiger aussi les éléments mis de côté. Sonja Modig établit ensuite un protocole de saisie et se fit aider par Henry Cortez pour tout descendre dans sa voiture.

LE LUNDI SOIR, MIKAEL ressentit une profonde frustration. Depuis la semaine précédente, il avait passé en revue dix des noms que Dag Svensson avait eu l'intention de révéler. Chaque fois il s'était trouvé en face d'hommes inquiets, indignés et choqués. Il constata que le revenu moyen de ces personnes était d'environ 400 000 couronnes par an. C'était un ramassis pathétique d'hommes qui avaient peur.

A aucun moment cependant il n'avait eu l'impression que ces bonshommes lui cachaient quelque chose en relation avec les meurtres de Dag Svensson et de Mia Bergman. Au contraire ; plusieurs de ceux avec qui il avait parlé estimaient que leur situation allait plutôt devenir catastrophique quand les médias commenceraient à crier haro sur des noms, les leurs, associés aux meurtres.

Mikael ouvrit son iBook pour voir s'il avait reçu un nouveau message de Lisbeth. Ce n'était pas le cas. Par contre, dans son mail précédent elle lui avait signalé que les michetons n'avaient aucun intérêt et qu'il gaspillait son temps. Il la maudit dans des termes qu'Erika Berger aurait qualifiés à la fois de sexistes et d'innovants. Il avait faim mais n'avait aucune envie de cuisiner. Sans compter qu'à part du lait à la supérette du coin, il n'avait rien acheté à manger depuis quinze jours. Il enfila sa veste et descendit à la taverne grecque dans Hornsgatan et commanda une grillade d'agneau.

LISBETH SALANDER AVAIT INSPECTÉ la cage d'escalier, et au crépuscule avait entrepris deux tours discrets autour des bâtiments voisins. Il s'agissait de petits immeubles bas qu'elle soupçonnait fort de transmettre tous les bruits, ce qui n'arrangeait guère ses affaires. Le journaliste Per-Åke Sandström habitait un appartement d'angle au deuxième étage, c'est-à-dire le dernier. La cage d'escalier continuait jusqu'à une porte de grenier. Ça pourrait aller.

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