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L'espace de la révélation [Revelation Space - fr]

Электронная книга - «L'espace de la révélation [Revelation Space - fr]». Краткое содержание книги:

Au XXVIe siècle de notre ère… Dan Sylveste est le seul homme qui soit jamais revenu sain et sauf d’un Voile, une enclave de l’espace environnée de forces gravifiques mortelles. Obéissant à une intuition, il lance une mission d’exploration vers un monde mort : Resurgam.
La découverte d’une fabuleuse cité enfouie suscite plus de questions qu’elle n’en résout : Sylveste, qui est archéologue, déchiffre l’histoire des Amarantins, des êtres mi-hommes, mi-oiseaux. Une tribu renégate avait quitté Resurgam pour partir dans les étoiles et, peu après son retour, un mystérieux Evénement avait provoqué l’anéantissement de toute vie à la surface de la planète. Ce cataclysme, les Amarantins l’avaient anticipé… Et s’ils l’avaient eux-mêmes provoqué ?
C’est alors que l’équipage d’un gigantesque vaisseau interstellaire décrépit, le gobe-lumen Spleen de l’Infini, vient chercher Sylveste, dans l’espoir que son père, Calvin, sauvegardé après sa mort sous forme de simulation numérique, pourra « réparer » le capitaine, un « chimérique », ou cyborg, plongé en cryothermie afin de ralentir la Pourriture Fondante qui provoque chez lui des mutations monstrueuses. Mais les membres de l’équipage du Spleen de l’Infini ont chacun des intentions cachées...
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— Je n’ai rien à… Sudjic avait une rancune particulière contre vous, poursuivit-elle d’une voix manquant de conviction. Je n’ai rien à voir là-dedans.

— Non, sauf que j’avais désarmé votre scaphandre. J’étais seule à pouvoir annuler cette instruction, et j’étais trop occupée à me faire tuer pour y penser. Comment avez-vous réussi à outrepasser le verrouillage pour éliminer Sudjic ?

— Ce n’est pas moi qui l’ai fait. C’est quelqu’un d’autre, répondit Khouri avec un profond soupir. Enfin, je devrais plutôt dire quelque chose d’autre. La chose qui s’était introduite dans le scaphandre de Kjarval et l’a poussée à tenter de me tuer lors de la séance d’entraînement.

— Ce n’était pas Kjarval ?

— Non… pas vraiment. Elle n’avait peut-être pas beaucoup de sympathie pour moi, mais je suis à peu près sûre qu’elle n’avait pas l’intention de me tuer lors de cette séance d’entraînement.

Ça avait des accents de vérité, bien sûr, mais c’était quand même un peu dur à avaler.

— Alors, que s’est-il passé au juste ?

— La chose qui était dans mon scaphandre tenait à ce que je sois dans l’équipe de récupération de Sylveste. Éliminer Kjarval était la seule option.

Mouais. Elle arrivait presque à trouver ça logique. Elle ne s’était pas interrogée une seule fois sur la façon dont Kjarval était morte, tellement il paraissait normal que l’un des membres de l’équipage lui cherche noise – surtout Kjarval ou Sudjic. De même, l’une ou l’autre ne pouvait faire autrement que de se retourner contre Volyova, tôt ou tard. Et c’est exactement ce qui s’était passé, mais à présent elle voyait autre chose derrière tout ça… les ondes de propagation d’une chose qu’elle ne prétendait pas comprendre, mais qui se déplaçait avec la furtivité du requin sous la surface des événements.

— Pourquoi était-il si important que vous participiez à la récupération de Sylveste ?

— Je… Écoutez, Ilia, je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur moment. Pas alors que nous sommes si près de ce qui a détruit le Lorean, quoi que ça puisse être…

— Qu’est-ce que vous croyez ? Que je vous ai fait venir ici pour admirer la vue ? Rappelez-vous ce que je vous ai dit : tout de suite, vous avez affaire à moi, la personne qui ressemble le plus à une alliée ou à une amie à bord de ce vaisseau ; sinon, plus tard, ce sera Sajaki, avec du matériel dont vous préférez probablement ignorer l’existence.

Ce n’était pas une grande exagération, au demeurant. Les techniques d’interrogatoire de Sajaki n’étaient pas précisément le summum du raffinement.

— Bon, eh bien, je vais commencer par le début… fit Khouri, Volyova se réjouissant que ses paroles lui aient apparemment délié la langue, car sans cela elle aurait été obligée de réactualiser ses propres méthodes coercitives. Quand je vous ai dit que j’avais été dans l’armée… c’était vrai. La façon dont je suis arrivée sur Yellowstone… c’est compliqué. Je me demande encore aujourd’hui si c’était vraiment un hasard ou si elle a joué un rôle là-dedans. Tout ce que je sais, c’est qu’elle m’a repérée très tôt pour la mission.

— Qui ça, « elle » ?

