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La Mythologie dans l'art ancien et moderne

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La Mythologie dans l'art ancien et moderne
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In joli bas-relief sculpté autour d'un cratère du musée de Naples montre Ino, à qui Mercure, suivi de satyres et de ménades, apporte le divin enfant. Derrière Ino, se tiennent debout son époux Athamas et ses deux sœurs. Agave et Autonoé (fig. 531).

" Ino confia Bacchus à la garde particulière de la nymphe Mystis, la Si<]onienne Mystis à la riche chevelure, que Cadmus avait élevée dès son enfance pour le service intime d'ino. C'est elle qui détachait l'enfant du sein où il puisait sa divine nourriture, et le renfermait dans un ténébreux réduit. Mais la lumière resplendissante de son front annonçait assez d'elle-même le rejeton de Jupiter : les murs les plus obscurs du palais s'illuminaient, et l'éclat de cet invisible Bacchus dissipait toutes les ombres. Ino, pendant toute la nuit, assistait aux jeux de l'enfanl; et souvent Mélicerte, se hâtant d'un pas incertain, rampait vers Bacchus, qui balbutiait le cri d'Evohé, et venait presser de ses lèvres rivales la mamelle voisine. Après le lait de sa maîtresse, Mystis donnait au jeune dieu ses autres aliments et veillait sur lui sans jamais s'abandonner au sommeil. Habile dans son zèle intelligent, et exercée dans l'art mystique dont elle portait le nom, c'est elle qui institua les tètes nocturnes de Bacchus ; c'est elle qui, pour chasser le sommeil loin des initiations, inventa le tambourin, les grelots bruyants et le double airain des cymbales retentissantes. La première, elle alluma les torches de mélèze pour éclairer les danses de la nuit, et fit résonner Evohé en l'honneur de Bacchus ami de l'insomnie. La première aussi, courbant les tiges de fleurs en guirlandes, elle ceignit sa chevelure déployée d'un bandeau de pampres, et tressa le lierre autour du thyrse; puis elle en cacha la pointe de fer sous le feuillage, pour que le dieu n'en fut pas blessé. Elle voulutque les phallus d'airain fussent attachés sur les poitrines nues des femmes, et les peaux de cerfs sur leurs flancs ; elle inventa le rite de la corbeille mystique, toute pleine des instruments de la divine initiation, jouets de l'enfance de Bacchus et la première elle attacha autour du corps ces courroies entrelacées de reptiles, où le serpent forme ses replis sur la ceinture doublée. » (Nonnos.)

<< Ce fut là, sous la garde et sous les nombreux verrous de la discrète Mystis, dans un coin du palais, que les regards infaillibles de la

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àT8 BAGCHUS ET SON CORTEGE.

soii|i(;onneuse Jiinon dccouvrircnl Bacclius. VAc jura alors j)ar l'oiulo infernale et Acngeresse diiStyv (rinoiidei- de malheurs la maison d'ino ; et sans doule elle eût exterminé le fils de Jupiter lui-même, si Mercure ne l'eùl jtromptement emporlé dans les hauteurs de la foret de Cybèle ; Junon y courut aussi de toute la vitesse de ses pieds mal alî'ermis dans les airs. Mais Mercure arriva avant elle, et porta sur ses bras entrelacés le diiMi cornu à la déesse. » (^o^■^"Os.)

Ino et Palémon. — Cependant Junon, qui n'avait pu frapper Bac-chus. poursuivit de sa colère ceux qui étaient attachés à ce dieu.

La mort de Sémélé, mère de Bacchus, ne lui suffisait pas : elle voulut encore frapper Ino, la sœur de Sémélé, qui avait servi de nourrice à Bacchus. Ino était tière d'être la fille de Cadmus et la femme d'Atha-mas, roi de Thèbes. dont elle avait eu plusieurs enfants. Junon descendit aux enfers trouver Tisiphone, une des Furies, et lui ordonna de IVappei- dune folie furieuse Athamas et Ino. La servante de Junou

Fig. ii'^'i. — Ino et son fils (d'après une monnaie de Corintlie).

