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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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D’un autre côté, je sens que c’est un mauvais mariage, pour un homme comme le marquis de ***: qu’il aura un frère à avancer; une famille nombreuse à protéger, à aider, qu’un mariage dans une famille égale à la sienne, lui procurera des avantages si considérables qu’il est impossible de les négliger; qu’enfin, il aura d’autres fils, dont l’origine sera également illustre par les deux sources de leur existence. Comment faire dans une pareille occurrence? N’y aurait-il pas moyen de tout concilier? je le crois; et voici celui que j’imagine. Les filles ne sont rien dans. les maisons nobles ou roturières; elles en sortent pour n’y rentrer jamais. La tache faite à la famille R**, par la violence sur une fille de cette maison, tombe donc bien plus sur les mâles, et surtout sur celui de ces mâles qui est à la capitale, et connu dans le monde, ou prêt à l’être, que sur la fille elle-même, qui d’ailleurs me paraît presque dédommagée. Ainsi, pour n’avoir rien à se reprocher, et que des gens aussi relevés, que vous l’êtes, ne se trouvent pas un tort réel avec des gens au-dessous d’eux, je proposerais, mais comme un simple projet, que je soumets à votre examen, que M. le marquis épousât, pour sa fortune et son avancement, la personne de distinction que vous avez en vue; et que pour réparer ses torts, relativement à la personne qu’il a déshonorée, il rendît au frère plus qu’il n’a ôté à la sœur. Ce frère, monsieur le comte, est un beau garçon, capable de faire honneur à son protecteur par ses qualités, par sa belle figure, par ses sentiments nobles et distingués. Il faudrait le faire entrer au service, lui faire avoir une compagnie, lorsqu’il en serait temps; à moins que vous ne préférassiez de lui faire un sort dans la robe: car il est propre à tout; je choisirais même ce dernier parti. La finance ne doit pas vous inquiéter; c’est un article dont je me charge, avec le secours des autres amis de ce garçon méritant: car il est adoré de tout ce qui le connaît. J’imagine que la protection que lui donnerait M. le marquis, et vous-même, monsieur le comte, vous honorerait autant que lui, et ferait briller aux yeux de tout le monde votre grandeur d’âme et votre justice. Votre gloire serait ici d’autant plus pure, que vous n’encourreriez pas, auprès des gens de qualité, le blâme de vous être mésallié dans votre fils unique.

Je viens, comme un avocat général, de plaider le pour et le contre; voilà toutes les raisons possibles: c’est vous qui faites la fonction de juge, prononcez.

J’espère, monsieur le comte, que vous recevrez en bonne part ce que je prends la liberté de vous marquer, et que vous y verrez le langage d’un homme également fidèle à l’amitié qu’il a jurée à la famille R**, et à la considération respectueuse qu’il doit à la vôtre.

J’ai l’honneur d’être, etc.

P.-S. – J’écris également à l’insu du frère et de la sœur. Un seul cas détruirait la seconde partie de ma lettre: c’est celui où le marquis n’aurait pas de fils du mariage projeté. Mais ne vient-il pas de faire ses preuves?

Lettre 62. Réponse.

[On voit ici comment va s’arranger le refus d’Ursule.].

27 juillet.

Les motifs que vous m’exposez, monsieur, ont fait sur moi l’impression que méritait leur importance. Il ne s’agit que d’un point, c’est de déterminer le marquis, et d’exciter la générosité de la demoiselle, au point de lui faire refuser mon fils. Si vous y réussissez, nous nous engageons, ma famille et moi, à faire avancer le frère, et à le servir de tout notre crédit. Nous nous conduirons d’après le succès de vos démarches.

Votre affectionné serviteur.

LE COMTE DE ***.

Lettre 63. Réplique.

[Gaudet a tout préparé; il est sûr de son fait.].

29 juillet.

J’espère, monsieur le comte, que si vous voulez faire après-demain, une démarche auprès de la demoiselle, avec monsieur votre fils, vous aurez la satisfaction que vous désirez. J’y ai travaillé avec une ardeur infatigable: heureux de concilier l’honneur d’une famille respectable avec l’intérêt du plus cher de mes amis. Je sais que le marquis doit vous presser vivement demain ou après. Vous pourrez céder en apparence, et de là venir ensemble chez la demoiselle. Il est essentiel qu’il y soit, et surtout que vous n’ayez pas d’entretien particulier avec elle hors de la présence de monsieur votre fils. On est fâchée contre lui; on ne l’est pas contre vous; au contraire, on vous respecte et l’on vous honore autant que vous le méritez, c’est-à-dire infiniment, et comme le fait.

Votre, etc.

Lettre 64. Laure, à Ursule.

[Elle continue à servir les desseins de Gaudet.].

Écrite avant les deux précédentes.

Tu touches, si tu le veux, chère cousine, au moment désiré de te montrer sous le jour le plus favorable à la famille du marquis. On est sur le point de te demander solennellement: c’est l’instant de la fierté, ton mariage ne s’en fera pas moins, il est immanquable, à cause de ton fils; mais il sera beaucoup plus heureux. Je te préviens qu’un de ces jours, tu auras la visite de M. le comte, et que le marquis doit employer devant lui les raisons les plus fortes pour te déterminer. C’est à toi d’arranger tes refus de manière qu’ils te donnent un nouveau relief, sans décourager ton futur. Cette occasion est unique; il ne faut pas la laisser échapper. Je crois que M. Gaudet te verra cet après-midi: tâche de savoir son sentiment, sans lui dire le tien.

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