Deuil express
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #13
- Год: 1954
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Deuil express». Краткое содержание книги:
Quant à moi, en voilà assez pour aujourd'hui. Je n'ai plus qu'à aller me coller dans les toiles en attendant que la Terre ait fini son petit tour dans le noir.
Comme on ne fait rien de bon le ventre vide, je vais casser une graine dans un petit restau à rideaux rouges sur la nationale.
La tortore est mimi : tripes à la mode, steak au poivre, soufflé. Je me bouscule deux fines et je constate que le moment est venu de jouer mes brèmes.
J’espère que les deux zigs de la maison fermée aiment les oranges. Enfin, je peux toujours me pointer. Au cas où ça ne tournerait pas rond, je leur dirai que j’ai perdu mon stylo en livrant, tout à l’heure.
Je m’annonce donc devant la grille. Je sonne : tintin… J’entends le grelottement argentin à l’intérieur de la strass. Personne ne répond. Par mesure de sécurité, je remets ça… Je compte jusqu’à vingt, posément, puis je fais appel à mon sésame, vous savez, ce petit outil particulier qui enjôle les serrures.
En moins de temps qu’il n’en faut à un gendarme pour comprendre la dernière de Titin, je suis dans la place.
Et je vais vous dire, il était temps que je m’annonce, because ma séance a eu des conséquences imprévues. Le couple est groggy. Stumer gît dans un fauteuil de la salle à manger, sa donzelle est allongée sur le tapis style persan-Bazar de l’Hôtel de Ville et, pendant ce temps, le gaz part, comme dirait mon collègue Bérurier, qui a toujours de l’esprit à distiller. Le café qui chauffait s’est mis à bouillir, il a éteint la flamme et ça renifle le gaz.
J’éteins presto. Je ne pense pas que mes deux mecs aient été incommodés ; néanmoins, il était temps.
Je les examine : ils en ont pour un moment à récupérer.
Je me mets en devoir de fouiller la maison méthodiquement. Je commence par la cave, et je termine par le grenier. Rien ne m’échappe. Pas un millimètre carré de ce pavillon. Je décroche les tableaux, je sonde les murs, je fouille dans les pots de farine…
Je palpe les fringues, je décloue les tapisseries de fauteuil, j’éventre les matelas.
Zéro sur la question des documents. De toute évidence, Stumer a pris ses précautions. Il a carré ceux-ci dans un endroit sûr, car il a tout prévu, le bougre.
Je reviens à la salle à manger, où le couple flotte toujours dans une bienheureuse inconscience.
Et alors, je me dis qu’il faut cogner un grand coup.
L’heure n’est plus à la rigolade. Lorsque Stumer reprendra connaissance, il comprendra que sa campagne a été l’objet d’une sérieuse razzia.
Tant qu’à faire, autant y aller à fond.
Je ramasse la môme par les aisselles, je la charge sur mon épaule et je la porte jusqu’à ma bagnole.
Lorsqu’elle est allongée sur le coussin de derrière, je reviens au bonhomme. Je tire mon carnet de notes, j’arrache un feuillet blanc et j’écris :
Stumer,
Si tu veux revoir ta souris sur ses deux pattes, ne joue pas au con et attends le coup de téléphone.