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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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« Tu la connais donc ? » demanda Muriz.

« Elle est la nièce de Namri. Elle a offensé Jacurutu et ils te l’ont envoyée. »

« Namri ? Mais…»

« Liban Wahid », dit Leto.

Elle passa devant eux, s’arracha au sceau de la hutte, et ils l’entendirent se mettre à courir.

« Elle n’ira pas loin, commenta Muriz. Il posa un doigt sur l’aile de son nez. Une parente de Namri, hein ?… Intéressant. Mais qu’a-t-elle donc fait pour l’offenser ? »

« Elle m’a permis de m’enfuir », dit Leto avant de suivre Sabiha.

Il la rejoignit au bord du qanat. Il s’avança à ses côtés et regarda l’eau sombre. Des oiseaux s’étaient nichés dans les palmiers et il entendait leurs appels et le bruissement de leurs ailes. Plus loin, les travailleurs grattaient le sable. Il restait là, immobile, imitant Sabiha, les yeux plongés dans les reflets de l’eau. A la limite de son champ visuel, pourtant, il devina des perroquets bleus dans les frondaisons des palmiers. L’un d’eux voleta au-dessus du qanat et parut se refléter dans un tourbillon argenté de poissons, comme si, l’espace d’une seconde, oiseaux et poissons prédateurs nageaient dans le même firmament.

Sabiha toussota.

« Tu me détestes », dit Leto.

« Tu m’as fait honte. Tu m’as humiliée devant mon peuple. Ils ont tenu un Isnad et m’ont envoyée ici afin que j’y perde mon eau. Tout cela par ta faute ! »

Muriz, qui s’était approché silencieusement, éclata de rire.

« Maintenant, Leto-Batigh, tu peux voir que notre Rivière d’Esprit a bien des affluents ! »

« Mais mon eau coule dans tes veines, dit Leto en se retournant. Elle n’est pas un affluent de la tienne. Sabiha est le destin de ma vision et je la suis. J’ai franchi le désert pour trouver mon avenir, ici, à Shuloch. »

« Toi et…» Muriz montra Sabiha et, pour la seconde fois, rit à gorge déployée.

« Il n’en sera pas ainsi que vous pouvez le penser tous les deux, dit Leto. Souviens-toi de cela, Muriz. J’ai trouvé les empreintes de mon ver. » Soudain, il sentit les larmes monter à ses yeux.

« Il donne son eau aux morts ! » souffla Sabiha.

Muriz lui-même le regardait, stupéfait. Les Fremen ne pleuraient jamais, sauf lorsqu’il s’agissait du don le plus profond qui fût, celui qui venait de l’âme. Presque embarrassé, Muriz rabattit son masque facial et ramena le capuchon de sa djellaba sur son front.

Le regard de Leto se porta par-delà le Fremen tandis qu’il déclarait : « Ici, à Shuloch, ils prient encore pour que la rosée vienne au seuil du désert. Va, Muriz, et prie pour Kralizec. Je te promets que cela viendra. »

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Tout discours Fremen suppose une grande concision et un sens précis de l’expression. Tout discours Fremen est dominé par l’illusion des absolus. Ses hypothèses forment un terrain fertile pour les religions absolutistes. De plus, les Fremen sont des moralisateurs nés. A la terrifiante instabilité de toute chose, ils opposent des assertions institutionnalisées. Ils disent : « Nous savons qu’il n’existe nul summum de la connaissance possible, que c’est le fait de Dieu. Mais ce que les hommes peuvent apprendre, ils peuvent le contenir. » De cette approche aiguisée de l’univers, ils ont tiré une croyance fantastique dans les présages, les signes et dans leur propre destinée. Ceci est une des origines de leur légende de Krazilec, la guerre aux confins de l’univers.

Rapports Confidentiels du Bene Gesserit :
folio 800881.

« Il est en lieu sûr, dit Namri en souriant à Gurney Halleck depuis l’angle opposé de la grande pièce carrée dallée de pierre. Vous pouvez rapporter cela à vos amis. »

« Où donc se trouve ce lieu sûr ? » demanda Halleck.

