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La Marquise De Pompadour Tome I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Marquise De Pompadour Tome I

Электронная книга - «La Marquise De Pompadour Tome I». Краткое содержание книги:

Un jour de 1744, Jeanne Poisson, belle jeune femme, rencontre, au hasard d'un bois, le roi Louis XV qui chasse, et obtient de lui la grâce d'un cerf. A la suite d'un chantage visant son père, Jeanne est bientôt obligée d'épouser un homme qu'elle n'aime pas, Henri d'Etioles. Mais le roi a à son tour succombé au charme de Jeanne et leur idylle éclate au grand jour. Les intrigues s'échafaudent et de sinistres personnages comme le comte du Barry ou le mystérieux M. Jacques manigancent dans l'ombre. Quel sera le destin de Jeanne?
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D’Assas tressaillit et passa une main sur son front.

Le laquais se retira discrètement. Le chevalier, demeuré seul, examina curieusement les costumes accrochés dans l’armoire: dans la poche de chacun d’eux, il trouva une bourse!…

– Oh! oh! murmura-t-il, ceci dépasse le rêve!…

Il tira l’une de ces bourses. Elle contenait des louis d’or et un billet. D’Assas compta les louis: il y en avait cent.

– Deux mille francs!… Ma solde de huit mois!… Et il y en a autant dans l’autre costume!…

Alors il lut le billet. Il contenait ces simples mots signés d’un J:

«Puisez sans crainte. Cet argent est pour vos menus frais. On aurait cru vous importuner en mettant plus. Mais dès que l’une des deux bourses sera vide, remettez-la au laquais qui vous sert. Il a ordre de la remplir. Soyez brave, fidèle et patient.»

– Eh bien, par la mordieu! grommela le chevalier, puisqu’il en est ainsi, j’accepte! Je veux voir jusqu’où ira la fantasmagorie!… Brave… je crois l’être. Fidèle, – je le suis certainement. Patient?… Hum!… Enfin, ce M. Jacques me semble jouer un jeu étrange. Que veut-il?… Il en agit avec moi comme un vieil ami… comme un père indulgent… Ma foi, nous verrons bien!…

Là-dessus, le chevalier se coucha dans le lit le plus moelleux qu’il eût encore connu et ne tarda pas à s’endormir d’un profond sommeil. Il rêva qu’il se trouvait dans le palais enchanté des fées, que tout ce qu’il touchait se transformait en or, et que Jeanne lui tendait les bras en souriant…

Il avait un peu plus de vingt ans, M. le chevalier d’Assas.

Mais, franchement, eût-il été même plus âgé, eût-il eu la sagesse du roi Salomon, n’eût-il pas été encore excusable de continuer en sommeil le rêve qu’il avait commencé tout éveillé?…

XXIX LE PAVILLON D’EN FACE

Pendant que d’Assas, dans le pavillon de gauche, soupait, s’étonnait, dormait et rêvait, une scène d’un tout autre genre se passait dans le pavillon de droite qui semblait si désert. La disposition de ce pavillon était identiquement la même que dans celui qu’occupait d’Assas: une entrée, trois pièces… Seulement, ces trois pièces, et surtout la chambre à coucher, avaient une apparence plus féminine, avec plus de bibelots d’art, des meubles plus délicats, des tapis plus épais, des rideaux de soie plus lourds et plus gracieux à la fois.

Et en effet, ce pavillon était habité par une femme.

Et cette femme, c’était Juliette Bécu, celle-là même que du Barry avait audacieusement présentée au bal de l’Hôtel de Ville comme la comtesse du Barry.

Dans le petit salon, deux personnages étaient assis et se livraient à un entretien qui devait être des plus intéressants, à en juger par l’animation de leurs traits.

C’étaient le comte très authentique et la fausse comtesse.

Juliette Bécu semblait inquiète.

Du Barry cherchait à calmer ses inquiétudes.

– Mais enfin, reprenait la fille galante, continuant une conversation commencée, que veut-il?… Si le roi est amoureux de cette petite mijaurée, que puis-je y faire?…

– Écoutez, ma chère, répondit du Barry. Je vais vous exposer le plan de celui qui est en ce moment notre maître à tous deux et auquel nous devons obéir… Ce plan est simple et géniaclass="underline" Mme d’Étioles se trouve dans une maison… tenez, supposez que ce soit le pavillon qui se trouve en face et que vous avez vu en entrant.

