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Электронная книга - «Monsieur Lecoq». Краткое содержание книги:

Le précurseur, français, de Sherlock Holmes…
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Le domestique se retirait abasourdi…

– Attends!… cria-t-il encore. Qu’on monte à cheval et qu’on aille dire à mon fils d’accourir ici, bride abattue… Qu’on prenne mes meilleurs chevaux… On peut aller à Sairmeuse et en revenir en deux heures…

Chupin le tirait par le pan de sa redingote; il se retourna:

– Qu’est-ce encore?…

Le vieux maraudeur mit le doigt sur ses lèvres, commandant ainsi le silence; mais dès que le valet fut sorti:

– Inutile, monseigneur, dit-il, d’envoyer chercher M. le marquis?

– Et pourquoi, maître drôle?

– C’est que, monseigneur, c’est que, excusez-moi, je vous suis dévoué…

– Jarnibieu!… parleras-tu?…

Positivement, Chupin regrettait de s’être tant avancé…

– Alors donc, bégaya-t-il… monsieur le marquis…

– Eh bien?…

– Il en est!…

D’un formidable coup de poing, M. de Sairmeuse renversa la table.

– Tu mens, misérable!… hurla-t-il, en jurant à faire tomber le crépi du plafond, tu mens!…

Il était à ce point menaçant et terrible que le vieux maraudeur bondit jusqu’à la porte, dont il tourna le bouton, prêt à s’enfuir.

– Que j’aie le cou coupé si je ne dis pas vrai, insista-t-il… Ah! la fille à Lacheneur est une fière enjôleuse, tous ses galants en sont, Chanlouineau, le petit d’Escorval, le fils de Monseigneur et les autres…

M. de Sairmeuse commençait à vomir un torrent d’injures contre Marie-Anne quand son valet de chambre rentra…

Il se tut, endossa son uniforme, ordonna à Chupin de le suivre et s’élança dehors.

Il espérait encore que Chupin exagérait, mais quand il arriva sur la place d’Armes, d’où on découvrait une grande étendue de pays, ses dernières illusions s’envolèrent.

L’horizon flamboyait. Montaignac était comme entouré d’un cercle de flammes.

– C’est le signal!… murmura le vieux maraudeur, c’est l’ordre de se mettre en route pour la noce, comme ils disent dans la lettre. Ils seront aux portes de la ville vers deux heures du matin…

Le duc ne répondit pas. Il ne lui restait plus qu’à se concerter avec M. de Courtomieu.

Il se dirigeait à grands pas vers la maison du marquis, lorsqu’en tournant court la rue de la Citadelle, il distingua sous une porte deux hommes qui causaient, et qui, à la vue de ses épaulettes brillant dans la nuit, prirent la fuite…

Instinctivement il s’élança à leur poursuite et en atteignit un qu’il saisit au collet.

– Qui es-tu?… interrogea-t-il; ton nom?

Et l’homme se taisant, il le secoua si rudement que deux pistolets qu’il tenait cachés sous sa redingote tombèrent à terre.

– Ah! brigand!… s’écria M. de Sairmeuse, tu conspires!…

Aussitôt, sans un mot, il traîna cet homme au poste de la Citadelle, le jeta aux soldats stupéfiés et se précipita chez M. de Courtomieu.

Il pensait terrifier le marquis. Point. Lui avait été bouleversé, son ami sembla ravi.

– Enfin!… prononça-t-il, voici donc une occasion de faire éclater notre dévouement et notre zèle!… Et sans danger!… Nous avons de bonnes murailles, des portes solides, 3 000 hommes de troupes!… Ces paysans sont fous!… Mais bénissez leur folie, cher duc, et courez faire monter à cheval les chasseurs de Montaignac…

Mais une pensée soudaine l’assombrit, il se gratta le front et ajouta:

– Diable!… et moi qui attends Blanche ce soir!… Elle a dû quitter Courtomieu après dîner… Pourvu qu’il ne lui arrive pas malheur!…

XXI

Le duc de Sairmeuse et le marquis de Courtomieu avaient devant eux plus de temps qu’ils ne croyaient.

Les paysans s’avançaient, mais non si vite que l’avait dit Chupin.

Deux de ces circonstances qui, fatalement, échappent aux prévisions humaines, devaient disloquer le plan de Lacheneur…

Debout, au sommet de la lande, un peu en avant des siens, Lacheneur avait compté les feux qui répondaient à l’incendie qu’il venait d’allumer.

Leur nombre répondait à ses espérances, il eut une exclamation de joie.

– Tous nos amis, s’écria-t-il, nous tiennent parole… Ils sont prêts, ils se mettent en route!… Partons donc, nous qui devons être les premiers au rendez-vous!…

On lui amena son cheval, et déjà il avait le pied à l’étrier quand deux hommes s’élancèrent des genêts voisins et bondirent jusqu’à lui. L’un d’eux saisit le cheval par la bride.

– L’abbé Midon!… fit Lacheneur abasourdi; M. d’Escorval!…

Et prévoyant peut-être ce qui allait arriver, il ajouta d’un ton de fureur concentrée:

– Que me voulez-vous encore, tous deux?

– Nous voulons empêcher l’accomplissement d’une œuvre de délire!… s’écria M. d’Escorval. La haine vous égare, Lacheneur!

– Eh! monsieur, vous ne savez rien de mes projets!

– Pensez-vous donc que je ne les devine pas?… Vous espérez vous emparer de Montaignac…

– Que vous importe!… interrompit violemment Lacheneur…

Mais M. d’Escorval n’était pas homme à se laisser imposer silence.

Il saisit le bras de son ancien ami, et d’une voix forte, de façon à être entendu par tous les gens du groupe, il poursuivit:

– Insensé!… Vous oubliez donc que Montaignac est une place de guerre, défendue par de profonds fossés et de hautes murailles… Vous oubliez donc que derrière ces fortifications est une garnison nombreuse commandée par un homme à qui on ne saurait refuser une rare énergie et une indomptable bravoure: le duc de Sairmeuse.

Lacheneur se débattait, essayant de se dégager.

– Tout a été prévu, répondit-il, et on nous attend à Montaignac. Vous en seriez sûr si, comme moi, vous aviez vu briller une lumière aux fenêtres de la citadelle. Et, tenez… regardez, on l’aperçoit encore. Elle m’annonce, cette lumière, que deux à trois cents officiers en demi-solde viendront nous ouvrir les portes de la ville, dès que nous paraîtrons…

– Et après!… Je veux admettre l’impossible; vous prenez Montaignac. Que faites-vous ensuite? Pensez-vous que les Anglais vous rendront l’empereur? Napoléon II n’est-il pas prisonnier des Autrichiens? Ne vous souvient-il pas que les souverains coalisés ont laissé 130 000 soldats à une journée de marche de Paris?

De sourds murmures se faisaient entendre parmi les amis de Lacheneur.

– Cependant tout ceci n’est rien, continua le baron, vous ignorez ce que savent à cette heure les enfants, que toujours et quand même, dans une entreprise comme la vôtre, il y a autant de traîtres que de dupes…

– Qui appelez-vous dupes, monsieur?…

– Tous ceux qui, comme vous, prennent leurs illusions pour des réalités; tous ceux qui, parce qu’ils souhaitent fortement une chose, s’imaginent que cette chose est. Espérez-vous véritablement que ni le marquis de Courtomieu ni le duc de Sairmeuse n’ont été prévenus?…

Lacheneur haussa les épaules.

– Qui donc les aurait avertis? fit-il.

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