Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
Il est certain que la tête du léviathan vivant est phrénologiquement trompeuse, rien ne signale son vrai cerveau. Comme toute puissance, le cachalot n’offre au commun qu’une façade.
Son crâne une fois délesté du spermaceti, si vous regardez son cerveau depuis l’arrière, vous serez frappé de sa ressemblance avec un cerveau humain vu sous le même angle. En vérité, si l’on plaçait ce crâne vu de dos, ramené à l’échelle de celui de l’homme, parmi des crânes humains, vous les confondriez et, notant les dépressions qu’il présente à son sommet, vous déclareriez en jargon de phrénologie: «Cet homme n’avait de lui-même ni estime ni vénération exagérées.» Mise en parallèle avec la masse et la puissance du cachalot cette assertion vous donnera l’idée la plus vraie et la plus réjouissante de ce qu’est la suprême puissance.
Mais si vous estimez que vu ses dimensions relatives on ne peut situer sainement le cerveau du cachalot, je vous suggérerai autre chose. Regardez attentivement les vertèbres d’à peu près n’importe quel quadrupède, vous serez frappé de la ressemblance qu’elles présentent avec un collier de crânes en réduction, chacune d’elles offrant une analogie rudimentaire avec le crâne proprement dit. Une théorie allemande veut que les vertèbres soient des embryons de crânes; je ne pense pas que les Allemands aient été les premiers à relever cette curieuse ressemblance. Un mien ami étranger me la fit une fois remarquer tandis qu’il travaillait en bas-relief à orner la proue relevée de son canoë des vertèbres d’un ennemi qu’il avait tué. C’est, à mon avis, un manque grave de la part des phrénologistes que de n’avoir pas poussé leurs investigations du cervelet jusqu’au cordon cérébro-spinal, car je crois qu’il y a beaucoup à découvrir sur le caractère d’un homme dans son épine dorsale et, qui que vous soyez, j’aimerais mieux vous palper la colonne que le crâne. Jamais frêle colonne n’a soutenu la charpente d’une âme mûre et noble. Je suis enchanté de mon épine dorsale, hampe fière et hardie de ce drapeau que je déploie à demi face au monde.
Appliquons cette partie de la phrénologie au cachalot. Sa première vertèbre cervicale continue sa boîte crânienne et le canal qui la traverse, affectant la forme d’un triangle pointe en haut, mesure dix pouces de large sur huit de haut, conserve une grande capacité assez longuement et va en se rétrécissant dans les dernières vertèbres. Le cordon cérébro-spinal est bien entendu rempli d’une substance assez analogue à celle du cerveau; qui plus est, il garde, sur plusieurs pieds de longueur, la dimension qu’il avait au sortir du cerveau, à peu près égale à celle de ce dernier. Serait-il dès lors déraisonnable de dresser la carte de l’épine dorsale du cachalot, puisque, vue sous ce jour, l’étonnante petitesse de son cerveau proprement dit est plus que largement compensée par la merveilleuse ampleur de sa moelle épinière?
Mais laissons aux phrénologistes le soin d’exploiter cette suggestion; je n’en traiterai que par rapport à la bosse du cachalot. Si je ne me trompe, cette bosse auguste s’élève sur l’une des plus grosses vertèbres, formant en quelque sorte son relief extérieur. À cause de sa position, je dirai que cette haute bosse est le siège de la fermeté et du caractère indomptable du cachalot. Que le cachalot est indomptable, vous allez l’apprendre bientôt.
CHAPITRE LXXXI Le Péquod rencontre la Vierge
Au jour voulu par le destin, nous rencontrâmes le baleinier Jungfrau, capitaine: Derick de Deer, de Brème.
Les Hollandais et les Allemands, autrefois les plus grands baleiniers du monde, sont devenus les moindres mais ici ou là, à de très grands écarts de longitude et de latitude, on rencontre parfois leur pavillon dans le Pacifique.
Pour une raison inconnue, la Vierge témoignait de beaucoup d’ardeur à vouloir nous présenter ses hommages. À bonne distance encore du Péquod, elle lofa, mit à la mer une pirogue dans laquelle son capitaine impatient se tenait à l’avant et non à l’arrière, comme il est d’usage.
– Qu’est-ce qu’il tient dans la main? s’étonna Starbuck en désignant quelque chose que brandissait l’Allemand. Pas possible!… une burette pour les fanaux?
– Non, intervint Stubb, non, non, c’est une cafetière, monsieur Starbuck, il vient nous faire le café, c’est l’homme à tout faire, ne voyez-vous pas ce grand bidon à côté de lui? C’est son eau bouillante. Oh! il est un peu là, cet homme à tout faire!
– Ne nous racontez pas d’histoires, dit Flask, c’est une burette pour les lampes et un bidon à huile, il n’en a plus et vient nous en mendier.
Pour curieux que paraisse le fait qu’un navire à huile soit contraint d’emprunter de l’huile sur un parage de chasse, et bien que cela fasse mentir le vieux dicton parlant de porter du charbon à Newcastle, le cas se produit parfois et le capitaine Derick de Deer venait bel et bien avec une burette, comme l’avait dit Flask.
Dès qu’il fut sur notre pont, le capitaine Achab l’aborda brusquement, sans prêter la moindre attention à ce qu’il tenait à la main, mais, dans son jargon hésitant, l’Allemand manifesta bientôt son ignorance complète de la Baleine blanche, et détournant aussitôt la conversation sur son bidon à huile, il fit quelques remarques relatives à l’obligation où il était de regagner son hamac dans la plus profonde obscurité, ayant épuisé jusqu’à la dernière goutte sa provision d’huile de Brème, et n’ayant même pas pris un poisson volant pour suppléer à ce manque; il conclut en disant que son navire était vraiment ce qu’on appelle en terme de pêcherie un navire allège (c’est-à-dire vide), méritant bien son nom de Jungfrau ou Vierge.
Ses besoins pourvus, Derick s’en fut, mais il n’avait pas atteint le flanc de son navire que des baleines furent signalées simultanément par les hommes en vigie des deux bâtiments, et Derick était si acharné à leur poursuite que, sans perdre le temps de déposer à son bord son récipient, il fit virer sa pirogue et amena sur le léviathan réservoir d’huile.
Le gibier étant apparu sous le vent, sa baleinière et trois autres du navire allemand qui l’avaient suivie, prirent une bonne avance sur celles du Péquod. C’était une gamme de huit cachalots, ce qui est un groupe habituel. Alertés, ils fuyaient droit devant eux vent arrière, flancs contre flancs comme des chevaux attelés, laissant un large sillage blanc pareil à un parchemin sans cesse déroulé sur la mer.
Au milieu de ce sillage rapide, bien des brasses en arrière, suivait un vieux mâle énorme, bossu, dont la vitesse moins grande, les plaques jaunâtres dont il était couvert, le faisaient paraître atteint de la jaunisse ou de quelque autre infirmité. On pouvait se demander s’il faisait partie de la gamme qui le précédait car de tels vétérans ne sont ordinairement pas du tout sociables. Pourtant, il n’abandonnait pas le sillage, bien qu’en vérité ce remous dût le ralentir car il se brisait contre son large mufle avec la fougue de deux courants contraires qui s’affrontent. Son souffle court, lent et difficile, jaillissait comme suffoqué, s’épuisait en charpie, était suivi d’étranges commotions internes semblant avoir leur issue à son autre extrémité invisible car des bulles montaient de l’eau derrière lui.