La fille de Brooklyn
- Автор: Musso Guillaume
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions XO
- ISBN: 978-2845638082
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille de Brooklyn». Краткое содержание книги:
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé :
« Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire.
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
— C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif
qu'une grande série télé.
Intrigue diabolique, personnages uniques et attachants, suspense de tous les instants : avec La fille de Brooklyn , Guillaume Musso signe l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus réussis.
Les deux photos traduisaient une complicité évidente, mais je me méfiais des photos.
— On a fait notre enquête, reprit Alan. Joyce a travaillé pour TBY pendant presque un an, d’abord comme bénévole puis comme salariée.
— Qu’est-ce que vous en concluez ?
— Vous êtes aveugle ou quoi ? Il se la tapait ou il avait l’intention de se la taper, me lança Cross dans un élan aux accents assez peu féminins. ça me rappelle les photos de Clinton et Lewinsky. Leur accolade sentait le sexe à dix lieues à la ronde.
— Ce ne sont que des photos, rétorquai-je. On leur fait dire n’importe quoi, vous le savez bien.
— Attendez la suite, poursuivit la rousse. On a retrouvé la trace de Pepe Lombardi dans une maison de retraite du Maine. Il est âgé de quatre-vingt-dix ans aujourd’hui, mais il a toujours les idées bien en place. Je l’ai appelé il y a une heure. Il m’a raconté qu’en 1999, dix jours après la sortie du livre, Zorah Zorkin, la directrice de campagne de Copeland, lui a racheté l’intégralité de son stock ainsi que tous les négatifs de ses photos.
— Sous quel prétexte ?
Alan reprit la parole :
— Officiellement, le candidat avait tellement aimé le livre qu’il souhaitait la parution d’une nouvelle édition avec une préface qu’il aurait lui-même rédigée.
— Et le livre n’est jamais ressorti, devinai-je.
— Si, justement ! Il a même été réédité plusieurs fois, mais, dans les nouvelles éditions, les deux photos de Joyce avaient disparu.
Je me fis l’avocat du diable :
— Il peut y avoir mille raisons à cela. Vous l’avez dit vous-même : si ces clichés sont équivoques, il n’est pas anormal que l’homme politique ait cherché à les faire disparaître d’une biographie. D’autant qu’il était marié.
— Sauf que ça ne s’est pas arrêté là, assura Alan en se retournant vers Chris & Cross.
La rousse flamboyante expliqua :
— On a un peu fouillé dans les arcanes du Web, notamment sur les sites de vente de livres d’occasion. Chaque fois qu’un exemplaire de l’édition originale refait surface, par exemple sur Amazon ou sur eBay, il est presque instantanément racheté pour une grosse somme.
— Par qui ?
Elle haussa les épaules.
— Difficile de le savoir avec certitude, mais pas très compliqué à deviner.
Pour la première fois, Chris, l’androgyne timide, sollicita la parole :
— Il y a autre chose. À l’époque, certaines médiathèques ou bibliothèques municipales de Pennsylvanie avaient acquis la biographie. J’ai réussi à en contacter quelques-unes. On trouve bien la trace du livre sur leurs catalogues en ligne, mais, concrètement, le bouquin n’est jamais sur les rayons. Soit il a été perdu, soit il a été emprunté et jamais rendu.
D’un geste de la tête, Alan demanda à ses assistants de nous laisser. Il attendit que nous fussions seuls pour me parler franchement :
— Bon, on ne va pas tourner autour du pot, Raphaël. Si Copeland s’est donné tant de mal pour faire disparaître ces photos, c’est que non seulement il a eu une aventure avec Joyce Carlyle, mais surtout qu’il est le père de Claire. Tout concorde : les dates de sa liaison supposée avec Joyce, le fait que la petite soit métisse…
— J’y ai pensé, bien sûr, c’est une possibilité.
— Ce qui me surprend, en revanche, c’est que vous m’assuriez que Florence enquêtait sur Joyce et Copeland peu de temps avant sa mort.
— Pourquoi ?
— Florence et moi pensions la même chose à propos de la vie privée des hommes politiques : elle ne nous intéressait pas. Nous considérions que le journalisme actuel était justement en train de crever à cause de ce voyeurisme hypocrite. Je me fous de savoir que le prochain président des États-Unis a peut-être eu une aventure extraconjugale il y a plus de vingt ans. ça ne le disqualifie pas à mes yeux pour diriger le pays.
— Attendez, Alan, vous n’y êtes pas : je pense que c’est Joyce elle-même qui, à l’époque, avait l’intention de révéler que Copeland, le nouveau gouverneur de Pennsylvanie, était le père de sa fille.
— Si elle voulait de la publicité, pourquoi avoir attendu si longtemps ?
— Parce que sa fille venait d’être enlevée et que l’enquête piétinait. C’est en tout cas ce que j’aurais fait à sa place : médiatiser l’affaire à outrance dans l’espoir que l’on retrouve ma fille.
Le silence se fit dans la pièce.
— Qu’est-ce que vous êtes en train d’essayer de me dire, Raphaël ?
— Que Tad Copeland a sans doute tué, ou fait tuer, son ancienne maîtresse.
21
La saison du chagrin
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.