Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Elle en atteignit l’angle et s’arrêta, considérant l’autre côté. Elle ne s’était pas trompée quand elle jugeait les bâtiments trop éloignés. Elle observait ceux de la rue suivante. Toute la rangée des édifices qui aurait dû leur faire face avait disparu, effondrée en un amoncellement de tuiles, de poutres et de briques enchevêtrées, et le dos des immeubles derrière se retrouvait exposé.
Il avait dû s’agir d’une HE : une bombe de forte puissance. Et Badri avait raison. Il était facile de perdre ses repères après un bombardement. Elle ne savait pas à quel niveau de la voie elle se situait. Elle regardait dans la direction où la courbe et Saint-George auraient dû se trouver, mais le brouillard était si épais qu’elle ne distinguait ni l’une ni l’autre.
Rien ne lui paraissait familier. Elle examina la rangée des entrepôts de l’autre côté. Ils ne semblaient pas endommagés. Et le second à partir de l’angle était doté d’un escalier en bois zigzaguant sur sa façade arrière, escalier qui ne s’était pas écroulé. S’il avait été aussi délabré que l’escalier de l’allée menant au point de transfert, il serait tombé à la première poussée un peu rude. Alors, le choc d’une bombe…
Polly se retourna pour détailler les buildings de ce côté de la rue. Ils n’avaient pas été abîmés non plus. Même les vitrines de la boucherie étaient intactes. Les explosions ont vraiment des conséquences bizarres, songea-t-elle. La façade du marchand de légumes était intacte, elle aussi, et les paniers de choux n’avaient pas cessé de flanquer la porte…
Ça ne peut pas être le même épicier, pensa-t-elle en se mettant à courir pour s’approcher. Et pourtant si. Le store indiquait toujours : « T. Tubbins, fruits et légumes ».
Mais si c’est le même marchand de légumes, alors…
Elle s’arrêta, les yeux fixés non pas sur la boutique, mais sur l’amoncellement des gravats de l’autre côté de la rue, et sur la rangée des entrepôts derrière. Puis sur le passage étroit entre le deuxième et le troisième immeuble à partir du bout, débordant de tonneaux. Et sur l’Union Jack dessiné à la craie sur le mur de brique. Et sur les mots bien visibles malgré le smog et la nuit qui tombait : « Londres tiendrat ! »
Dunkerque, France, le 29 mai 1940
On ne gagne pas une guerre avec des évacuations.