Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » Le vicomte de Bragelonne Tome II
Le vicomte de Bragelonne Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vicomte de Bragelonne Tome II

Электронная книга - «Le vicomte de Bragelonne Tome II». Краткое содержание книги:

Dernière page de l'histoire des quatre amis, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis… Le règne de Louis XIV commence, chacun a vieilli et évolué, mais conserve sa personnalité d'autrefois. Dans ce livre, le héros est le vicomte de Bragelonne, qui n'est autre que le fils d'Athos, mais les anciens mousquetaires ne sont jamais loin quand il s'agit d'intrigues et d'aventures…
1 ... 101 102 103 104 105 106 107 108 109 ... 143
Перейти на страницу:

– Plaît-il? s’écria Madame irritée.

– Je dis qu’on voulait vous escamoter la chose.

– Et pourquoi donc se cacherait-on de moi?

– Dans la crainte que votre amitié ne vous entraîne à révéler quelque chose à la jeune reine, voilà tout.

Madame baissa la tête; elle était blessée mortellement.

Alors elle n’eut plus de repos qu’elle n’eût rencontré le roi.

Comme un roi est tout naturellement le dernier du royaume qui sache ce que l’on dit de lui, comme un amant est le seul qui ne sache point ce que l’on dit de sa maîtresse, quand le roi aperçut Madame qui le cherchait, il vint à elle un peu troublé, mais toujours empressé et gracieux.

Madame attendit qu’il parlât le premier de La Vallière.

Puis, comme il n’en parlait pas:

– Et cette petite? demanda-t-elle.

– Quelle petite? fit le roi.

– La Vallière… Ne m’avez-vous pas dit, Sire, qu’elle avait perdu connaissance?

– Elle est toujours fort mal, dit le roi en affectant la plus grande indifférence.

– Mais voilà qui va nuire au bruit que vous deviez répandre, Sire.

– À quel bruit?

– Que vous vous occupiez d’elle.

– Oh! j’espère qu’il se répandra la même chose, répondit le roi distraitement.

Madame attendit encore; elle voulait savoir si le roi lui parlerait de l’aventure du chêne royal.

Mais le roi n’en dit pas un mot.

Madame, de son côté, n’ouvrit pas la bouche de l’aventure de sorte que le roi prit congé d’elle, sans lui avoir fait la moindre confidence.

À peine eut-elle vu le roi s’éloigner, qu’elle chercha Saint-Aignan. Saint-Aignan était facile à trouver, il était comme les bâtiments de suite qui marchent toujours de conserve avec les gros vaisseaux.

Saint-Aignan était bien l’homme qu’il fallait à Madame dans la disposition d’esprit où Madame se trouvait.

Il ne cherchait qu’une oreille un peu plus digne que les autres pour y raconter l’événement dans tous ses détails.

Aussi ne fit-il pas grâce à Madame d’un seul mot. Puis, quand il eut fini:

– Avouez, dit Madame, que voilà un charmant conte.

– Conte, non; histoire, oui.

– Avouez, conte ou histoire, qu’on vous l’a dit comme vous me le dites à moi, mais que vous n’y étiez pas?

– Madame, sur l’honneur, j’y étais.

– Et vous croyez que ces aveux auraient fait impression sur le roi?

– Comme ceux de Mlle de Tonnay-Charente sur moi, répliqua Saint-Aignan; écoutez donc, madame, Mlle de La Vallière a comparé le roi au soleil, c’est flatteur!

– Le roi ne se laisse pas prendre à de pareilles flatteries.

– Madame, le roi est au moins autant homme que soleil et je l’ai bien vu tout à l’heure quand La Vallière est tombée dans ses bras.

– La Vallière est tombée dans les bras du roi?

– Oh! c’était un tableau des plus gracieux; imaginez-vous que La Vallière était renversée et que…

– Eh bien! qu’avez-vous vu? Dites, parlez.

– J’ai vu ce que dix autres personnes ont vu en même temps que moi, j’ai vu que, lorsque La Vallière est tombée dans ses bras, le roi a failli s’évanouir.

Madame poussa un petit cri, seul indice de sa sourde colère.

– Merci, dit-elle en riant convulsivement, vous êtes un charmant conteur, monsieur de Saint-Aignan.

Et elle s’enfuit seule et étouffant vers le château.

Chapitre CXVIII – Courses de nuit

Monsieur avait quitté la princesse de la plus belle humeur du monde, et comme il avait beaucoup fatigué dans la journée, il était rentré chez lui, laissant chacun achever la nuit comme il lui plairait.

