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Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]

Электронная книга - «Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]». Краткое содержание книги:

Apostat. Fugitif. Conquérant.
Il s’appelle Julian Comstock ; il est le neveu du président des États-Unis.
Son père, le général Bryce Comstock, a été pendu pour trahison (on murmure qu’il était innocent de ce crime).
Julian est né dans une Amérique à jamais privée de pétrole, une Amérique étendue à soixante états, tenue de main de maître par l’Église du Dominion. Un pays en ruine, exsangue, en guerre au Labrador contre les forces mitteleuropéennes. Un combat acharné pour exploiter les ultimes ressources naturelles nord-américaines.
On le connaît désormais sous le nom de Julian l’agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Ceci est l’histoire de ce qu’il a cru bon et juste, l’histoire de ses victoires et défaites, militaires et politiques.
Fresque post-apocalyptique, western du XXIIe siècle, fulgurant hommage à Mark Twain, Julian est le plus atypique des romans de Robert Charles Wilson. Une réussite majeure et une critique sans concession des politiques environnementales actuelles.
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L’armée des Laurentides ne pouvait satisfaire toutes ces conditions, de même qu’elle ne pouvait aisément obtenir le consentement de sa lointaine consœur, l’armée des Deux Californies, bien davantage contrôlée par le Dominion que celle de l’Est. La nécessité de remplacer Deklan le Conquérant était toutefois communément admise. On finit par trouver une solution temporaire. Deklan n’ayant aucun enfant, on pouvait soutenir que, en vertu de la succession dynastique autorisée par le 52e amendement de la Constitution[88], le pouvoir revenait à son héroïque neveu Julian… qui se trouvait à ce moment-là pris dans le siège de Striver et ne compliquerait pas la situation en acceptant ou en refusant. Julian était ainsi devenu une figure de proue, presque une abstraction, et acceptable en tant que telle, jusqu’à ce que le tyran fût traîné hors de la salle du trône par les soldats et claquemuré dans une prison au sous-sol.

Julian avait toutefois survécu au siège et comme il avait été secouru par les efforts opiniâtres de l’amiral Fairfield, l’abstrait menaçait à présent de devenir d’une inconfortable réalité. S’il avait été tué, un autre arrangement aurait été trouvé, peut-être plus satisfaisant pour tout le monde. Sauf que Julian le Conquérant vivait… et il suscitait de si puissants sentiments au sein du grand public que ne pas l’installer à la présidence aurait déclenché des émeutes.

Voilà pourquoi il avait été entouré, durant sa convalescence et son retour à New York, d’une phalange de conseillers militaires, de consultants civils, d’employés flagorneurs et de mille autres types de manipulateurs ou de chasseurs de poste. Je n’avais eu que peu d’occasions de converser en privé avec lui, et dès notre arrivée à Manhattan, il s’est retrouvé prisonnier d’une foule de sénateurs et de soldats enrubannés qui l’ont emporté en direction du palais présidentiel : je n’ai même pas pu lui dire au revoir ni convenir d’une nouvelle rencontre.

Ce n’était toutefois pas un problème urgent : je pensais surtout à Calyxa. Je lui avais écrit plusieurs lettres depuis l’hôpital à Saint-Jean, et même télégraphié, mais elle n’avait pas répondu et je craignais le pire.

Je me suis rendu à la luxueuse demeure en grès brun d’Emily Baines Comstock, où j’avais confié Calyxa à la mère de Julian. Cela m’a réconforté de voir cette construction familière apparemment inchangée baigner dans le crépuscule de Manhattan, aussi solide que jamais et avec une douce lueur de lanterne derrière ses rideaux tirés.

Quand je me suis approché de l’allée, un soldat est toutefois sorti de l’ombre, la main levée. « Entrée interdite. »

Ces paroles ahurissantes m’ont indigné dès que j’ai été certain de les avoir correctement comprises. « Hors de mon chemin. C’est un ordre », ai-je ajouté, puisque mes galons de colonel étaient intacts et parfaitement visibles.

Le soldat a blêmi, mais n’a pas bougé. C’était un jeune homme, sans doute une nouvelle recrue, un garçon bailleur extrait d’une Propriété du Sud, à en juger par son accent. « Désolé, mon colonel, mais j’ai des ordres… des ordres très stricts, de ne laisser entrer personne sans autorisation.

— Mon épouse est dans cette maison, ou y était, ou devrait y être… Que faites-vous ici, au nom du ciel ?