Il n’aimait pas le ton de Namri et les ordres de Jessica lui pesaient. Maudite sorcière ! Ses explications n’avaient pas le moindre sens à l’exception d’un avertissement. Elle l’avait prévenu de ce qui pourrait arriver si Leto échouait à maîtriser ses terribles vies-mémoires.

« C’est un lieu sûr, répondit Namri. C’est tout ce que je suis autorisé à vous révéler. »

« Comment l’avez-vous appris ? »

« J’ai reçu un distrans. Sabiha est avec lui. »

« Sabiha ! Elle l’a laissé…»

« Pas cette fois. »

« Vous allez le tuer ? »

« Ceci ne me concerne plus. »

Halleck eut une grimace. Un distrans ! Quel pouvait être le rayon d’action de ces satanées chauves-souris ? Bien souvent il les avait rencontrées voletant au-dessus du désert, portant des messages secrets superposés à leurs cris. Mais jusqu’où pouvaient-elles donc voler sur cette infernale planète ?

« Je dois le rencontrer », dit-il.

« C’est interdit. »

Halleck prit une profonde inspiration pour recouvrer son calme. Il avait passé deux jours et deux nuits dans l’attente de rapports. Avec ce nouveau matin, il lui semblait que son rôle se dissolvait autour de lui, le laissant nu. Il n’avait jamais vraiment aimé commander. Ceux qui commandaient passaient leur temps à attendre tandis que les autres accomplissaient les choses dangereuses et intéressantes.

« Et pourquoi est-ce interdit ? » demanda-t-il. Les contrebandiers qui avaient aménagé ce sietch avaient laissé de trop nombreuses questions dans l’ombre et il ne voulait pas se retrouver dans la même situation avec Namri.

« Certains pensent que vous en avez trop vu ici-même. »

Halleck décela la menace et s’efforça au calme du combattant aguerri, la main à proximité de son couteau mais non posée sur lui. Il souhaita soudain la présence d’un bouclier, mais les boucliers avaient été proscrits à cause de leur effet sur les vers et de leur vulnérabilité devant les charges statiques des tempêtes.

« Ce secret ne faisait pas partie de notre accord », dit-il enfin.

« Si je l’avais tué, cela aurait-il fait partie de notre accord ? »

A nouveau, Halleck perçut l’influence sournoise de forces invisibles contre lesquelles Dame Jessica ne l’avait nullement prévenu. Elle et son maudit plan ! Peut-être était-il judicieux de ne pas se fier à la Bene Gesserit… Presque aussitôt, il se jugea déloyal. Elle lui avait exposé le problème et il avait pleinement accepté son plan, prévoyant que, plus tard et comme tous les plans, il nécessiterait quelques modifications. Il ne s’agissait pas de n’importe quelle sœur du Bene Gesserit mais de Dame Jessica des Atréides, qui avait toujours été son amie, son soutien. Sans elle, il ne l’ignorait pas, il aurait été à la dérive dans un univers plus dangereux encore que celui-ci.

« Vous ne pouvez répondre à ma question », dit Namri.

« Vous ne deviez le tuer que s’il donnait la preuve qu’il était possédé, dit lentement Halleck. Qu’il était une Abomination. »

Namri leva le poing près de son oreille droite.

« Votre Dame savait que nous avions le moyen de l’éprouver. Elle a eu la sagesse de laisser le jugement entre mes seules mains. »

Halleck plissa les lèvres de frustration.

« Vous avez entendu les mots que m’a adressés la Révérende Mère, reprit Namri. Nous autres, Fremen, nous comprenons de telles femmes, mais vous, les étrangers, vous ne les comprendrez jamais. Les femmes Fremen, souvent, envoient leur fils à la mort. »

Halleck s’adressa à lui d’un ton roide : « Êtes-vous en train de me dire que vous l’avez tué ? »

« Non, il vit. Il est… en lieu sûr. Et il continue de recevoir l’épice. »

« Mais je dois l’escorter jusqu’à sa grand-mère s’il y survit. »

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