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Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban

Электронная книга - «Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban». Краткое содержание книги:

Sirius Black, le dangereux criminel qui s'est échappé de la forteresse d'Azkaban, recherche Harry Potter. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée à Poudlard. Au programme : des cours de divination, la fabrication d'une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes... Mais Harry est-il vraiment à l'abri du danger qui le menace ?
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Mais la tante Pétunia et l’oncle Vernon regardaient Harry d’un air tellement soupçonneux qu’il estima préférable de se passer de dessert et de sortir de table.

Lorsqu’il fut dans le vestibule, il s’appuya contre le mur et respira profondément. C’était la première fois depuis longtemps qu’il perdait son sang-froid et se laissait aller à faire exploser quelque chose. Il ne pouvait pas se permettre de recommencer une telle erreur. L’autorisation de sortie n’était pas le seul enjeu : s’il continuait comme ça, il aurait des ennuis avec le ministère de la Magie.

Harry était encore un sorcier de premier cycle et les lois en usage dans le monde de la sorcellerie lui interdisaient de faire usage de la magie en dehors du collège. Il avait déjà des antécédents : l’été précédent, il avait reçu une lettre officielle l’avertissant clairement que si le ministère entendait à nouveau parler de phénomènes magiques se produisant dans Privet Drive, il s’exposait à être renvoyé de Poudlard.

Bientôt, Harry entendit les Dursley se lever de table et il se hâta de monter dans sa chambre.

Harry supporta sans broncher les trois jours suivants en se forçant à penser à son Manuel d’entretien des balais chaque fois que la tante Marge s’en prenait à lui. La méthode s’était révélée efficace, bien qu’elle lui donnât sans doute un regard un peu éteint, car la tante Marge finit par émettre l’opinion définitive que ce garçon était mentalement arriéré.

Enfin, au bout d’un temps qui lui avait semblé interminable, le séjour de la tante Marge arriva à sa fin. Pour son dernier soir chez les Dursley, la tante Pétunia avait préparé un dîner particulièrement raffiné et l’oncle Vernon déboucha plusieurs bouteilles de vin. Ils dégustèrent la soupe et le saumon sans faire la moindre allusion aux défauts de Harry. Lorsqu’arriva la tarte meringuée au citron, l’oncle Vernon assomma tout le monde avec de longs discours sur la Grunnings, la fabrique de perceuses qu’il dirigeait. Ensuite, la tante Pétunia fit du café et l’oncle Vernon sortit une bouteille de cognac.

– J’espère que tu te laisseras tenter, Marge, dit-il.

La tante Marge avait déjà bu beaucoup de vin et son visage joufflu était plus rouge que jamais.

– Juste un fond, minauda-t-elle. Encore un peu quand même… Un tout petit peu… Voilà, comme ça, c’est parfait.

Dudley en était à sa quatrième part de tarte. La tante Pétunia buvait son café, le petit doigt en l’air. Harry aurait bien voulu disparaître dans sa chambre, mais lorsqu’il croisa le regard furieux de l’oncle Vernon, il comprit aussitôt qu’il lui faudrait rester assis là jusqu’à la fin.

– Aahhh ! soupira la tante Marge en claquant la langue et en reposant son verre de cognac. On peut dire que ça fait du bien par où ça passe ! Moi, avec mes douze chiens, je n’ai jamais le temps de me faire la cuisine, je mange toujours sur le pouce.

Elle rota sans retenue et caressa son gros ventre revêtu de tweed.

– Excusez-moi. Ah, ça fait vraiment plaisir de voir un garçon bien bâti, reprit-elle en adressant un clin d’œil à Dudley. Tu deviendras un bel homme costaud, Duddy, comme ton père. Je reprendrais bien une petite goutte de cognac, Vernon… Quant à l’autre, là…

D’un mouvement de tête, elle désigna Harry qui sentit son estomac se contracter. Le Manuel d’entretien des balais, pensat-il aussitôt.

– Il a l’air d’un petit avorton méchant, poursuivit la tante Marge. Ça arrive avec les chiens, parfois. L’année dernière, j’ai demandé au colonel Courtepatt d’en noyer un. On aurait dit un petit rat, il était tout faible, complètement dégénéré.

Harry s’efforçait de se rappeler la page 12 de son livre : Une formule magique pour améliorer les balais sous-vireurs.