— J’empêche qu’on entre ou qu’on sorte, mon colonel.

— Pour quelle raison ?

— Ordonnance de Quarantaine ecclésiastique.

— Vous m’en direz tant ! Ce qui signifie ?

— Je ne sais pas trop, mon colonel, a avoué le soldat. Je suis nouveau.

— Eh bien, d’où émanent ces ordres ?

— Directement de mon officier supérieur au quartier général de la Cinquième Avenue, mais je crois que ça a un rapport avec le Dominion. “Ecclésiastique”, ça signifie “église”, non ?

— Je pense, oui… Qui est à l’intérieur, que vous gardez si résolument ?

— Rien que deux femmes. »

Mon cœur a manqué un battement, mais j’ai fait semblant de garder une certaine distance. « Vos dangereux prisonniers sont des prisonnières ?

— Je leur remets des colis de nourriture de temps en temps… Ce sont des femmes, oui mon colonel, une jeune et une vieille. Je ne sais rien de leurs crimes. Elles n’ont pas l’air odieuses, ni particulièrement dangereuses, même s’il leur arrive d’être irritables, surtout la jeune… elle parle peu, mais quand elle parle, ça fait mal.

— Elles sont à l’intérieur, en ce moment ?

— Oui, mon colonel, mais comme je l’ai dit, on n’entre pas. »

Je n’ai pu me contenir plus longtemps. J’ai crié le nom de Calyxa de toute la puissance de mes poumons.

Le garde a eu un mouvement de recul et j’ai vu sa main s’aventurer à proximité du pistolet qu’il portait à la hanche. « Je ne pense pas que ce soit autorisé, mon colonel !

— Vos ordres indiquent-ils d’empêcher un officier en uniforme de crier dans la rue ?

— Je ne crois pas, pas expressément, mais…

— Alors suivez expressément vos ordres tels qu’ils sont écrits : gardez la porte si vous le devez, mais n’improvisez pas et ne portez aucune attention à ce qui se passe sur le trottoir : les trottoirs de New York ne vous concernent pas pour le moment.

— Mon colonel », a répondu le jeune homme en rougissant, mais il ne m’a pas contredit et j’ai crié encore plusieurs fois le nom de Calyxa jusqu’à ce que la tête de mon épouse bien-aimée apparût enfin à une fenêtre à l’étage.

J’ai eu du mal à maîtriser ma joie de la revoir. J’avais si souvent imaginé ce moment, durant la longue campagne de Goose Bay ! Évoquée durant un demi-sommeil, la silhouette de Calyxa était devenue une déité en direction de laquelle je m’inclinais de manière aussi prévisible qu’un mahométan vers La Mecque. Là-haut, à la fenêtre de la maison de grès de Mme Comstock, elle semblait au moins aussi belle que toutes mes visions d’elle, bien qu’un peu plus impatiente, ce qui n’avait rien de surprenant.

J’ai crié une fois de plus son nom, juste pour en sentir la vibration dans ma gorge.

« Oui, c’est moi, a-t-elle répondu.

— Je suis rentré de la guerre !

— Je vois ça ! Tu ne peux pas entrer ?

— Il y a un garde à la porte !

— C’est bien là le problème ! » Calyxa s’est retournée un instant, puis a réapparu. « Mme Comstock est là aussi, mais elle n’aime pas crier à la fenêtre… elle te passe le bonjour.

— Pourquoi êtes-vous enfermées ? Ce sont les ennuis avec le Dominion dont tu m’as parlé dans ta lettre ?

— L’histoire est trop longue pour qu’on la braille dans la rue, mais le diacre Hollingshead est derrière tout ça.

— Julian ne laissera pas durer cette situation !

— J’espère qu’il en entendra bientôt parler, dans ce cas. »

Durant cet échange, le soldat de garde m’a regardé bouche bée avec une curiosité non dissimulée. Une telle attention me déplaisait. Je voulais interroger Calyxa sur notre enfant, je voulais lui déclarer mon amour, mais j’étais gêné par le manque d’intimité et par la recrue qui me dévisageait. « Calyxa ! ai-je appelé. Il faut que je te dise… mes sentiments d’affection pour toi restent intacts…

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88

Et non le 53e, comme beaucoup se l’imaginent. C’est le 52e amendement qui a autorisé la succession dynastique, le 53e a aboli la Cour suprême.

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