– Il est inhabité…

– C’est vrai. Mais supposez un instant qu’il soit habité, et qu’il le soit précisément par Mme d’Étioles… Vous comprenez?… Vous ici… Mme d’Étioles en face… Je continue mes suppositions: par suite de combinaisons qui vous seront expliquées, un beau soir Mme d’Étioles vient prendre votre place…

– Ici? fit Juliette.

– Oui, ici. Or, en même temps, vous prenez la sienne… En d’autres termes, vous vous trouvez habiter tout à coup la maison qu’habite Mme d’Étioles. Et Mme d’Étioles se trouve habiter la vôtre. Est-ce clair?

– J’entends. Mais après?…

– Vous ne comprenez pas?…

– Que voulez-vous, mon cher, depuis quelque temps, je vis dans le pays des énigmes.

– C’est pourtant simple…

– Et génial, vous l’avez dit!…

– Eh bien! supposons qu’un soir, par une nuit sombre, le roi de France, qui aura enfin reçu un mot de Mme d’Étioles l’appelant près d’elle, supposons, dis-je, que Louis se mette en route pour se rendre chez Mme d’Étioles… Il arrive, il entre, il trouve les lumières éteintes parce que la pudeur de la pauvre enfant se révolte… et il tombe dans les bras d’une femme qui se trouve être…

– Juliette Bécu, comtesse du Barry!… Admirable!…

– N’est ce pas? Alors, dame, si le roi s’aperçoit de la substitution, c’est à vous de ne pas la lui faire regretter…

– Je m’en charge! s’écria résolument la fille galante. Mais que devient pendant ce temps la petite d’Étioles?

– Je vous l’ai dit: elle a pris ici votre place. Et alors il se trouve que le pavillon d’en face est soudain habité par un galant qui adore cette charmante enfant, qui entre ici, qui aperçoit son idole, tombe à ses pieds pendant que le roi tombe aux vôtres, et lui prouve que la jeunesse et l’amour valent bien la royauté, tandis que vous prouvez à Louis qu’en amour erreur peut faire compte…

– Mon cher, fit Juliette, ce n’est pas géniaclass="underline" c’est sublime!

– Plus que vous ne pensez!… Car voyez si tout a été prévu, combiné, arrangé… Supposez que ce galant dont je vous ai parlé…

– Celui qui tombe aux pieds de la petite mijaurée…

– Oui. Eh bien! supposez que ce galant ait gravement insulté un honnête homme… comme moi, par exemple. Le galant entre ici, fait un rêve somptueux, s’enivre d’amour pendant huit, dix, quinze jours… Moi, je suppose que c’est moi l’honnête homme insulté, – moi, pendant ce temps, j’attends avec cette impatience que vous me connaissez. Et quand mon galant sort enfin, je lui mets la main à l’épaule et je lui dis: À nous deux, d’Assas!…

– Ah! il s’appelle d’Assas?…

– Oui! fit du Barry en éclatant de rire… un rire sinistre et funèbre qui glaça Juliette. Le digne galant veut tirer son épée pour me faire honneur. Mais comme par hasard, il tombe sur la pointe de mon poignard, se blesse au sein, et meurt… Alors voici le plus beau…

– Voyons? fit Juliette en frissonnant.

Du Barry, le visage décomposé par la haine, continua:

– Alors, des gens de bonne volonté, – il s’en trouve toujours – courent chercher la maréchaussée. On accourt On trouve le cadavre à la porte de la d’Étioles qui se trouve justement avoir insulté aussi l’honnête homme dont je vous parlais…

– C’est-à-dire vous…

– Moi ou un autre, peu importe. La petite d’Étioles est désignée comme la meurtrière. On l’arrête. On lui fait son procès. Vingt jeunes gens viennent témoigner qu’elle les a attirés ici pour des parties de débauche et qu’elle a ensuite tenté de les poignarder, comme on dit que faisait jadis Marguerite de Bourgogne pour ses amants d’une nuit… Ces dignes jeunes gens n’ont pas voulu dénoncer une femme. Mais puisqu’elle est prise, puisqu’elle a tué un pauvre gentilhomme, ils n’hésitent plus… La d’Étioles est condamnée, exécutée… et vous demeurez seule maîtresse de la situation… Est-ce beau!…

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