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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Et maintenant elle le revoyait à la télé. Elle se demanda s'il espérait l'avoir de nouveau comme patiente ou bien si elle était trop âgée maintenant pour satisfaire à ses fantasmes. Sa contestation de la décision du tribunal de ne pas l'interner fut efficace et éveilla l'indignation de la femme reporter qui l'interviewait mais qui apparemment n'avait pas la moindre idée des questions qu'il aurait fallu lui poser. Personne ne pouvait se permettre de contredire Peter Teleborian. Le précédent médecin-chef de Sankt Stefan était décédé depuis. Le juge au tribunal d'instance qui avait présidé le cas Salander, et qui maintenant aurait dû en partie endosser le rôle du méchant dans le drame, était à la retraite. Il refusait d'accorder des déclarations à la presse.

LISBETH TROUVA L'UN DES TEXTES les plus déroutants dans les pages Web d'un journal local du Centre de la Suède. Elle lut le texte trois fois avant d'arrêter l'ordinateur et d'allumer une cigarette. Elle s'assit sur le coussin dans l'encoignure de la fenêtre et contempla l'éclairage public nocturne avec un sentiment de résignation.

« ELLE EST BISEXUELLE », DIT UNE AMIE D'ENFANCE

La femme de vingt-six ans qui est pourchassée pour trois meurtres est décrite comme une personne solitaire et repliée sur elle-même, avec de grandes difficultés d'adaptation à l'école. Malgré de nombreuses tentatives pour la sociabiliser, elle est toujours restée à l'écart.

« Elle avait manifestement de gros problèmes avec son identité sexuelle, se souvient Johanna, qui fut l'une de ses rares amies proches à l'école. Très tôt il était évident qu'elle était différente et qu'elle était bisexuelle. Nous nous faisions du souci pour elle. »

Le texte continuait en décrivant quelques épisodes dont Johanna se souvenait. Lisbeth fronça les sourcils. Pour sa part, elle n'arrivait pas à se rappeler ces épisodes, ni qu'elle ait eu une amie proche qui s'appelait Johanna. Vraiment, elle n'arrivait pas à se rappeler qu'elle ait jamais eu quelqu'un qu'on pouvait qualifier d'ami proche et qui aurait essayé de l'intégrer à la société du temps de l'école.

Le texte restait flou sur l'époque où ces épisodes auraient eu lieu, mais concrètement, elle avait quitté l'école à l'âge de douze ans. Cela signifiait que sa camarade d'enfance inquiète aurait découvert sa bisexualité lors de sa première année de collège !

Dans le raz de marée déchaîné de textes délirants au cours de la semaine, l'interview de Johanna fut celui qui l'atteignit le plus. Il était si manifestement fabriqué. Soit le reporter était tombé sur une mythomane complète, soit il avait tout inventé lui-même. Elle mémorisa son nom et l'inscrivit sur la liste des objets d'étude futurs.

MÊME LES REPORTAGES COMPATISSANTS, teintés d'une pointe de critique envers le système, avec des titres tels que « Défaillance de la société » ou « Elle n'a jamais reçu l'aide dont elle avait besoin », n'arrivaient pas à diminuer son rôle comme ennemi public numéro un — une meurtrière qui dans une crise de folie avait exécuté trois citoyens honorables.

Lisbeth lut les interprétations de sa vie avec une certaine fascination et nota une lacune manifeste dans les connaissances du public. En dépit d'un accès apparemment illimité aux détails de sa vie les plus intimes et frappés du sceau du secret, les médias étaient totalement passés à côté de Tout Le Mal qui avait eu lieu juste avant ses treize ans. La connaissance de sa vie allait de l'école maternelle jusque vers ses onze ans puis reprenait lorsque, à quinze ans, on l'avait libérée de la clinique de pédopsychiatrie et placée dans une famille d'accueil.

Apparemment, quelqu'un au sein de l'enquête de police pourvoyait les médias d'informations mais, pour des raisons que Lisbeth Salander ignorait, avait décidé d'omettre Tout Le Mal. Cela l'intriguait. Si la police tenait tant à souligner sa tendance à la violence extrême, alors cette enquête-là constituait la charge la plus accablante dans son dossier, bien supérieure à toutes les bêtises de cour d'école. Il était à l'origine de son transport à Uppsala et de son internement à Sankt Stefan.

LE DIMANCHE DE PÂQUES, Lisbeth commença à établir une vue d'ensemble de l'enquête de police. Les données dans les médias lui fournirent une bonne image des participants. Elle nota que le procureur Ekström dirigeait l'enquête préliminaire, c'était en général lui qui parlait lors des conférences de presse. L'enquête sur le terrain proprement dite était menée par l'inspecteur criminel Jan Bublanski, un homme doté d'une légère surcharge pondérale et vêtu d'une veste mal taillée, qui assistait Ekström à certaines conférences de presse.

Quelques jours plus tard, elle avait identifié Sonja Modig, le seul flic femme de l'équipe et celle qui avait découvert le corps de Bjurman. Elle nota les noms de Hans Faste et Curt Bolinder, mais loupa totalement Jerker Holmberg qui ne figurait dans aucun reportage. Pour chaque individu, elle créa un dossier dans son ordinateur, qu'elle commença à alimenter de données.

Les informations sur la progression de l'enquête de police se trouvaient évidemment dans les ordinateurs dont disposaient les enquêteurs, et dont la base de données était sauvegardée dans le serveur du commissariat. Lisbeth Salander savait qu'il était extrêmement difficile de pirater le réseau interne de la police, mais nullement impossible. Elle l'avait déjà fait.

Lors d'une mission pour Dragan Armanskij quatre ans plus tôt, elle avait dressé un plan de la structure du réseau de la police et médité sur les possibilités d'entrer dans le registre des casiers judiciaires pour effectuer ses propres recherches. Elle avait lamentablement échoué dans ses tentatives d'intrusion illégale — pour cela les pare-feu de la police étaient trop sophistiqués et minés avec toutes sortes d'embûches qui pouvaient se terminer par une désagréable publicité.

Le réseau interne de la police était construit selon les règles de l'art, avec ses propres câbles, et il était à l'écart de tous branchements extérieurs et d'Internet. Autrement dit, ce qu'il faudrait était un flic ayant l'autorisation d'utiliser le réseau qui ferait une recherche à sa demande ou, deuxième possibilité, que le réseau interne de la police croie qu'elle était une personne autorisée. De ce point de vue, les experts en sécurité de la police avaient heureusement laissé ouverte une énorme porte de derrière. Un grand nombre de commissariats dans le pays étaient branchés sur le réseau central, dont plusieurs étaient de petites unités locales fermées la nuit et dépourvues d'alarme ou de surveillance. Le commissariat de proximité à Lângvik près de Vâsterâs en était un. Il occupait cent trente mètres carrés dans le même bâtiment que la bibliothèque municipale et la caisse maladie, et, dans la journée, trois policiers y assuraient une permanence.

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