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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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Comme il parlait, elle mit une main sur la sienne. Il était si doux… si… Elle s’effondra sur la couche, soutenue par la main de Leto, inconsciente. Leto se redressa, découvrant le poids énorme de sa faiblesse. Les visions de l’épice avaient absorbé ses forces. Il fit appel aux dernières traces d’énergie qui subsistaient dans ses cellules et parvint à quitter sa couche sans déranger Sabiha. Il devait partir mais il savait qu’il ne pourrait aller très loin. Lentement, il scella son distille, enfila sa robe et s’engagea dans le passage. Il ne fit que de rares rencontres qui l’ignorèrent. Bien sûr, on le reconnaissait, mais la garde de Leto ne leur incombait pas ; on pensait que Namri et Halleck savaient ce qu’il faisait et que Sabiha, de toute façon, ne devait pas être très loin.

Il découvrit enfin le passage latéral qu’il cherchait et s’y engagea sans hésitation.

Sabiha dormit paisiblement jusqu’à ce que Halleck l’éveille. Elle s’assit en se frottant les yeux, vit la couche vide, son oncle debout derrière Halleck, la colère sur leurs visages.

Namri répondit à sa question muette.

« Oui. Il est parti. »

« Comment l’as-tu laissé fuir ? explosa Halleck. Comment cela est-il possible ? »

« On l’a vu se diriger vers la sortie inférieure », dit Namri d’une voix étrangement calme.

Sabiha se faisait toute petite devant eux, essayant de se souvenir.

« Comment ? » répéta Halleck.

« Je ne sais pas. Je ne sais pas. »

« Il fait nuit et il est affaibli, dit Namri. Il n’ira pas loin. »

Halleck se tourna vers lui brusquement.

« Tu veux qu’il meure ? »

« Ce ne serait pas pour me déplaire. »

Halleck, sans répondre, s’adressa de nouveau à Sabiha.

« Dis-moi ce qui est arrivé. »

« Il m’a touché la joue. Il parlait de sa vision… où nous étions ensemble, lui et moi… (Elle regarda la couche vide.) Il m’a fait dormir. Il s’est servi de quelque tour magique…»

« Est-ce qu’il ne pourrait pas se cacher quelque part dans le sietch ? » demanda Halleck à Namri.

« Non. Nulle part sans être vu, sans qu’on le retrouve. Il cherchait une sortie. Il est dans le désert, à présent. »

« De la magie », murmura Sabiha.

« Non, ce n’est pas de la magie, dit Namri. Il t’a hypnotisée. Il y est presque parvenu avec moi, tu ne t’en souviens pas ? Il disait que j’étais son ami. »

« Il est très faible », fit Halleck.

« Son corps seul est faible. Mais il n’ira pas loin. J’ai neutralisé les pompes à talons de son distille. Sans eau, il mourra si nous ne le retrouvons pas. »

Halleck faillit le frapper, mais il se maîtrisa. Jessica l’avait prévenu que Namri serait peut-être obligé de tuer l’enfant. Dieux inférieurs ! Dans quelle situation étaient-ils ! Les Atréides contre les Atréides !

« Est-il possible qu’il soit encore dans la transe d’épice ? » demanda-t-il.

« Quelle différence cela fait-il ? S’il nous échappe, il mourra. »

« Nous commencerons les recherches à la première lueur du jour. Avait-il un Fremkit ? »

« Il y en a toujours quelques-uns près des sceaux. Il n’est pas assez bête pour ne pas en avoir pris un. Il ne m’a jamais fait l’impression d’être bête. »

« Il faut envoyer un message à nos amis, dit Halleck. Il faut leur dire ce qui est arrivé. »

« Pas de message cette nuit. Une tempête approche. Les tribus la repèrent depuis trois jours. Elle devrait être sur nous vers minuit. Les communications sont déjà coupées. Les satellites ont isolé ce secteur depuis deux heures. »

Halleck eut un soupir profond. Si la tempête de sable s’abattait sur l’enfant, il était irrémédiablement condamné. Le vent dévorerait sa chair et réduirait ses os en esquilles, en poussière. La mort simulée deviendrait bien réelle. Rageusement, il frappa sa paume de son poing. La tempête les piégeait dans le sietch. Ils ne pouvaient même pas monter une expédition de recherche. Et les parasites de la tempête isolaient déjà le sietch du réseau des communications.

