Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » Le vicomte de Bragelonne Tome II
Le vicomte de Bragelonne Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vicomte de Bragelonne Tome II

Электронная книга - «Le vicomte de Bragelonne Tome II». Краткое содержание книги:

Dernière page de l'histoire des quatre amis, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis… Le règne de Louis XIV commence, chacun a vieilli et évolué, mais conserve sa personnalité d'autrefois. Dans ce livre, le héros est le vicomte de Bragelonne, qui n'est autre que le fils d'Athos, mais les anciens mousquetaires ne sont jamais loin quand il s'agit d'intrigues et d'aventures…
1 ... 108 109 110 111 112 113 114 115 116 ... 143
Перейти на страницу:

– Eh bien! après?

– Eh bien! monseigneur, c’est à cette petite fille qu’il faut que vous rendiez une visite ce soir.

– Bah! et comment?

– Et, de plus, c’est à cette petite fille qu’il faut que vous donniez vos camées.

– Allons donc!

– Vous savez, monseigneur, que je suis de bon conseil.

– Mais cet imprévu…

– C’est mon affaire. Vite une cour en règle à la petite La Vallière, monseigneur. Je me ferai garant près de Mme de Bellière que c’est une cour toute politique.

– Que dites-vous là, mon ami, s’écria vivement Fouquet, et quel nom avez vous prononcé?

– Un nom qui doit vous prouver, monsieur le surintendant, que, bien instruit pour vous, je puis être aussi bien instruit pour les autres. Faites la cour à la petite La Vallière.

– Je ferai la cour à qui vous voudrez, répondit Fouquet avec le paradis dans le cœur.

– Voyons, voyons, redescendez sur la terre, voyageur du septième ciel, dit Aramis; voici M. de Colbert. Oh! mais il a recruté tandis que nous lisions; il est entouré, loué, congratulé; décidément, c’est une puissance.

En effet, Colbert s’avançait escorté de tout ce qui restait de courtisans dans les jardins, et chacun lui faisait, sur l’ordonnance de la fête, des compliments dont il s’enflait à éclater.

– Si La Fontaine était là, dit en souriant Fouquet, quelle belle occasion pour lui de réciter la fable de la grenouille qui veut se faire aussi grosse qu’un bœuf.

Colbert arriva dans un cercle éblouissant de lumière; Fouquet l’attendit impassible et légèrement railleur.

Colbert lui souriait aussi; il avait vu son ennemi déjà depuis près d’un quart d’heure, il s’approchait tortueusement.

Le sourire de Colbert présageait quelque hostilité.

– Oh! oh! dit Aramis tout bas au surintendant, le coquin va vous demander encore quelques millions pour payer ses artifices et ses verres de couleur.

Colbert salua le premier d’un air qu’il s’efforçait de rendre respectueux.

Fouquet remua la tête à peine.

– Eh bien! monseigneur, demanda Colbert, que disent vos yeux? Avons nous eu bon goût?

– Un goût parfait, répondit Fouquet, sans qu’on pût remarquer dans ces paroles la moindre raillerie.

– Oh! dit Colbert méchamment, vous y mettez de l’indulgence… Nous sommes pauvres, nous autres gens du roi, et Fontainebleau n’est pas un séjour comparable à Vaux.

– C’est vrai, répondit flegmatiquement Fouquet, qui dominait tous les acteurs de cette scène.

– Que voulez-vous, monseigneur! continua Colbert, nous avons agi selon nos petites ressources.

Fouquet fit un geste d’assentiment.

– Mais, poursuivit Colbert, il serait digne de votre magnificence, monseigneur, d’offrir à Sa Majesté une fête dans vos merveilleux jardins… dans ces jardins qui vous ont coûté soixante millions.

– Soixante-douze, dit Fouquet.

– Raison de plus, reprit Colbert. Voilà qui serait vraiment magnifique.

– Mais, croyez-vous, monsieur, dit Fouquet, que Sa Majesté daigne accepter mon invitation?

– Oh! je n’en doute pas, s’écria vivement Colbert, et je m’en porterai caution.

– C’est fort aimable à vous, dit Fouquet. J’y puis donc compter?

