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Les Enfants Du Capitaine Grant

Электронная книга - «Les Enfants Du Capitaine Grant». Краткое содержание книги:

Lord et Lady Glenarvan, ainsi que le géographe Paganel, aident Mary et Robert Grant à retrouver leur père qui a fait naufrage sur une île dont on ne connait que la latitude, ce qui les amène à traverser l'Amérique du sud, puis l'Australie où un bagnard évadé, Ayrton, tente de s'emparer du yacht de Glenarvan, et enfin l'Océanie où, après avoir échappé aux anthropophages, il retrouveront enfin la trace de leur père…
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«Vous étiez quartier-maître à bord du Britannia?

– Oui», répondit Ayrton sans hésiter.

Mais, comprenant qu’un certain sentiment de défiance, un doute, si léger qu’il fût, avait dicté cette demande au major, il ajouta:

«J’ai d’ailleurs sauvé du naufrage mon engagement à bord.»

Et il sortit immédiatement de la salle commune pour aller chercher cette pièce officielle. Son absence ne dura pas une minute. Mais Paddy O’Moore eut le temps de dire:

«Mylord, je vous donne Ayrton pour un honnête homme. Depuis deux mois qu’il est à mon service, je n’ai pas un seul reproche à lui faire. Je connaissais l’histoire de son naufrage et de sa captivité. C’est un homme loyal, digne de toute votre confiance.»

Glenarvan allait répondre qu’il n’avait jamais douté de la bonne foi d’Ayrton, quand celui-ci rentra et présenta son engagement en règle. C’était un papier signé des armateurs du Britannia et du capitaine Grant, dont Mary reconnut parfaitement l’écriture.

Il constatait que «Tom Ayrton, matelot de première classe, était engagé comme quartier-maître à bord du trois-mâts Britannia, de Glasgow.» il n’y avait donc plus de doute possible sur l’identité d’Ayrton, car il eût été difficile d’admettre que cet engagement fût entre ses mains et ne lui appartînt pas.

«Maintenant, dit Glenarvan, je fais appel aux conseils de tous, et je provoque une discussion immédiate sur ce qu’il convient de faire. Vos avis, Ayrton, nous seront particulièrement précieux, et je vous serai fort obligé de nous les donner.»

Ayrton réfléchit quelques instants, puis il répondit en ces termes:

«Je vous remercie, mylord, de la confiance que vous avez en moi, et j’espère m’en montrer digne. J’ai quelque connaissance de ce pays, des mœurs des indigènes, et si je puis vous être utile…

– Bien certainement, répondit Glenarvan.

– Je pense comme vous, répondit Ayrton, que le capitaine Grant et ses deux matelots ont été sauvés du naufrage; mais, puisqu’ils n’ont pas gagné les possessions anglaises, puisqu’ils n’ont pas reparu, je ne doute pas que leur sort n’ait été le mien, et qu’ils ne soient prisonniers d’une tribu de naturels.

– Vous répétez là, Ayrton, les arguments que j’ai déjà fait valoir, dit Paganel. Les naufragés sont évidemment prisonniers des indigènes, ainsi qu’ils le craignaient. Mais devons-nous penser que, comme vous, ils ont été entraînés au nord du trente-septième degré?

– C’est à supposer, monsieur, répondit Ayrton; les tribus ennemies ne demeurent guère dans le voisinage des districts soumis aux anglais.

– Voilà qui compliquera nos recherches, dit Glenarvan, assez déconcerté. Comment retrouver les traces des prisonniers dans l’intérieur d’un aussi vaste continent?»

Un silence prolongé accueillit cette observation.

Lady Helena interrogeait souvent du regard tous ses compagnons sans obtenir une réponse. Paganel lui-même restait muet, contre son habitude. Son ingéniosité ordinaire lui faisait défaut. John Mangles arpentait à grands pas la salle commune, comme s’il eût été sur le pont de son navire, et dans quelque embarras.

«Et vous, Monsieur Ayrton, dit alors lady Helena au matelot, que feriez-vous?