« Un distrans », dit-il soudain, pensant qu’ils pouvaient imprimer un message sur le cri d’une chauve-souris et lui faire porter à destination le signal d’alerte.

Mais Namri secoua la tête : « Même les chauves-souris reculent devant la tempête. Allons : elles sont plus sensibles que nous. Elles resteront terrées dans les falaises jusqu’à ce que le vent tombe. Il vaut mieux attendre que la liaison soit rétablie avec les satellites. Après, nous aurons le temps de retrouver ses restes. »

« S’il a un Fremkit, il se cachera dans le sable », dit Sabiha.

Jurant sourdement, Halleck se détourna brusquement et partit vers l’intérieur du sietch.

46

La paix exige des solutions, mais nous ne parvenons jamais à des solutions vivantes, nous ne faisons qu’œuvrer dans leur direction. Une solution définitive est par définition une solution morte. Le défaut majeur de la paix est qu’elle tend à punir les fautes plutôt qu’à récompenser la valeur.

Les Paroles de Mon Père :
Relation de Muad’Dib
retranscrite par Harq al-Ada.

« Elle l’éduque ? Elle éduque Farad’n ? »

Alia fixait sur Duncan Idaho un regard où se mêlaient la colère et l’incrédulité. Le transport de la Guilde s’était placé en orbite autour d’Arrakis à midi heure locale. Une heure plus tard, la navette avait amené Duncan en Arrakeen sans qu’il fût annoncé. Et, quelques minutes après, un orni le déposait sur la terrasse du Donjon. C’est là qu’Alia, avertie de son arrivée imminente, l’avait accueilli, froide et cérémonieuse devant ses gardes. A présent ils se trouvaient dans ses appartements, sous la face nord. Duncan venait de faire son rapport, avec sincérité, avec précision, mettant en relief chaque élément, à la façon mentat.

« Elle a perdu l’esprit », dit Alia.

Il soumit ces paroles à une analyse mentat et déclara :

« Tous les paramètres indiquent pourtant qu’elle demeure très équilibrée et saine d’esprit. J’ajouterai que son indice de santé était plutôt…»

« Assez ! A quoi peut-elle donc songer ? »

Idaho, sachant que son propre équilibre émotionnel dépendait maintenant d’une retraite dans la froideur mentat, répondit : « Je compute qu’elle a en tête les fiançailles de sa petite-fille. »

Ses traits restaient absolument neutres. C’était un masque qui recouvrait le chagrin qui montait en lui et menaçait de l’engloutir. Ce n’était pas Alia qu’il avait devant lui. Alia était morte. Pendant un temps, il avait maintenu l’existence d’un mythe-Alia à l’usage de ses sens, un être qu’il avait construit selon ses désirs, mais un mentat ne pouvait ainsi s’abuser lui-même que pour un temps limité. Cette créature d’apparence humaine était possédée. Elle était conduite par une psyché démoniaque. Les myriades de facettes de ses yeux d’acier transmettaient aux centres de sa vision une multitude d’Alias mythiques. Mais, lorsqu’il les combinait toutes en une image unique, Alia n’existait plus. Son visage répondait à d’autres exigences ; elle n’était plus qu’une coquille vide dans laquelle des atrocités avaient été commises.

« Où est Ghanima ? » demanda-t-il.

Elle éluda la question. » Je l’ai confiée à la garde de Stilgar, ainsi qu’Irulan. »

Territoire neutre, songea-t-il. Il y a de nouvelles négociations en cours avec les tribus rebelles. Elle perd du terrain et ne le sait pas… Ou bien le sait-elle ? Y aurait-il une autre raison ? Stilgar s’est-il retourné contre elle ?

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