n'est pas plutôt entrée dans le palais, que le roi et la reine ressentent les terribles effets de sa visite. Athamas , saisi d'une fureur subite, court au milieu du palais, criant de toute sa force : « Courage! compagnons, tendez les filets dans cette foret ; je viens d'apercevoir une lionne avec ses deux lionceaux. » Après ce discours, il se meta poursuivre la reine ({uil prend pour une bête féroce : il arrache d'entre ses bras le jeune Léarque, son fils, qui, riant de l'emportement de son père, lui tendait les bras^ et l'ayant fait pirouetter deux ou trois fois, il le jette contre une muraille oii il est écrasé. Ensuite il met le feu à son palais, ino. saisie d'une pareille fureur, soit que ce fût l'etîet de la douleur que lui causait la mort de son fils, ou du poison fatal que Tisiphone avait répandu sur elle, pousse d'horribles cris, portant dans ses bras le jeune Mélicerte, en criant : Evohe Bacchus ! iwnon sourit lorsqu'elle entendit prononcer le nom de ce dieu. « Que ton nourrisson, lui dit-elle, te prête secours pour l'entretenir dans la fureur qui te possède. -

Sur le bord de la mer est un rocher escarpé, dont le fond sert de

LA NAISSANCE DE BACCHUS.

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retraite aii eaii (|Mi l'ont creusé ; le haut est hérissé de jtoiules et s'étend l'oi-t avant dans la mer; Ino, à qui la fureur donnait de noii-elles forces, monte sur ce rocher et se précipite avec son fils Mclicerte : les flots qui la reçoivent se couvrent d'écume et l'engloutissent. (Ovu>f..)

Fig. .')'-ii. — l'ali'inoii sni' le (liuiphiii (d'aiirès uik^ miiiiihiii' ;Milii|Uc .

Vénus, qui était alliée a la famille de Cadmus par sa lille Harmonii*. alla trouver Neptune, et, par leurs soins, Ino et Mélicerte, en perdant ce qu'ils avaient de mortel, devinrent des divinités marines. Ino prit alors le nom de Leucothée et Mélicerte celui de Palémon. P]usieur>

l''ii;'. ,'i3â. — [.OUCOtlléc.

nionuements retracent cette aventure. Sui- une monnaie de (loiinlhe, on voit Ino présentant à Neptune son tils Mélicerte, et sur une autr(< on voit Mélicerte porté sur un dauphin (fîg. 533 et 534).

Enfin une superbe statue antique représente Leucothée, sous la forme d'Ino, nourrice de Bacchus, tenant dans ses l»ras le divin nouri-issou (fig. 535).

Aussitôt que le bruit de ces événements se répandit dans la ville, les dames thébaines coururent au bord de la mer pour chercher leur

;)80 BAGGHUS Eï SON CORTEGE.

reine, et, marchant snr ses traces, clleg arrivèrent sur le rocher ddii elle s'était j)réci|>itée. Dans ralTliction que leur cause une aventure si tragique, elles déchirent leurs habits, s'arrachent les cheveuv, et déplorant les malheurs de l'infortunée maison de Cadnius, elles s'en prennent à Junon, et lui reprochent son injustice et sa cruauté.

l.a déesse, se sentant piquée de leurs plaintes : «Vous allez être vous-mêmes, leur dit-elle, les exemples les plus terribles de cette cruauté (jue vous me reprochez. » L'efîet suivit de près la menace. Celle qui avait été la plus attachée à Ino, prête à se jeter dans la mer, devient immobile et se trouve piisc au rocher. Une autre, tandis ([u'elle se meurtrit le sein, sent ses bras devenir raides et inflexibles. Une troisième avait les bras tendus vers la mer, et ils demeurent dans la même situation. Une dernière s'arrachait les cheveux avec les mains; ses mains et ses cheveux sont changés en rocher. La plupart subissent un changement analogue et demeurent dans la même attitude où elles s'étaient trouvées au moment de leur métamorphose. Les autres compagnes de la reine, changées en oiseaux, voltigent depuis ce temps-là dans ce même endroit et y rasent l'onde du bout de leurs ailes

CHAPITRE Vl

KDUCATION DE BACCHUS.

M.mtIui ( liczr.vhèlo. — I/enfîince de Bacchus. — Bacchus et Ampéln^

Bacchus et les satyre:

Bacchus chez Gybéle. — Nous avons u que le jeune dieu, apirs bien des péripéties, finit par être amené à Cybèle.

Un bas-relief du Louvre nous montre une variante du récit de Non-nos. On y voit Cybèle ou Rhéa, avec la tète couronnée de tours, qui accueille'le jeune Bacchus; seulement, au lieu de Mercure, ce sont les nymphes qui présentent l'enfant à la déesse qu'on ne voit qu'cà mi-corps, parce qu'elle sort de la terre dont elle est la personnification. Jupiter assiste à la scène et regarde son fils d'un œil satisfait (fif?. 536).

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