– Madame, répondit assez vivement Ayrton, je me rembarquerais à bord du Duncan, et j’irais droit au lieu du naufrage. Là, je prendrais conseil des circonstances, et peut-être des indices que le hasard pourrait fournir.

– Bien, dit Glenarvan; seulement, il faudra attendre que le Duncan soit réparé.

– Ah! vous avez éprouvé des avaries? demanda Ayrton.

– Oui, répondit John Mangles.

– Graves?

– Non, mais elles nécessitent un outillage que nous ne possédons pas à bord. Une des branches de l’hélice est faussée, et ne peut être réparée qu’à Melbourne.

– Ne pouvez-vous aller à la voile? demanda le quartier-maître.

– Si, mais, pour peu que les vents contrarient le Duncan, il mettrait un temps considérable à gagner Twofold-Bay, et, en tout cas, il faudra qu’il revienne à Melbourne.

– Eh bien, qu’il y aille, à Melbourne! s’écria Paganel, et allons sans lui à la baie Twofold.

– Et comment? demanda John Mangles.

– En traversant l’Australie comme nous avons traversé l’Amérique, en suivant le trente-septième parallèle.

– Mais le Duncan? reprit Ayrton, insistant d’une façon toute particulière.

– Le Duncan nous rejoindra, ou nous rejoindrons le Duncan, suivant le cas. Le capitaine Grant est-il retrouvé pendant notre traversée, nous revenons ensemble à Melbourne. Poursuivons-nous, au contraire, nos recherches jusqu’à la côte, le Duncan viendra nous y rejoindre. Qui a des objections à faire à ce plan? Est-ce le major?

– Non, répondit Mac Nabbs, si la traversée de l’Australie est praticable.

– Tellement praticable, répondit Paganel, que je propose à lady Helena et à miss Grant de nous accompagner.

– Parlez-vous sérieusement, Paganel? demanda Glenarvan.

– Très sérieusement, mon cher lord. C’est un voyage de trois cent cinquante milles, pas davantage! À douze milles par jour, il durera un mois à peine, c’est-à-dire le temps nécessaire aux réparations du Duncan. Ah! S’il s’agissait de traverser le continent australien sous une plus basse latitude, s’il fallait le couper dans sa plus grande largeur, passer ces immenses déserts où la chaleur est torride, faire enfin ce que n’ont pas encore tenté les plus hardis voyageurs, ce serait différent! Mais ce trente-septième parallèle coupe la province de Victoria, un pays anglais s’il en fut, avec des routes, des chemins de fer, et peuplé en grande partie sur ce parcours. C’est un voyage qui se fait en calèche, si l’on veut, ou en charrette, ce qui est encore préférable. C’est une promenade de Londres à Édimbourg. Ce n’est pas autre chose.

– Mais les animaux féroces? dit Glenarvan, qui voulait exposer toutes les objections possibles.

– Il n’y a pas d’animaux féroces en Australie.

– Mais les sauvages?

– Il n’y a pas de sauvages sous cette latitude, et en tout cas, ils n’ont pas la cruauté des nouveaux zélandais.

– Mais les convicts?

– Il n’y a pas de convicts dans les provinces méridionales de l’Australie, mais seulement dans les colonies de l’est. La province de Victoria les a non seulement repoussés, mais elle a fait une loi pour exclure de son territoire les condamnés libérés des autres provinces. Le gouvernement victorien a même, cette année, menacé la compagnie péninsulaire de lui retirer son subside, si ses navires continuaient à prendre du charbon dans les ports de l’Australie occidentale où les convicts sont admis. Comment! Vous ne savez pas cela, vous, un anglais!

– D’abord, je ne suis pas un anglais, répondit Glenarvan.

– Ce qu’a dit M Paganel est parfaitement juste, dit alors Paddy O’Moore. Non seulement la province de Victoria, mais l’Australie méridionale, le Queensland, la Tasmanie même, sont d’accord pour repousser les déportés de leur territoire. Depuis que j’habite cette ferme, je n’ai pas entendu parler d’un seul convict.

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