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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Mikael Blomkvist contempla longuement Bublanski.

— Bublanski... Je vais te dire une chose. A cet instant précis, le cas Salander aussi est devenu une histoire de prestige. J'affirme qu'elle n'a pas tué Dag et Mia. Et je vais le prouver. Je vais te trouver un meurtrier alternatif et quand ça se passera, je vais écrire un article que toi et tes collègues vous allez trouver vachement pénible à lire.

EN RENTRANT CHEZ LUI, Bublanski ressentit le besoin de débattre de la chose avec Dieu mais, au lieu d'aller à la synagogue, il se rendit à l'église catholique dans Folkungagatan. Il gagna un des bancs tout au fond et resta tranquillement assis pendant plus d'une heure. En tant que juif, il n'avait théoriquement rien à faire dans une église, mais c'était un endroit paisible qu'il rejoignait souvent quand il avait besoin de mettre de l'ordre dans ses pensées. Il considérait l'église comme un endroit qui en valait un autre pour réfléchir, et il était certain que Dieu n'y trouverait rien à redire. De plus, il y avait une grande différence entre le catholicisme et le judaïsme. Il allait à la synagogue parce qu'il cherchait la compagnie d'autres personnes. Les catholiques allaient à l'église parce qu'ils voulaient se trouver en paix avec Dieu. L'église invitait au silence et imposait que les visiteurs soient laissés tranquilles.

Il réfléchit à Lisbeth Salander et à Miriam Wu. Et il réfléchit à ce qu'Erika Berger et Mikael Blomkvist lui avaient occulté. Il était persuadé qu'ils savaient quelque chose sur Salander qu'ils n'avaient pas raconté. Il se demanda quelle « recherche » Lisbeth Salander avait effectuée pour Mikael Blomkvist. Un moment, il se dit que Salander avait travaillé pour Blomkvist peu de temps avant qu'il révèle l'affaire Wennerström, mais il finit par éliminer cette possibilité. Lisbeth Salander n'avait tout simplement aucun lien avec ce genre de drames et il semblait hors de question qu'elle ait pu contribuer avec quoi que ce soit de valable. Quelle que fût sa compétence comme enquêteuse sur la personne.

Bublanski était soucieux.

Il n'aimait pas cette certitude absolue qu'avait Mikael Blomkvist de l'innocence de Salander. Que lui-même en tant que policier soit assailli par le doute était une chose — c'était son métier de douter. Mais c'en était une autre que Mikael Blomkvist lance un défi en tant qu'investigateur privé.

Il n'aimait pas les investigateurs privés qui livraient en général des théories sur le grand complot, très bonnes pour fournir de gros titres aux journaux mais qui le plus souvent étaient source d'un travail supplémentaire totalement inutile pour les policiers.

Cette enquête sur un meurtre était devenue la plus dingue qu'il ait jamais faite. Il sentait que d'une manière ou d'une autre, il avait perdu les pédales. L'investigation d'un meurtre se doit de suivre une chaîne de conséquences logiques.

Quand un jeune de dix-sept ans est retrouvé poignardé sur Mariatorget, il faut établir quelles bandes de skinheads ou quels gangs de jeunes traînaient du côté de la place et de Södra Station une heure auparavant. Il y a les amis, les connaissances, les témoins et assez vite aussi des suspects.

Quand un homme de quarante-deux ans est abattu de trois coups de pistolet dans un bar à Skärholmen et qu'on découvre qu'il était un homme de main de la mafia yougoslave, il faut essayer de trouver qui parmi les petits nouveaux cherche à prendre le contrôle de la contrebande de cigarettes.

Quand une femme de vingt-six ans d'un milieu respectable et ayant une vie rangée est retrouvée étranglée dans son appartement, il faut essayer de retrouver qui était son petit ami ou la dernière personne avec qui elle a parlé au troquet la veille au soir.

Bublanski avait mené tant d'enquêtes de ce type qu'il aurait pu les faire en dormant.

L'enquête actuelle avait pourtant si bien commencé. Ils avaient trouvé un suspect principal dès les premières heures. Lisbeth Salander était comme faite pour le rôle — un cas psychiatrique attesté qui avait connu des crises de violence incontrôlables toute sa vie. Concrètement, restait simplement à la cueillir et à obtenir des aveux ou, selon les circonstances, à l'envoyer dans une cellule matelassée. Ensuite, tout avait déraillé.

Salander n'habitait pas à son adresse. Elle avait des amis comme Dragan Armanskij et Mikael Blomkvist. Elle avait une relation avec une lesbienne notoire qui s'adonnait au sexe avec des menottes et qui déclenchait l'emballement des médias dans une situation déjà passablement enflammée. Elle avait 2,5 millions sur son compte en banque et aucun travail connu. Et maintenant Blomkvist débarquait avec des théories sur le trafic des femmes et autres conspirations — et en sa qualité de journaliste célèbre, il avait le réel pouvoir de créer un chaos complet dans l'enquête au moyen d'un seul article bien placé.

Et, surtout, le principal suspect se révélait impossible à trouver, bien qu'elle soit haute comme deux pouces, qu'elle ait un physique particulier et des tatouages partout sur le corps. Bientôt deux semaines depuis les meurtres et ils n'avaient pas le moindre soupçon d'une trace leur indiquant où elle se trouvait.

GUNNAR BJÖRCK, EN ARRÊT MALADIE pour hernie discale, adjoint-chef à la Säpo, avait passé vingt-quatre heures misérables depuis que Mikael Blomkvist avait franchi sa porte. Une douleur sourde et permanente s'était installée dans son dos. Il avait arpenté la maison qu'on lui avait prêtée, incapable de se détendre et incapable de prendre des initiatives. Il avait essayé de réfléchir mais les morceaux du puzzle refusaient de se mettre en place.

Il n'arrivait pas à comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire.

Quand il avait appris la nouvelle du meurtre de Nils Bjurman, le lendemain de la découverte du corps de l'avocat, il était resté sidéré. Mais il n'avait pas été surpris lorsque Lisbeth Salander avait presque immédiatement été désignée comme suspect principal et que la traque avait commencé. Il avait attentivement écouté chaque parole prononcée à la télé et il était sorti acheter tous les journaux qu'il pouvait trouver, et il avait consciencieusement lu chaque mot des divers articles.

Il ne doutait pas une seconde que Lisbeth Salander ne fût une malade mentale et capable de tuer. Il n'avait eu aucune raison de remettre en question sa culpabilité ou les conclusions de l'enquête de police — au contraire, tout ce qu'il savait sur Lisbeth Salander indiquait qu'elle était une psychopathe démente. Il avait failli se manifester au téléphone pour contribuer à l'enquête avec de bons conseils ou au moins pour contrôler que l'affaire était correctement menée, mais il avait fini par se dire que le cas ne le concernait plus. Ce n'était plus de son ressort et il y avait des gens compétents pour gérer cette affaire. Sans compter qu'un appel téléphonique de sa part pourrait susciter l'attention indésirable qu'il tenait justement à éviter. Il avait fini par se détendre et n'avait plus suivi les informations que d'une oreille distraite.

La visite de Mikael Blomkvist avait totalement chamboulé sa tranquillité. Il ne lui était jamais venu à l'esprit que l'orgie meurtrière de Salander pouvait le concerner personnellement — qu'une des victimes était un enfoiré de journaliste sur le point de le dénoncer à la Suède entière.

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