À mots découverts. Chroniques au fil de l'actualité
- Автор: Rey Alain
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: Éditions Robert Laffont
- ISBN: 978-2221112724
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «À mots découverts. Chroniques au fil de l'actualité». Краткое содержание книги:
Le plus souvent un mot lié à l'actualité sert de prétexte pour une chronique érudite et parfois espiègle. Tout en en rappelant la valeur exacte, les origines du mot choisi, l'étymologiste se livre à l'exercice ou il excelle : rattacher la langue de tous les jours au patrimoine culturel, réduire les contresens, combattre les à-peu-près et les préjugés, pour mieux rendre compte des réalités.
Cette sélection, ou Alain Rey a choisi de garder les mots les plus significatifs en les agrémentant parfois d'un petit commentaire pour les restituer dans l'actualité, est aussi l'occasion de se retourner sur les cinq premières années du XXIe siècle.
ALAIN REY
À mots découverts. Chroniques au fil de l'actualité
À Ivan Levaï,
Louis Bozon,
Stéphane Paoli
2000
18 septembre : Jeux Olympiques de 2000.
22, 26 septembre : La cassette Méry et l’indignation du président.
27 septembre : Le maire suspendu (Tiberi).
29 septembre, 11 octobre, (et voir 8 juillet 2002) :Suspension des sanctions pénales pour les élus : débats sur l’amnistie.
9, 10 octobre : Ehud Barak presse Arafat.
31 octobre : Pollution marine.
6 novembre : Tempête de novembre.
7, 9, 22 novembre, 13, 14 décembre : Élection présidentielle aux États-Unis.
10, 15 novembre : Les suites de la « vache folle ».
21 novembre : Sommet de La Haye sur la pollution.
28, 30 novembre : Révision de la loi sur la bioéthique.
6, 7, 11 décembre : Sommet européen de Nice.
Médaille
Malgré les difficultés de la vie sociale quotidienne, malgré les violences que l’on signale un peu partout sur la planète, ou peut-être à cause d’elles, il faut parler de ces jeux Olympiques qui tentent de passionner et de distraire le monde entier.
Chaque nation bombe le torse, pour faire place à un joli plastron de médailles. La multiplication des disciplines et donc des trophées a sans doute pour objet de valoriser sans cesse plus de sports et d’exercices, mais aussi de répartir plus largement l’or, l’argent et le bronze qui vont avec.
Médaille, mot italien passé en français à la Renaissance, vient de la désignation modeste, en latin, d’une monnaie, une demi-monnaie, en fait, puisque le mot medialia vient de medius, « demi ».
Le même terme latin avait donné en ancien français le nom de cette menue monnaie dont il est question dans n’avoir ni sou ni maille, et avoir maille à « partir » — à partager.
La médaille prit du galon en Italie, devenant un demi-denier, le denier étant une assez jolie somme. Comme cette monnaie était ornée de la frimousse d’un personnage illustre ou puissant, elle a pris le sens que nous connaissons : à la fois œuvre d’art et symbole honorifique.
À partir de là, il y eut le temps des médailles saintes, celui des médaillés militaires, celui des profils de médaille, car de grands sculpteurs y gravent de nobles têtes. Quand ils les gravent d’un seul côté, cela entraîne le non moins célèbre revers de la médaille.
Celles des jeux Olympiques sont par définition sans revers. Elles représentent une excellence manifestée par les meilleures performances dans une réunion mondiale des meilleur(e)s athlètes. Certes, le père des Jeux modernes, Pierre de Coubertin, avait raison de rappeler que l’important est de participer, mais la faiblesse humaine fait que médaille vaut mieux que participation. La France, paraît-il, est déjà joliment médaillée, cette année. Réjouissons-nous, car nos sportifs le méritent, et pour notre fierté nationale. Cependant, le mérite sans médaille, qui n’est pas moindre, ne devrait jamais être oublié.