La citadelle de l'Autarque [The Citadel of the Autarch - fr]
- Автор: Вулф Джин Родман
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-25635-9
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Фэнтези
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— Vous vous faites l’avocat des morts. »
Le vieil homme acquiesça. « Oui. Tout le monde parle d’être correct envers un tel, juste envers tel autre. Mais il ne vient jamais à l’idée de personne de leur rendre justice. Nous nous emparons de tout ce qui leur a appartenu, et c’est très bien ; et crachons la plupart du temps sur leurs opinions, ce qui, je suppose, est également très bien. Mais il ne serait pas mauvais de se souvenir, de temps en temps, de tout ce que nous avons et qui nous vient d’eux. C’est pourquoi je me suis mis en tête de parler en leur faveur tant que j’étais ici. Et maintenant, si vous le voulez bien, Autarque, je vais simplement poser ma lettre sur cette drôle de table…
— Roudessind…
— Oui, Autarque ?
— Allez-vous retourner nettoyer vos tableaux ? »
Il acquiesça de nouveau. « C’est l’une des raisons pour lesquelles il me tarde de partir, Autarque. J’étais au Manoir Absolu jusqu’à ce que mon maître… », il s’arrêta soudain et déglutit comme le font les personnes qui pensent en avoir peut-être trop dit, «… parte au septentrion. J’ai encore un Féchine à nettoyer, et je suis en retard.
— Roudessind, nous connaissons déjà les réponses à la question que vous croyez que nous allons vous poser. Nous savons que votre maître est ce que les gens du peuple appellent un cacogène, et que pour quelque raison, celui-ci fait partie des rares qui ont décidé de partager le sort de l’humanité et de se fixer sur Teur comme simple être humain. Tel est aussi le cas de la Cuméenne, quelqu’un que vous ne connaissez peut-être pas. Nous savons même que votre maître se trouvait avec nous dans les jungles du Nord, où il a essayé de porter secours à notre prédécesseur, jusqu’à ce qu’il fût trop tard. Nous n’avons plus qu’une chose à vous dire : si un jeune homme chargé d’une commission passe près de vous tandis que vous êtes sur votre escabeau, envoyez-le voir maître Oultan. C’est un ordre. »
Quand il fut parti, je déchirai l’enveloppe. La feuille de papier qu’elle contenait n’était pas très grande, mais elle était couverte d’une écriture minuscule, comme si une nuée d’araignées nouveau-nées avaient été plaquées contre sa surface.
« Son humble serviteur Inire salue le Fiancé de Teur, le Maître de Nessus et du Manoir Absolu, le Père de sa Race, l’Or de son Peuple, le Messager de l’Aube, Hélios, Hypérion, Sourya, Savitar et Autarque !
Je me hâte, et serai près de vous d’ici deux jours.
Il s’est passé plus d’un jour avant que je n’apprenne ce qui était arrivé. L’essentiel de mon information vient de la femme Aghia, qui, si j’en crois son récit, est responsable de votre évasion. Elle m’a aussi parlé de vos précédentes rencontres, car, comme vous le savez, je dispose de quelques moyens pour soutirer des renseignements.
Vous aurez aussi sans doute appris d’elle que l’exultant Vodalus a péri de sa main. Sa maîtresse, la châtelaine Théa, a tout d’abord tenté de prendre le contrôle des myrmidons qui se trouvaient près de leur maître à sa mort ; mais comme elle n’a aucune aptitude à les commander, et encore moins à se faire respecter de ceux qui sont dans le Sud, j’ai agi et placé cette Aghia à sa place. Étant donné que vous lui avez déjà accordé la grâce, je suppose que vous approuverez ma décision. Il est certainement tout à fait désirable de maintenir en existence un mouvement qui s’est montré tellement utile par le passé, et tant que les miroirs de l’appelant Héthor continueront de fonctionner, elle constituera un chef tout à fait plausible.
Vous estimez peut-être que le vaisseau que j’ai procuré à mon maître, l’ancien Autarque, s’est révélé peu satisfaisant – ce que je ne peux nier –, mais c’était le meilleur de ceux dont je pouvais disposer, et je ne l’ai pas obtenu sans mal. J’ai moi-même été obligé de voyager vers le sud par d’autres moyens, beaucoup plus lents ; il se peut qu’arrive bientôt le moment où mes cousins seront prêts à se ranger non seulement du côté de l’humanité, mais aussi du nôtre – mais pour l’heure, ils continuent à considérer Teur comme une planète moins importante que bien d’autres mondes colonisés, et à mettre les Asciens sur un pied d’égalité avec nous – comme d’ailleurs avec les Xanthodermes et bien d’autres.
Peut-être disposez-vous de nouvelles plus récentes et plus précises que les miennes. Au cas où vous n’en auriez pas : sachez que la guerre connaît des hauts et des bas. Aucune de leur manœuvre d’enveloppement n’a réussi à pénétrer vraiment nos lignes, et leur poussée la plus australe, en particulier, a subi de telles pertes que l’on peut tenir pour détruites les troupes chargées de l’offensive. Je sais que la mort de tant de misérables esclaves d’Erèbe ne vous donnera aucune joie particulière, mais au moins nos armées peuvent-elles profiter d’un moment de répit.
Elles en ont bien besoin. Un mouvement de sédition, qu’il faut absolument mater, agite les Paraliens. Les Tarentines, vos antrustions et les légions citadines – les trois groupes qui ont subi les assauts les plus violents – ont presque autant souffert que l’ennemi. Certaines de leurs cohortes ne pourraient pas rassembler cent soldats valides sous leur drapeau.
Je n’ai pas besoin de vous dire qu’il nous faudrait beaucoup plus d’armes individuelles et, en particulier, d’artillerie, si on pouvait persuader mes cousins de s’en séparer à un prix acceptable. En attendant, il faut faire tout ce qui est dans nos moyens pour lever de nouvelles troupes, et vite, afin que les recrues aient fini leur entraînement au printemps. Des unités légères capables de mener des escarmouches meurtrières sans se débander seraient particulièrement bienvenues. Mais si les Asciens reprennent la guerre l’année prochaine, c’est par centaines de milliers qu’il nous faudra des piquenaires et des pilani ; il serait déjà bon d’en appeler au moins une partie sous les armes.
Toutes nouvelles que vous auriez des dernières incursions d’Abaïa seraient plus fraîches que les miennes, car je n’en ai pas depuis que j’ai quitté le front. Hormisdas est parti vers le sud, je crois, mais Olaguer devrait pouvoir vous informer.
En hâte et avec le plus grand respect,