La fille de Brooklyn
- Автор: Musso Guillaume
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions XO
- ISBN: 978-2845638082
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille de Brooklyn». Краткое содержание книги:
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé :
« Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire.
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
— C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif
qu'une grande série télé.
Intrigue diabolique, personnages uniques et attachants, suspense de tous les instants : avec La fille de Brooklyn , Guillaume Musso signe l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus réussis.
À présent, l’excitation d’Alan était palpable et communicative.
— Je suppose qu’on n’a plus revu Copeland à Philadelphie de toute la journée.
— Détrompez-vous ! s’exclama Chris en envoyant une nouvelle image. À 18 heures, il a assisté au match de basket des Philadelphia 76ers au Wells Fargo Center devant plus de vingt mille personnes.
Je me rapprochai du moniteur. Arborant écharpe et casquette de supporter, Copeland n’avait pas le visage de quelqu’un qui vient d’assassiner une femme, mais il n’y avait rien d’étonnant à cela. Tout le monde sait que les hommes politiques sont capables de faire semblant.
— Tu as d’autres photos du match ?
Une nouvelle salve de clichés envahit les écrans.
Cette fois, sur aucune d’entre elles on n’apercevait le garde du corps ni la directrice de campagne.
— Erika, trouve-moi des photos d’autres matchs, demanda Alan.
— C’est-à-dire ?
— Des matchs joués au Wells Fargo un peu avant cette date.
Une trentaine de secondes s’écoulèrent avant que la jeune femme reprenne la parole :
— J’ai dégoté ça par exemple : un match contre les Celtics la semaine précédente et un autre contre Orlando fin avril.
Pour ces deux rencontres, la même scène se répétait : Zorah était assise un rang derrière le gouverneur. Sur certains plans larges, on apercevait aussi la carrure massive de Blunt Liebowitz debout dans la travée.
— Regardez ! Zorkin est toujours à la même place derrière Copeland. Sauf ce fameux samedi 25 juin. Ce n’est pas un hasard, Alan !
Le rédacteur en chef ne trouva plus rien à m’objecter.
— Combien faut-il de temps pour faire le trajet de Philadelphie jusqu’à New York en voiture ? demandai-je.
— Avec les embouteillages ? Je dirais deux bonnes heures.
Me reculant dans mon fauteuil, je fermai les yeux et pris trois minutes pour réfléchir. J’étais sûr d’avoir compris ce qui s’était passé en ce jour de juin 2005, je devais seulement choisir les bons mots pour entraîner Alan avec moi. Il fallait qu’il m’aide, car, pour la première fois, j’entrevoyais une solution pour localiser Claire et qu’elle me revienne saine et sauve.
— Tout est limpide, Alan, dis-je en rouvrant les yeux avant de dérouler pour lui mon scénario. Ce samedi-là, le gouverneur, Zorah et Blunt quittent Philadelphie en voiture en début d’après-midi. Copeland a rendez-vous avec Joyce. L’entretien se passe mal. La conversation dégénère en dispute. Copeland panique et la tue. Puis il découvre que Florence l’a enregistré à son insu. Il revient à Philadelphie seul, sans garde du corps, pour assister au match de basket et donner le change. Pendant ce temps, Blunt et Zorah restent à New York et s’occupent du sale boulot : déplacer le corps de Joyce et maquiller la scène de crime pour faire croire à une overdose et mettre Florence hors d’état de nuire. Tout se tient, bon sang !
Accablé, Alan posa la tête entre ses mains. J’avais l’impression d’être dans son crâne. Un chaos bourdonnant où la colère se mêlait au chagrin. Peut-être repensait-il aux mois de bonheur avec Florence. Ce moment où tout était encore possible : avoir des enfants avec elle, se projeter dans l’avenir, avoir la sensation grisante d’être un acteur et non un figurant de sa propre vie. Peut-être se représentait-il la mort atroce qu’avait endurée la seule femme qu’il eût jamais aimée. Peut-être songeait-il au temps qui, depuis, avait filé. Un temps passé à s’abrutir dans le travail. Peut-être se disait-il que finalement Marilyn Monroe n’avait pas tort lorsqu’elle affirmait qu’une carrière réussie était une chose merveilleuse, mais qu’on ne pouvait pas se pelotonner contre elle la nuit quand on avait froid.
— Qu’est-ce que vous allez faire ? me demanda-t-il en me regardant comme s’il émergeait d’un lourd sommeil.
— Vous êtes prêt à m’aider, Alan ?
— Je ne sais pas si j’y suis prêt, mais je vais le faire, en souvenir de Florence.
— Est-ce que vous avez un moyen de joindre Zorkin ?
— Oui, j’ai un numéro de portable. Celui que j’ai utilisé pour négocier avec elle l’interview de Copeland.
Tandis qu’il cherchait dans le carnet d’adresses de son téléphone, je composai un bref SMS qui disait seulement : Je sais ce que vous avez fait à Florence Gallo, à Joyce Carlyle et à sa fille.
— Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée, Raphaël. Ils traceront facilement votre téléphone. Vous serez localisé en moins de dix minutes.
— Mais c’est bien ce que j’espère, répondis-je. Moi aussi, je sais jouer aux échecs.
22
Zorah
Les animaux à sang froid sont les seuls venimeux.