Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » La rédemption de Christophe Colomb [Pastwatch: The Redemption of Christopher Columbus - fr]
La rédemption de Christophe Colomb [Pastwatch: The Redemption of Christopher Columbus - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La rédemption de Christophe Colomb [Pastwatch: The Redemption of Christopher Columbus - fr]

Электронная книга - «La rédemption de Christophe Colomb [Pastwatch: The Redemption of Christopher Columbus - fr]». Краткое содержание книги:

Une ère nouvelle s’ouvre sur la Terre; après un siècle de guerre, de famine et de désespoir, l’humanité survivante a entrepris de soigner le monde. Et le dispose du chronoscope, qui lui montre le visage des hommes d’autrefois et lui fait entendre leur voix. L’Observatoire du temps scrute les siècles passés.
Ainsi du grand voyage qui conduisit Christophe Colomb le 12 octobre 1492 sur les rives du Nouveau Monde.
« J’ai rêvé, dit Putukam du peuple taïno d’Haïti, qu’un homme et une femme nous observaient, plus jeune que nous de quarante générations… Pourquoi n’empêchent-ils pas les Blancs de nous asservir ? »
Pour les chercheurs de l’Observatoire, n’y a-t-il pas une douleur insupportable à regarder l’Histoire dérouler son cours implacable ? Mais est-il possible d’intervenir ? Et le remède ne serait-il pas pire que le mal ?
1 ... 64 65 66 67 68 69 70 71 72 ... 103
Перейти на страницу:

Tout était paré. L’activité frénétique avait cédé la place au silence, le silence de l’attente, et les yeux qui observaient les ultimes opérations se portaient maintenant sur Colon.

Regardez-moi bien, songea Cristoforo. Lorsque je lèverai la main, je changerai le monde. Malgré tous leurs efforts, aucun des hommes qui m’entourent n’en est capable.

Il serra le poing, le leva au-dessus de sa tête. La foule éclata en acclamations, les amarres furent larguées et les caravelles s’éloignèrent doucement de la terre.

Gris, les trois hémisphères creux formaient un triangle, tels trois saladiers disposés pour un festin. Chacun contenait l’équipement nécessaire aux différentes missions dont étaient chargés Diko, Hunahpu et Kemal ; chacun emportait une partie de la bibliothèque que Manjam et son comité secret avaient constituée en sûreté ; si l’un des voyageurs parvenait dans le passé et le modifiait de telle façon que l’avenir disparût, son tiers de la bibliothèque renfermerait suffisamment d’information pour que les hommes du nouvel avenir puissent un jour connaître l’ancien, celui qui était mort pour eux ; ils pourraient bâtir sur cette autre science, s’étonner des récits de cet autre temps, profiter de ses technologies, apprendre de ses chagrins. Triste mets que contiennent ces saladiers, songea Tagiri ; mais ainsi va le monde : toujours, quelque chose doit mourir pour qu’un autre organisme vive. Et aujourd’hui c’est une communauté, une planète entière de communautés, qui doit faire de son agonie un banquet de ressources pour une autre.

Côte à côte, Diko et Hunahpu écoutaient les ultimes recommandations de Sa Ferreira ; Kemal se tenait à l’écart, relativement attentif lui aussi mais visiblement détaché. Telle la gazelle entre les dents du léopard, il n’était déjà plus là, il était au-delà de la peur, au-delà de l’angoisse. Les martyrs chrétiens devaient avoir ce genre d’expression, se dit Tagiri, lorsqu’ils entraient dans la fosse aux lions. Ce n’était pas le morne désespoir qu’elle avait vu sur le visage des esclaves enchaînés dans l’entrepont des navires portugais. La mort c’est la mort, lui avait-on dit un jour, mais elle n’y avait pas cru et elle n’y croyait toujours pas : Kemal sait qu’il marche vers sa mort, mais elle servira, elle portera des fruits ; c’est son apothéose et elle donne un sens à sa vie : on n’évite pas une telle fin, on la saisit à pleins bras. Il y a de l’orgueil là-dedans, mais un orgueil honorable qui se glorifie d’un sacrifice pour une juste cause.

Nous devrions tous partager ce sentiment car nous allons tous mourir aujourd’hui, tués par ces machines. Kemal est intimement persuadé qu’il sera le premier à mourir, mais c’est faux. De tous les habitants actuels de notre monde, il fera partie des trois seuls qui ne périront pas au moment où l’on abaissera le commutateur et où les charges et les passagers de ces hémisphères seront projetés dans le temps. À l’heure qu’il est, deux individus en tout et pour tout ont un avenir au-delà de celui de Kemal.

