La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]
- Автор: Ларссон Стиг
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: ACTES SUD
- ISBN: 2742765018
- Переводчик: Lena Grumbach
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
Je t'en prie. C'est important.
Elle n'avait pas répondu.
Tard dans la nuit du samedi au dimanche, Mikael arrêta son ordinateur, se déshabilla et se glissa dans le lit. Il se sentait frustré, il aurait aimé qu'Erika Berger soit avec lui.
IV TERMINATOR MODE 24 mars au 8 avril
La racine d'une équation est un nombre qui, remplaçant l’inconnue, fait de l’équation une identité. On dit que la racine satisfait à l’équation.
Pour résoudre une équation, on doit en déterminer toutes les racines. Quand une équation est satisfaite par toutes les valeurs imaginables des inconnues, on parle d'identité.
(a + b)2 = a2 + 2ab + b2
21
JEUDI SAINT 24 MARS — LUNDI 4 AVRIL
LISBETH SALANDER PASSA la première semaine de sa cavale loin de tous les événements dramatiques. Elle restait tranquillement dans son appartement dans Fiskaregatan à Mosebacke. Son portable était coupé et la carte SIM enlevée. Elle n'avait plus l'intention d'utiliser ce téléphone-là. Elle suivait avec des yeux de plus en plus écarquillés les titres des éditions Web des journaux et les émissions des journaux télévisés.
Elle découvrit, très irritée, sa photo d'identité lancée sur Internet et bientôt mise en icône sur tous les sujets d'actualité à la télé. Elle avait l'air d'une folle là-dessus.
Après des années d'effort pour devenir anonyme, elle avait été transformée en la personne la plus connue et la plus publique du royaume. Avec une douce surprise, elle se rendit compte que la recherche à l'échelle nationale d'une fille de petite taille soupçonnée d'un triple meurtre était l'un des événements les plus sensationnels de l'année, à peu près du même niveau que les abus sexuels et financiers et le crime perpétré par le gourou de la secte de Knutby. Elle suivit les commentaires et les explications dans les médias, les sourcils pensivement levés, fascinée de voir que des actes frappés du sceau du secret concernant ses difficultés mentales semblaient accessibles à tous dans toutes les rédactions. Un titre réveilla de vieux souvenirs enterrés.
INTERPELLÉE POUR VIOLENCES A GAMLA STAN
Un reporter juridique à TT avait dépassé ses concurrents en mettant la main sur une copie de l'enquête médico-légale qui avait été faite après que Lisbeth avait été arrêtée pour avoir balancé son pied dans la gueule d'un passager à la station de métro Gamla Stan.
Lisbeth se souvenait très bien de l'incident dans le métro. Elle était sur le chemin du retour dans sa famille d'accueil temporaire à Hägersten. A Râdmansgatan, un homme qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam et qui semblait parfaitement sobre était monté dans la rame et l'avait immédiatement mise dans son collimateur. Elle avait appris plus tard qu'il s'appelait Karl Evert Blomgren, qu'il avait cinquante-deux ans et que c'était un ancien joueur de bandy domicilié à Gâvle. Alors que le wagon était à moitié vide, il s'était assis à côté d'elle et avait commencé à la harceler. Il avait posé la main sur son genou et essayé d'engager une conversation du style : « Je te file 200 balles si tu viens chez moi. » Comme elle l'ignorait et ne répondait pas, il s'était fait plus pressant et l'avait traitée de salope. Qu'elle ne réponde pas et qu'elle change de siège à Centralen ne l'avait pas refroidi.
Le métro arrivait à Gamla Stan, quand il l'avait entourée de ses bras par-derrière et avait glissé les mains sous son pull, tout en lui chuchotant à l'oreille qu'elle était une pute. Lisbeth Salander n'aimait pas être qualifiée de pute par de parfaits inconnus dans le métro. Elle avait répondu par un coup de coude dans l'œil, puis elle s'était arc-boutée des deux mains sur un poteau et lui avait planté un talon sur la racine du nez. Le gars avait abondamment saigné.
Elle aurait eu la possibilité de s'échapper du wagon quand le train s'arrêta à quai, mais comme elle était habillée en punk avec des cheveux teints en bleu, un ami de l'ordre s'était jeté sur elle et l'avait bloquée à terre jusqu'à l'arrivée de la police.
Elle maudit son sexe et sa petite taille. Si elle avait été un garçon, personne n'aurait osé se jeter sur elle.
Elle ne chercha jamais à expliquer pourquoi elle avait balancé son pied dans la gueule de Karl Evert Blomgren. Elle estimait inutile d'essayer d'expliquer quoi que ce soit à une autorité en uniforme. Par principe, elle refusait même de répondre aux questions des psychologues quand ils se mettaient en tête d'évaluer son état mental. Heureusement, d'autres passagers avaient suivi le déroulement des événements, dont une femme intraitable de Härnösand qui se révéla être une députée centriste. La femme apporta immédiatement son témoignage, disant que Blomgren avait accosté Salander avant qu'elle l'attaque. Plus tard, il s'avéra que Blomgren avait déjà deux condamnations pour attentat à la pudeur et le procureur décida d'abandonner les poursuites. Cela ne signifia cependant pas que l'enquête sociale sur elle fut interrompue. Celle-ci eut pour résultat peu de temps après que le tribunal de première instance décida de déclarer Lisbeth Salander incapable. Là-dessus, elle s'était retrouvée sous la tutelle de Holger Palmgren pour commencer et ensuite de Nils Bjurman.
Et maintenant, tous ces détails intimes et protégés par le secret professionnel se trouvaient sur le Net à la vue et au su de tous. Ses états de service étaient complétés par des descriptions colorées de tous les conflits qu'elle avait connus avec son entourage depuis l'école primaire, et de son internement dans une clinique de pédopsychiatrie au début de l'adolescence.
LE DIAGNOSTIC QUE LES MÉDIAS FAISAIENT de Lisbeth Salander variait selon les éditions et les journaux. Parfois elle était décrite comme psychotique et parfois comme schizophrène avec de sérieuses tendances à la manie de la persécution. Tous les journaux la décrivaient comme mentalement attardée — elle n'avait même pas su assimiler l'enseignement du collège et elle en était sortie sans bulletin de notes. Le public ne pouvait que constater qu'elle était déséquilibrée et encline à la violence.
Lorsque les médias découvrirent que Lisbeth Salander était une amie de la lesbienne notoire Miriam Wu, un lynchage en règle se déchaîna dans plusieurs journaux. Miriam Wu s'était produite dans le show de Benita Costa pendant la Gay Pride, un show provocateur où Mimmi avait été photographiée les seins à l'air, en pantalon de cuir avec bretelles et en bottes vernies à talons aiguilles. En outre, elle avait écrit des articles dans un magazine gay fréquemment cité par les médias et à quelques reprises elle avait été interviewée pour sa participation dans différents shows. La combinaison lesbienne/tueuse en série/sexe sadomaso était apparemment imbattable pour augmenter les tirages.