Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
– Baste! s’écria Starbuck, c’est vraiment superflu!
Mais l’humain Starbuck n’avait pas été assez prompt. À l’instant où la lance l’atteignait le pus s’échappa de sa cruelle plaie et la baleine éveillée ainsi à une douleur intolérable, soufflant un sang épais, se lança dans une brusque et aveugle furie sur les pirogues, aspergeant de sang les hommes enorgueillis, chavirant la baleinière de Flask et endommageant ses avants. Ce fut le sursaut de la mort. Car elle était désormais si épuisée par son hémorragie qu’elle roula impuissante à l’écart du naufrage qu’elle avait provoqué, se coucha haletante sur le flanc, battit faiblement l’air de son moignon, puis lentement se retourna, petit à petit, comme un monde qui finit, révéla les blancs secrets de son ventre, resta immobile comme une souche et mourut. Rien n’avait été plus pitoyable que son dernier souffle, pareil à un jet d’eau dont des mains invisibles diminuent progressivement la puissance, et dont la colonne avec des gargouillements étouffés de mélancolie décline encore et encore vers le sol. Il en alla ainsi du long souffle d’agonie du cachalot.
Tandis que les pirogues attendaient l’arrivée du navire, le corps montra les symptômes de qui va couler, emportant ses trésors intacts. Aussitôt, sur l’ordre de Starbuck, il fut capelé en divers points, les pirogues faisant ainsi office de bouées, la carcasse suspendue à quelques pouces au-dessous d’elles. Lorsque le navire se fut approché, la baleine fut amenée à son flanc avec d’infinies précautions, amarrée par un grelin solide, car il était évident que si des précautions supplémentaires n’étaient pas prises elle irait aussitôt par le fond.
Il advint qu’au premier coup de pelle on trouva enchâssé dans sa chair, le fer entier d’un harpon rouillé un peu en dessous du bouquet que nous avons décrit précédemment. Mais il n’est pas rare qu’on trouve des pointes de harpons dans le corps des baleines, une chair parfaitement saine s’étant reformée sur eux et rien d’extérieur ne signalant leur présence. Aussi fallait-il qu’il y ait eu une raison inconnue à l’ulcération susdite. Plus singulière encore la découverte, près de ce fer enrobé, d’une tête de lance en pierre prisonnière de chairs intactes! Qui avait jeté cette lance de pierre? Et quand? Il se pourrait que ce fût celle d’un Indien du Nord-Ouest bien avant que fût connue l’existence de l’Amérique.
En cherchant bien, quelles autres merveilles ce meuble monstrueux eût-il livrées? On ne sait. Il fut brutalement mis fin à de nouvelles trouvailles, car le navire pencha de plus en plus dangereusement sur le côté, entraîné par la tendance croissante que la carcasse avait à s’enfoncer. Toutefois, Starbuck, qui avait le commandement, lutta jusqu’au bout avec une telle obstination, en vérité, que le navire aurait finalement chaviré s’il était resté jumelé à la carcasse, et lorsque l’ordre fut donné de s’en dégager, l’effort trop grand infligé aux têtes d’allonge où les grelins de capelage de la queue étaient amarrés, rendit impossible de les lâcher. Le Péquod engagea à tel point que passer de l’autre côté du pont, c’était marcher sur le pignon abrupt d’un toit. Le navire gémissait et haletait. Nombre des incrustations d’ivoire des bastingages et des cabines sautèrent, déboîtées de manière anormale. En vain essaya-t-on de soulager les chaînes inamovibles avec des leviers et des anspects pour les libérer des têtes d’allonge, et la baleine avait pour lors coulé si bas qu’on ne pouvait atteindre leurs extrémités cependant que des tonnes semblaient s’ajouter au poids de la masse en train de sombrer et que le navire paraissait sur le point de faire quartier.
Stubb harangua le cadavre:
– Tiens bon! Tiens bon, veux-tu? Ne sois pas si diablement pressé de couler! Par tous les tonnerres, les hommes, il faut faire quelque chose ou suivre le même chemin. Les leviers ne servent à rien, baste, je vous dis, avec vos anspects, que l’un de vous coure chercher un livre de prières et un canif, et coupez les grosses chaînes.
– Un canif? Oui, oui, s’écria Queequeg, et empoignant la lourde hache du charpentier, il se pencha hors d’un sabord et, acier contre fer, s’attaqua aux plus grosses chaînes. Il n’avait donné que quelques coups, fleuris d’étincelles, que la traction trop forte fit le reste. Toutes les amarres lâchèrent avec fracas, le navire se redressa et la carcasse coula.