En rentrant, Monsieur s’était mis à sa toilette de nuit avec un soin qui redoublait encore dans ses paroxysmes de satisfaction.

Aussi chanta-t-il, pendant tout le travail de ses valets de chambre, les principaux airs du ballet que les violons avaient joués et que le roi avait dansés.

Puis il appela ses tailleurs, se fit montrer ses habits du lendemain, et, comme il était très satisfait d’eux, il leur distribua quelques gratifications.

Enfin, comme le chevalier de Lorraine, l’ayant vu rentrer, rentrait à son tour, Monsieur combla d’amitiés le chevalier de Lorraine.

Celui-ci, après avoir salué le prince, garda un instant le silence, comme un chef de tirailleurs qui étudie pour savoir sur quel point il commencera le feu; puis, paraissant se décider:

– Avez-vous remarqué une chose singulière, monseigneur? dit-il.

– Non, laquelle?

– C’est la mauvaise réception que Sa Majesté a faite en apparence au comte de Guiche.

– En apparence?

– Oui, sans doute, puisque, en réalité, il lui a rendu sa faveur.

– Mais je n’ai pas vu cela, moi, dit le prince.

– Comment! vous n’avez pas vu qu’au lieu de le renvoyer dans son exil, comme cela était naturel, il l’a autorisé dans son étrange résistance en lui permettant de reprendre sa place au ballet.

– Et vous trouvez que le roi a eu tort, chevalier? demanda Monsieur.

– N’êtes-vous point de mon avis, prince?

– Pas tout à fait, mon cher chevalier, et j’approuve le roi de n’avoir point fait rage contre un malheureux plus fou que malintentionné.

– Ma foi! dit le chevalier, quant à moi, j’avoue que cette magnanimité m’étonne au plus haut point.

– Et pourquoi cela? demanda Philippe.

– Parce que j’eusse cru le roi plus jaloux, répliqua méchamment le chevalier.

Depuis quelques instants, Monsieur sentait quelque chose d’irritant remuer sous les paroles de son favori; ce dernier mot mit le feu aux poudres.

– Jaloux! s’écria le prince; jaloux! Que veut dire ce mot-là? Jaloux de quoi, s’il vous plaît, ou jaloux de qui?

Le chevalier s’aperçut qu’il venait de laisser échapper un de ces mots méchants comme parfois il en faisait. Il essaya donc de le rattraper, tandis qu’il était encore à portée de sa main.

– Jaloux de son autorité, dit-il avec une naïveté affectée; de quoi voulez vous que le roi soit jaloux!

– Ah! fit Monseigneur, très bien.

– Est-ce que, continua le chevalier, Votre Altesse Royale aurait demandé la grâce de ce cher comte de Guiche?

– Ma foi, non! dit Monsieur. Guiche est un garçon d’esprit et de courage, mais il a été léger avec Madame, et je ne lui veux ni mal ni bien.

Le chevalier avait envenimé sur de Guiche comme il avait essayé d’envenimer sur le roi; mais il crut s’apercevoir que le temps était à l’indulgence, et même à l’indifférence la plus absolue, et que, pour éclairer la question, force lui serait de mettre la lampe sous le nez même du mari.

Avec ce jeu on brûle quelquefois les autres, mais souvent l’on se brûle soi même.

«C’est bien, c’est bien, se dit en lui-même le chevalier, j’attendrai de Wardes; il fera plus en un jour que moi en un mois, car je crois, Dieu me pardonne! ou plutôt Dieu lui pardonne! qu’il est encore plus jaloux que je ne le suis. Et puis ce n’est pas de Wardes qui m’est nécessaire, c’est un événement, et dans tout cela je n’en vois point. Que de Guiche soit revenu lorsqu’on l’avait chassé, certes, cela est grave; mais toute gravité disparaît quand on réfléchit que de Guiche est revenu au moment où Madame ne s’occupe plus de lui. En effet, Madame s’occupe du roi, c’est clair. Mais, outre que mes dents ne sauraient mordre et n’ont pas besoin de mordre sur le roi, voilà que Madame ne pourra plus longtemps s’occuper du roi si, comme on le dit, le roi ne s’occupe plus de Madame. Il résulte de tout ceci que nous devons demeurer tranquille et attendre la venue d’un nouveau caprice, et celui-là déterminera le résultat.»

1 ... 101 102 103 104 105 106 107 108 109 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)