— Je ne sais pas vraiment. Quelqu’un qui a beaucoup de pouvoir à Chasm City ; peut-être sur la planète entière. Elle se fait appeler la Demoiselle. Elle a pris bien soin de ne jamais me donner son nom.

— Décrivez-la-moi. Il se peut que nous la connaissions. Que nous ayons eu affaire à elle dans le passé.

— J’en doute. Elle n’était pas… elle n’était pas comme vous. Enfin, elle l’avait peut-être été dans le temps, mais elle ne l’était plus. J’ai eu l’impression qu’elle était depuis longtemps à Chasm City. Mais elle n’a obtenu son pouvoir qu’après la Pourriture Fondante.

— Elle aurait pris le pouvoir et je n’aurais pas entendu parler d’elle… ?

— C’était l’essence même de son pouvoir. Il n’était pas apparent. Elle n’avait pas besoin qu’on ait conscience de sa présence pour obtenir que les choses soient faites. Elle se contentait de provoquer les événements. Elle n’était même pas riche – mais elle contrôlait plus de ressources que quiconque sur la planète, par son entregent. Pas assez pour se procurer un vaisseau, cela dit, et c’est pour ça qu’elle avait besoin de vous.

Volyova hocha la tête.

— Vous avez dit qu’elle avait peut-être été comme nous, autrefois. Qu’entendez-vous par là ?

Khouri hésita à son tour.

— Je ne sais pas trop. Mais l’homme qui travaillait pour elle – un dénommé Manoukhian – était un Ultra, c’est certain. Il a lâché assez d’indices pour me faire comprendre qu’il l’avait trouvée dans l’espace.

— Trouvée… sauvée, vous voulez dire ?

— C’est l’impression que j’ai eue. Et puis il y avait ces sculptures en éclats de métal déchiquetés… Enfin, au début, j’ai pensé que c’étaient des sculptures. Par la suite, je me suis dit que ça ressemblait à des bouts d’épave de vaisseau spatial qu’elle aurait gardés en souvenir de je ne sais quoi.

Ça lui disait vaguement quelque chose, mais quoi ? Volyova n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Quoi qu’il en soit, le souvenir n’affleura pas au niveau de sa conscience.

— Vous l’avez vue ? À quoi ressemblait-elle ?

— Non. J’ai vu une projection d’elle, mais elle n’était pas forcément fidèle. Elle vivait dans un palanquin, comme tous ces hermétiques.

Volyova connaissait un peu les hermétiques.

— Ça n’en était pas forcément une. Le palanquin n’était peut-être qu’un moyen de dissimuler son identité. Dommage que nous n’en sachions pas plus long sur ses origines… ce Manoukhian ne vous a rien dit d’autre ?

— Non. J’ai eu l’impression qu’il aurait bien voulu, mais il a réussi à ne rien me révéler d’utile.

Volyova se pencha vers elle.

— Pourquoi dites-vous qu’il aurait bien voulu vous parler ?

— Parce que c’était son style. Le type n’arrêtait pas de bavarder, de me raconter ses exploits, de me parler de tous les gens célèbres qu’il connaissait. Mais rien qui ait un rapport avec la Demoiselle. Ça, c’était un sujet tabou ; peut-être parce qu’il était encore à son service. Mais je voyais bien que ça le démangeait de m’en dire plus long.

Volyova tapota sur la console du bout des doigts.

— Il a peut-être trouvé le moyen de le faire.

— Je ne comprends pas.

— Ça ne m’étonne pas. Il n’avait pas à vous le dire, mais je pense qu’il a trouvé le moyen de vous parler quand même. Je n’en ai pas encore la certitude, évidemment…

Le processus mémoriel qui s’était mis en route un instant plus tôt avait porté ses fruits, et ça lui était revenu : au moment du recrutement de Khouri, peu après son arrivée à bord, elle l’avait soumise à un examen…

Khouri la regarda.

— Vous avez trouvé quelque chose sur moi, hein ? Quelque chose que Manoukhian m’avait implanté ?

— Oui. Ça avait l’air anodin, au départ. Par bonheur, j’ai un curieux trait de caractère, assez répandu chez les scientifiques : je ne jette jamais, jamais rien.

C’était vrai. Se débarrasser des choses qu’elle avait trouvées aurait été beaucoup plus compliqué que de les garder dans son labo. Ça paraissait sans intérêt, sur le coup – il ne s’agissait que d’une écharde, après tout –, mais, grâce à cette manie, elle allait pouvoir analyser la composition du fragment de métal qu’elle avait ôté du crâne de Khouri.

— Si j’ai vu juste, si c’est bien Manoukhian qui vous a implanté ça, il se peut que ça nous révèle quelque chose sur la Demoiselle. Peut-être son identité, qui sait ? Mais vous ne m’avez pas encore dit ce qu’elle attendait de vous. Nous savons déjà que Sylveste est concerné, d’une façon ou d’une autre…

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