– Comme je le disais l’autre jour, ça vient du sang, insista la tante Marge. Quand le sang est mauvais, ça ressort toujours. Je ne veux rien dire contre ta famille, Pétunia – du bout de ses gros doigts en forme de pelle, elle tapota la main osseuse de la tante Pétunia –, mais ta sœur avait une tare. Ce sont des choses qui arrivent dans les meilleures familles. Ensuite, elle s’est acoquinée avec un bon à rien et on a le résultat devant nous.

Harry contemplait son assiette. Un étrange tintement résonnait dans ses oreilles. Empoignez fermement l’extrémité du manche de votre balai, se récita-t-il. Mais il n’arrivait pas à se souvenir de la suite du texte. La voix de la tante Marge semblait lui vriller les tympans comme une des perceuses de l’oncle Vernon.

– Ce Potter, reprit la tante Marge qui saisit la bouteille de cognac et remplit à nouveau son verre en le faisant déborder sur la nappe, tu ne m’as jamais dit ce qu’il faisait dans la vie ?

L’oncle Vernon et la tante Pétunia paraissaient extrêmement tendus. Dudley avait même levé les yeux de son assiette et regardait ses parents avec des yeux ronds.

– Il… il ne travaillait pas, dit l’oncle Vernon en jetant un vague coup d’œil à Harry. Il était au chômage.

– Je l’aurais parié ! s’exclama la tante Marge.

Elle but une longue gorgée de cognac et s’essuya le menton sur sa manche.

– Un paresseux, un bon à rien, un fainéant qui…

– Ce n’est pas vrai, dit soudain Harry.

Un lourd silence tomba. Harry tremblait des pieds à la tête. De sa vie, il n’avait jamais ressenti une telle fureur.

– ENCORE UN PETIT VERRE DE COGNAC ! s’écria l’oncle Vernon qui était devenu livide.

Il vida la bouteille dans le verre de la tante Marge.

– Et toi, mon garçon, siffla-t-il à l’adresse de Harry, dépêche-toi de filer au lit, allez, vite !

– Non, Vernon, hoqueta la tante Marge en levant la main, ses petits yeux injectés de sang fixés sur Harry. Vas-y, mon garçon, vas-y, continue. Tu es fier de tes parents, n’est-ce pas ? J’imagine qu’ils étaient ivres quand ils se sont tués en voiture…

– Ils ne se sont pas tués en voiture, l’interrompit Harry qui s’était levé d’un bond.

– Ils sont morts dans un accident de la route, espèce de sale petit menteur, et c’est à cause de ça que tu es devenu un fardeau pour une famille honnête et travailleuse ! hurla la tante Marge en s’enflant de colère. Tu n’es qu’un petit insolent, ingrat et…

Mais soudain, la tante Marge se tut. Pendant un instant, il sembla que les mots lui manquaient. Elle paraissait gonflée d’une fureur impossible à exprimer, mais en fait, elle enflait pour de bon. Son gros visage écarlate se boursoufla, ses yeux minuscules sortirent de leurs orbites et sa bouche se tendit si fort qu’elle était incapable de parler. Un instant plus tard, les boutons de sa veste de tweed sautèrent et rebondirent sur les murs. Elle continua de gonfler comme un monstrueux ballon, son ventre déchira ses vêtements, ses doigts devinrent aussi gros que des saucissons…

– MARGE ! s’écrièrent ensemble l’oncle Vernon et la tante Pétunia tandis que le corps de la tante Marge s’élevait de sa chaise en montant vers le plafond.

Elle était toute ronde à présent. Telle une énorme bouée dotée de petits yeux porcins, avec des mains et des pieds qui dépassaient étrangement comme des nageoires, elle flottait en l’air en émettant des borborygmes apoplectiques. Molaire se précipita dans la salle à manger et se mit à aboyer comme un fou.

– NOOOOOOOONNNNNN !

L’oncle Vernon saisit l’un des pieds de Marge et essaya de la ramener à terre mais ce fut lui qui faillit s’envoler à son tour. Molaire se jeta alors sur ses mollets et y planta les crocs.

Harry se précipita hors de la salle à manger avant que quiconque ait pu l’en empêcher et fonça vers le placard sous l’escalier. Lorsqu’il se trouva devant la porte, celle-ci s’ouvrit comme par enchantement. Quelques secondes plus tard, il traîna sa grosse valise dans le vestibule, puis il monta l’escalier quatre à quatre, souleva la lame du parquet et reprit la taie d’oreiller dans laquelle étaient enveloppés ses livres et ses cadeaux d’anniversaire. Il prit également la cage d’Hedwige et dévala l’escalier. Il était de retour près de sa valise lorsque l’oncle Vernon surgit de la salle à manger, sa jambe de pantalon en lambeaux.

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