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La vérité sur l'Affaire Harry Quebert

Электронная книга - «La vérité sur l'Affaire Harry Quebert». Краткое содержание книги:

À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.
Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces.
Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?
Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.
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Je posai mon stylo. Harry pleurait.

*

7 juillet 2008

À Boston, dans le salon du Plaza, Barnaski s’accorda une demi-heure pour parcourir la cinquantaine de pages que je lui avais apportées, avant de nous faire appeler.

— Alors ? lui demandai-je en pénétrant dans la pièce.

Il eut un regard lumineux :

— C’est tout simplement génial, Goldman ! Génial ! Je savais que vous étiez l’homme de la situation !

— Attention, ces pages ce sont surtout mes notes. Il y a des faits dedans qui ne devront pas être publiés.

— Bien sûr, Goldman. Bien sûr. De toute façon, vous approuverez les épreuves finales.

Il commanda du champagne, étala les contrats sur la table et en récapitula le contenu :

— Livraison du manuscrit pour fin août. Les jaquettes publicitaires seront déjà prêtes. Relecture et mise en forme en deux semaines, impression dans le courant du mois de septembre. Sortie prévue pour la dernière semaine de septembre. Au plus tard. Quel timing parfait ! Juste avant l’élection présidentielle et plus ou moins au moment de la tenue du procès de Quebert ! Coup de marketing phénoménal, mon cher Goldman ! Hip hip hip hourra !

— Et si l’enquête n’est pas bouclée ? demandai-je. Comment dois-je terminer le livre ?

Barnaski avait une réponse déjà toute prête et validée par son service juridique :

— Si l’enquête est terminée, c’est un récit authentique. Si elle ne l’est pas, on laisse le sujet ouvert ou alors vous suggérez la fin et c’est un roman. Juridiquement, c’est intouchable et pour les lecteurs, ça ne fait aucune différence. Et puis tant mieux si l’enquête n’est pas terminée : on pourra toujours faire un second tome. Quelle aubaine !

Il me regarda d’un air entendu ; un employé apporta le champagne et il insista pour l’ouvrir lui-même. Je signai son contrat, il fit sauter le bouchon, renversa du champagne partout, remplit deux coupes et en tendit l’une à Douglas et l’autre à moi. Je demandai :

— Vous n’en prenez pas ?

Il eut une moue dégoûtée et s’essuya les mains sur un coussin.

— Je n’aime pas ça. Le champagne, c’est juste pour le show. Le show, Goldman, c’est quatre-vingt-dix pour cent de l’intérêt que les gens portent au produit final !

Et il sortit téléphoner à la Warner Bros pour parler des droits cinématographiques.

Dans le courant de ce même après-midi, sur la route du retour à Aurora, je reçus un appel de Roth : il était dans tous ses états.

— On a les résultats, Goldman !

— Quels résultats ?

— L’écriture ! Ce n’est pas celle de Harry ! Ce n’est pas lui qui a écrit ce mot sur le manuscrit !

Je poussai un cri de joie.

— Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? demandai-je.

— Je n’en sais rien encore. Mais si ce n’est pas son écriture, cela confirme qu’il n’avait pas le manuscrit au moment où Nola a été tuée. Or le manuscrit est l’une des principales preuves à charge de l’accusation. Le juge vient de fixer une nouvelle audience de comparution ce jeudi 10 juillet à onze heures. Une convocation si rapide, c’est sûrement une bonne nouvelle pour Harry !

J’étais très excité : Harry serait bientôt libre. Il avait donc toujours dit la vérité, il était innocent. J’attendis avec impatience que jeudi arrive. Mais à la veille de cette nouvelle audience, le mercredi 9 juillet, une catastrophe se produisit. Ce jour-là, vers dix-sept heures, j’étais à Goose Cove, dans le bureau de Harry, en train de relire mes notes sur Nola. C’est alors que je reçus un appel de Barnaski sur mon téléphone portable. Sa voix tremblait.

— Marcus, j’ai une terrible nouvelle, me dit-il d’emblée.

— Que se passe-t-il ?

— Il y a eu un vol…

— Comment ça, un vol ?

— Vos feuillets… Ceux que vous m’avez apportés à Boston.

— Quoi ? Comment est-ce possible ?

— Ils étaient dans un tiroir de mon bureau. Hier matin, je ne les ai pas retrouvés… J’ai d’abord pensé que Marisa avait fait de l’ordre et les avait mis au coffre, elle fait ça parfois. Mais lorsque je lui ai posé la question, elle m’a dit qu’elle ne les avait pas touchés. Je les ai cherchés toute la journée d’hier mais en vain.

Mon cœur battait fort. Je pressentais une tempête.

— Mais qu’est-ce qui vous fait penser qu’ils ont été volés ? demandai-je.

Il y eut un long silence puis il répondit :

— J’ai reçu des coups de fil, toute l’après-midi : le Globe, USA Today, le New York Times… Quelqu’un a transmis des copies de vos feuillets à toute la presse nationale, qui s’apprête à les diffuser. Marcus : il est probable que demain, tout le pays prendra connaissance du contenu de votre bouquin.

DEUXIÈME PARTIE

La guérison des écrivains

(Rédaction du livre)

14.

Un fameux 30 août 1975

“Vous voyez, Marcus, notre société a été conçue de telle façon qu’il faut sans cesse choisir entre raison et passion. La raison n’a jamais servi personne et la passion est souvent destructrice. J’aurais donc bien de la peine à vous aider.

— Pourquoi me dites-vous ça, Harry ?

— Comme ça. La vie est une arnaque.

— Vous allez finir vos frites ?

— Non. Servez-vous si le cœur vous en dit.

— Merci, Harry.

— Ça ne vous intéresse vraiment pas, ce que je vous raconte ?

— Si, beaucoup. Je vous écoute attentivement. Numéro 14 : la vie est une arnaque.

— Mon Dieu, Marcus, vous n’avez rien compris. J’ai parfois l’impression de converser avec un débile.”

16 heures

La journée avait été magnifique. Un de ces samedis ensoleillés de la fin de l’été qui baignaient Aurora dans une atmosphère paisible. Dans le centre-ville, on avait vu flâner les gens, tranquilles, s’attardant devant les vitrines pour profiter des derniers jours de beau temps. Les rues des quartiers résidentiels, désertées par les voitures, s’étaient vues annexées par les enfants qui y organisaient des courses de vélos et de patins à roulettes tandis que leurs parents, à l’ombre des porches, sirotaient des limonades en épluchant les journaux.

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