Cette perte inhabituelle d’un cachalot fraîchement tué est un étrange accident dont aucun pêcheur n’a pu jusqu’à ce jour fournir une explication valable. D’ordinaire le cachalot flotte avec beaucoup de légèreté, son flanc ou son ventre largement soulevés au-dessus de l’eau. Si seules les baleines qui coulaient étaient vieilles, maigres et le cœur brisé, leurs rembourrages de lard perdus et les os alourdis de rhumatismes, on pourrait alléguer avec quelque raison que le fait est dû à une gravité spécifique accrue du poisson ayant perdu ses flotteurs de graisse. Mais ce n’est pas le cas. Car de jeunes baleines, resplendissantes de santé, débordantes de nobles aspirations, sont prématurément enlevées au printemps de la vie, dodues de tout leur lard. Pareils héros gras et musclés vont parfois par le fond.
Ajoutons encore que le cachalot est beaucoup moins sujet à cet accident que tout autre cétacé. Pour un cachalot, il sombre vingt baleines franches, leur ossature beaucoup plus importante en est sans doute responsable, leurs stores vénitiens à eux seuls pesant souvent plus d’une tonne; le cachalot, lui, n’en est pas embarrassé. En certains cas, après quelques heures ou quelques jours, la baleine remonte en surface plus légère qu’au cours de sa vie, la raison en est évidente. Des gaz se sont formés qui la dilatent prodigieusement et elle devient une sorte de ballon animal. Un vaisseau de guerre ne suffirait pas alors à l’enfoncer. Dans les pêches côtières des baies de la Nouvelle-Zélande, lorsqu’une baleine franche menace de sombrer, on lui attache des flotteurs avec de bonnes longueurs de filins, afin de savoir où la chercher lorsqu’elle refera surface.
Peu de temps après que la carcasse eut coulé, les guetteurs du Péquod annoncèrent que la Vierge remettait les pirogues à la mer, bien que le seul souffle en vue fût celui d’un dos en rasoir, espèce impossible à capturer à cause de sa puissance de nage. Toutefois, le souffle du dos en rasoir ressemble tellement à celui du cachalot que les pêcheurs inexpérimentés les confondent souvent. Ainsi Derick et sa tribu se lançaient vaillamment à la chasse de cette brute inapprochable. Portant tout dessus, la Vierge se lança à la suite de ses enfants, et elles disparurent ensemble sous le vent, chassant encore avec audace et espoir.
Oh! mon ami, ils sont nombreux les dos en rasoir et les Derick!
CHAPITRE LXXXII Honneur et gloire de la chasse à la baleine
Dans certaines entreprises un désordre circonspect est la vraie méthode.
Plus je me plonge dans la question de la chasse à la baleine, plus je pousse mes recherches jusqu’à ses sources mêmes, plus je suis pénétré de son honorabilité et de son antiquité, en constatant que tant de grands demi-dieux, de héros, de prophètes de toute sorte s’y sont, d’une manière ou d’une autre illustrés. Je suis alors transporté à la pensée que, bien que d’une façon secondaire, j’appartiens à cette noble confrérie.
Le galant Persée, un fils de Jupiter, fut le premier baleinier et, à l’éternel honneur de notre métier, il faut le dire, la première baleine attaquée par notre confrérie fut tuée sans intention sordide. C’était le temps chevaleresque de notre profession, alors que nous prenions les armes à seule fin de secourir ceux qui étaient en détresse et non pour remplir les bidons d’huile destinés aux lampes des hommes. Tout le monde sait l’admirable histoire de Persée et d’Andromède, et comment la belle Andromède, fille d’un roi, fut attachée à un rocher au bord de la mer, et comment le léviathan étant sur le point de l’enlever, Persée, prince des baleiniers, s’avança courageusement, harponna le monstre, délivra la belle et l’épousa. Ce fut un exploit d’un art consommé, rarement accompli par les meilleurs harponneurs de ce jour, d’autant plus que ce léviathan mourut au tout premier dard. Que personne ne mette en doute non plus cette histoire phénicienne, qui dit que dans l’ancienne Joppé, l’actuelle Jaffa, sur la côte de Syrie, on vit, pendant des siècles, dans un temple païen, un vaste squelette de baleine, dont la légende et les habitants de l’endroit disent que ce sont là les os du monstre tué par Persée. Lorsque les Romains prirent Joppé, ce même squelette fut porté en triomphe jusqu’en Italie. Mais le plus singulier et le plus lourd de sens dans cette histoire c’est que Jonas s’embarqua de cette même Joppé.