Néanmoins, on ne pouvait lui reprocher de savourer sa mort à l’avance : il mourrait au milieu de la haine et de la fureur, tué par des gens qui ne comprendraient pas son geste, mais leur haine lui serait une sorte d’hommage, leur fureur un écrin approprié à son triomphe.

Sa en avait presque terminé. « Après les choses sérieuses, les triviales, dit-il. Restez bien à l’intérieur des limites de la sphère ; ne vous levez pas, ne tendez pas les bras avant d’être sûrs que vous êtes arrivés. »

Il montra les fils et les câbles qui pendaient du plafond au-dessus du centre de chaque hémisphère. « Ces câbles qui alimentent les générateurs de champ seront sectionnés lors de la création du champ ; par conséquent, votre déconnexion du courant temporel n’aura pour ainsi dire aucune durée : à l’instant où le champ apparaîtra, l’alimentation du générateur sera coupée, ce qui éteindra aussitôt le champ. Naturellement, vous ne vous rendrez compte de rien ; tout ce que vous sentirez, ce sera une chute subite du générateur. Comme aucune partie de vous-mêmes ne se trouvera en dessous – j’espère que vous ne risquerez pas une entorse pour vérifier si je me trompe ou si j’ai raison… »

Diko fut prise d’un rire nerveux. Hunahpu et Kemal restèrent impassibles.

« La chute du générateur ne présentera aucun danger ; cependant, les câbles tomberont en même temps : ils sont lourds, mais heureusement le sol ne sera pas loin et ils ne seront plus guère électrifiés ; néanmoins, gardez à l’esprit l’éventualité de vous faire fouetter un peu durement par l’un d’eux. Donc, même si l’envie vous démange de prendre des poses héroïques, je dois vous supplier de garder au contraire une position repliée, protégée, afin de ne pas mettre en péril le succès de votre mission en vous exposant à des accidents.

— Oui, oui, fit Kemal : nous nous roulerons en boule comme des bébés dans l’utérus.

— Alors, de notre côté, c’est fini. Il est temps d’y aller. »

Il y eut un instant de flottement, puis ce furent les derniers adieux. Presque en silence, Hunahpu reçut l’étreinte de ses deux frères ; Hassan, Tagiri et leur fils Acho embrassèrent Diko une ultime fois. Kemal resta seul jusqu’à ce que Tagiri vienne lui déposer un baiser léger sur la joue ; Hassan le prit par les épaules, lui murmura quelques mots à l’oreille, des paroles du Coran, puis lui baisa les lèvres.

Kemal monta seul dans son hémisphère ; Hunahpu accompagna Diko vers le sien et, juste avant qu’elle ne grimpe l’échelle, il la prit dans ses bras et l’embrassa tendrement. Tagiri n’entendit pas les mots qu’ils échangèrent, mais elle savait – comme tout le monde, bien que nul n’en parlât – qu’ils avaient également fait un sacrifice personnel, peut-être pas aussi radical que celui de Kemal, mais porteur de sa propre douleur, de sa propre douceur amère. Il était possible que Kemal et Diko se revoient, car ils se rendaient tous deux sur l’île d’Hispaniola – non, d’Haïti, c’était le nom indigène qui survivrait désormais[1]. Mais Hunahpu, lui, atterrirait dans les marais du Chiapas, au Mexique, et il y avait toutes les chances pour que Diko ou lui trouve la mort au cours des longues années qui les sépareraient d’une éventuelle rencontre.

Tout cela en supposant que les trois hémisphères arrivent à bon port, naturellement. Le problème de la simultanéité n’avait jamais été complètement résolu ; on avait soigneusement mesuré les câbles de façon que les trois signaux mettent exactement le même temps pour aller du commutateur aux trois ordinateurs, puis de là aux trois générateurs de champ, mais, on le savait, les mesures les plus soigneuses ne pouvaient assurer qu’ils parviendraient aux récepteurs avec une concomitance parfaite. Il y aurait un écart de temps infime mais bien réel. L’un des signaux arriverait le premier ; l’un des champs existerait alors, fût-ce l’espace d’une nanoseconde, avant que les autres soient apparus. Et il était concevable, à cause des modifications créées par le premier, que les deux autres n’accèdent jamais à l’existence : leur avenir aurait disparu.

On avait donc décidé que chacun des trois voyageurs devrait agir comme si les deux autres échouaient. Il devrait exécuter sa mission avec autant de soin que si tout dépendait de lui seul, car il se pouvait fort bien que ce fût le cas.

вернуться

1

Aux Etats-Unis, l’île d’Haïti se nomme Hispaniola : « Haïti » désigne l’une des deux entités politiques qui se partagent l’île, l’autre étant la République dominicaine (NdT).

1 ... 64 65 66 67 68 69 70 71 72 ... 103
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)