– Oui, monseigneur, oui, certainement.

– Alors, je me consulterai, dit Fouquet.

– Acceptez, acceptez, dit tout bas et vivement Aramis.

– Vous vous consulterez? répéta Colbert.

– Oui, répondit Fouquet, pour savoir quel jour je pourrai faire mon invitation au roi.

– Oh! dès ce soir, monseigneur, dès ce soir.

– Accepté, fit le surintendant. Messieurs, je voudrais vous faire mes invitations; mais vous savez que, partout où va le roi, le roi est chez lui, c’est donc à vous de vous faire inviter par Sa Majesté.

Il y eut une rumeur joyeuse dans la foule.

Fouquet salua et partit.

– Misérable orgueilleux! dit Colbert, tu acceptes, et tu sais que cela te coûtera dix millions.

– Vous m’avez ruiné, dit tout bas Fouquet à Aramis.

– Je vous ai sauvé, répliqua celui-ci, tandis que Fouquet montait les degrés du perron et faisait demander au roi s’il était encore visible.

Chapitre CXXI – Le commis d’ordre

Le roi, pressé de se retrouver seul avec lui-même pour étudier ce qui se passait dans son propre cœur, s’était retiré chez lui, où M. de Saint-Aignan était venu le retrouver après sa conversation avec Madame.

Nous avons rapporté la conversation.

Le favori, fier de sa double importance, et sentant que, depuis deux heures, il était devenu le confident du roi, commençait, tout respectueux qu’il était, à traiter d’un peu haut les affaires de cour, et, du point où il s’était mis, ou plutôt où le hasard l’avait placé, il ne voyait qu’amour et guirlandes autour de lui.

L’amour du roi pour Madame, celui de Madame pour le roi, celui de de Guiche pour Madame, celui de La Vallière pour le roi, celui de Malicorne pour Montalais, celui de Mlle de Tonnay-Charente pour lui, Saint-Aignan, n’était-ce pas véritablement plus qu’il n’en fallait pour faire tourner une tête de courtisan?

Or, Saint-Aignan était le modèle des courtisans passés, présents et futurs.

Au reste, Saint-Aignan se montra si bon narrateur et appréciateur si subtil, que le roi l’écouta en marquant beaucoup d’intérêt, surtout quand il conta la façon passionnée avec laquelle Madame avait recherché sa conversation à propos des affaires de Mlle de La Vallière.

Quand le roi n’eût plus rien ressenti pour Madame Henriette de ce qu’il avait éprouvé, il y avait dans cette ardeur de Madame à se faire donner ces renseignements une satisfaction d’amour-propre qui ne pouvait échapper au roi. Il éprouva donc cette satisfaction, mais voilà tout, et son cœur ne fut point un seul instant alarmé de ce que Madame pouvait penser ou ne point penser de toute cette aventure.

Seulement, lorsque Saint-Aignan eut fini, le roi, tout en se préparant à sa toilette de nuit, demanda:

– Maintenant, Saint-Aignan, tu sais ce que c’est que Mlle de La Vallière, n’est-ce pas?

– Non seulement ce qu’elle est, mais ce qu’elle sera.

– Que veux-tu dire?

– Je veux dire qu’elle est tout ce qu’une femme peut désirer d’être, c’est-à-dire aimée de Votre Majesté; je veux dire qu’elle sera tout ce que Votre Majesté voudra qu’elle soit.

– Ce n’est pas cela que je demande… Je ne veux pas savoir ce qu’elle est aujourd’hui ni ce qu’elle sera demain: tu l’as dit, cela me regarde, mais ce qu’elle était hier. Répète-moi donc ce qu’on dit d’elle.

– On dit qu’elle est sage.

– Oh! fit le roi en souriant, c’est un bruit.

– Assez rare à la cour, Sire, pour qu’il soit cru quand on le répand.

– Vous avez peut-être raison, mon cher… Et de bonne naissance?

– Excellente; fille du marquis de La Vallière et belle-fille de cet excellent M. de Saint-Remy.

1 ... 108 109 110 111 112 113 114 115 116 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)