Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические приключения » Le vicomte de Bragelonne Tome IV
Le vicomte de Bragelonne Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vicomte de Bragelonne Tome IV

Электронная книга - «Le vicomte de Bragelonne Tome IV». Краткое содержание книги:

Dernière page de l'histoire des quatre amis, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis… Le règne de Louis XIV commence, chacun a vieilli et évolué, mais conserve sa personnalité d'autrefois. Dans ce livre, le héros est le vicomte de Bragelonne, qui n'est autre que le fils d'Athos, mais les anciens mousquetaires ne sont jamais loin quand il s'agit d'intrigues et d'aventures…
1 ... 58 59 60 61 62 63 64 65 66 ... 157
Перейти на страницу:

D’Artagnan se prit la tête dans les mains, s’arracha, bon gré mal gré, quelques poils de moustache et ajouta:

– Pour quelle cause M. Fouquet serait-il disgracié? Pour trois causes: la première, parce qu’il n’est pas aimé de M. Colbert; la seconde, parce qu’il a voulu aimer Mlle de La Vallière; la troisième, parce que le roi aime M. Colbert et Mlle de La Vallière. C ’est un homme perdu! Mais lui mettrai-je le pied sur la tête, moi, un homme, quand il succombe sous des intrigues de femmes et de commis? Fi donc! S’il est dangereux, je l’abattrai; s’il n’est que persécuté, je verrai! J’en suis venu à ce point que ni roi ni homme ne prévaudra sur mon opinion. Athos serait ici qu’il ferait comme moi. Ainsi donc, au lieu d’aller trouver brutalement M. Fouquet, de l’appréhender au corps et de le calfeutrer, je vais tâcher de me conduire en homme de bonnes façons. On en parlera, d’accord; mais on en parlera bien.

Et d’Artagnan, rehaussant par un geste particulier son baudrier sur son épaule, s’en alla droit chez M. Fouquet, lequel, après les adieux faits aux dames, se préparait à dormir tranquillement sur ses triomphes de la journée.

L’air était encore parfumé ou infecté, comme on voudra, de l’odeur du feu d’artifice. Les bougies jetaient leurs mourantes clartés, les fleurs tombaient détachées des guirlandes, les grappes de danseurs et de courtisans s’égrenaient dans les salons.

Au centre de ses amis, qui le complimentaient et recevaient ses compliments, le surintendant fermait à demi ses yeux fatigués. Il aspirait au repos, il tombait sur la litière de lauriers amassés depuis tant de jours. On eût dit qu’il courbait sa tête sous le poids de dettes nouvelles contractées pour faire honneur à cette fête.

M. Fouquet venait de se retirer dans sa chambre, souriant et plus qu’à moitié mort. Il n’écoutait plus, il ne voyait plus; son lit l’attirait, le fascinait. Le dieu Morphée, dominateur du dôme, peint par Le Brun, avait étendu sa puissance aux chambres voisines, et lancé ses plus efficaces pavots chez le maître de la maison.

M. Fouquet, presque seul, était déjà dans les mains de son valet de chambre, lorsque M. d’Artagnan apparut sur le seuil de son appartement.

D’Artagnan n’avait jamais pu réussir à se vulgariser à la Cour: en vain le voyait-on partout et toujours il faisait son effet toujours et partout. C’est le privilège de certaines natures, qui ressemblent en cela aux éclairs ou au tonnerre. Chacun les connaît, mais leur apparition étonne, et, quand on les sent, la dernière impression est toujours celle qu’on croit avoir été la plus forte.

– Tiens! M. d’Artagnan? dit M. Fouquet, dont la manche droite était déjà séparée du corps.

– Pour vous servir, répliqua le mousquetaire.

– Entrez donc, cher monsieur d’Artagnan.

– Merci!

– Venez-vous me faire quelque critique sur la fête? Vous êtes un esprit ingénieux.

– Oh! non.

– Est-ce qu’on gêne votre service?

– Pas du tout.

– Vous êtes mal logé peut-être?

– À merveille.

– Eh bien! je vous remercie d’être aussi aimable, et c’est moi qui me déclare votre obligé pour tout ce que vous me dites de flatteur.

Ces paroles signifiaient sans conteste: «Mon cher d’Artagnan, allez vous coucher, puisque vous avez un lit, et laissez-moi en faire autant.»

D’Artagnan ne parut pas avoir compris.

– Vous vous couchez déjà? dit-il au surintendant.

– Oui. Avez-vous quelque chose à me communiquer?

– Rien, monsieur, rien. Vous couchez donc ici?

– Comme vous voyez.

– Monsieur, vous avez donné une bien belle fête au roi.

– Vous trouvez?

– Oh! superbe.

– Le roi est content?

– Enchanté.

– Vous aurait-il prié de m’en faire part?

– Il ne choisirait pas un si peu digne messager, monseigneur.

– Vous vous faites tort, monsieur d’Artagnan.

– C’est votre lit, ceci?

– Oui. Pourquoi cette question? n’êtes-vous pas satisfait du vôtre?

– Faut-il vous parler avec franchise?

– Assurément.

– Eh bien! non.

Fouquet tressaillit.

– Monsieur d’Artagnan, dit-il, prenez ma chambre.

– Vous en priver, monseigneur? Jamais!

– Que faire, alors?

– Me permettre de la partager avec vous.

M. Fouquet regarda fixement le mousquetaire.

– Ah! ah! dit-il, vous sortez de chez le roi?

– Mais oui, monseigneur.

– Et le roi voudrait vous voir coucher dans ma chambre?

– Monseigneur…

– Très bien, monsieur d’Artagnan, très bien. Vous êtes ici le maître. Allez, monsieur.

– Je vous assure, monseigneur, que je ne veux point abuser…

M. Fouquet, s’adressant à son valet de chambre:

– Laissez-nous, dit-il.

Le valet sortit.

– Vous avez à me parler, monsieur? dit-il à d’Artagnan.

– Moi?

– Un homme de votre esprit ne vient pas causer avec un homme du mien, à l’heure qu’il est, sans de graves motifs?

– Ne m’interrogez pas.

– Au contraire, que voulez-vous de moi?

– Rien que votre société.

– Allons au jardin, fit le surintendant tout à coup, dans le parc?

– Non, répondit vivement le mousquetaire, non.

– Pourquoi?

– La fraîcheur…

– Voyons, avouez donc que vous m’arrêtez, dit le surintendant au capitaine.

– Jamais! fit celui-ci.

– Vous me veillez, alors?

– Par honneur, oui, monseigneur.

– Par honneur?… C’est autre chose! Ah! l’on m’arrête chez moi?

– Ne dites pas cela!

– Je le crierai, au contraire!

– Si vous le criez, je serai forcé de vous engager au silence.

– Bien! de la violence chez moi? Ah! c’est très bien!

– Nous ne nous comprenons pas du tout. Tenez, il y a là un échiquier: jouons, s’il vous plaît, monseigneur.

– Monsieur d’Artagnan, je suis donc en disgrâce?

– Pas du tout, mais…

– Mais défense m’est faite de me soustraire à vos regards?

– Je ne comprends pas un mot de ce que vous me dites, monseigneur, et si vous voulez que je me retire, annoncez-le-moi.

– Cher monsieur d’Artagnan, vos façons me rendront fou. Je tombais de sommeil, vous m’avez réveillé.

– Je ne me le pardonnerai jamais, et si vous voulez me réconcilier avec moi-même…

– Eh bien?

– Eh bien! dormez là, devant moi, j’en serai ravi.

– Surveillance?…

– Je m’en vais alors.

1 ... 58 59 60 61 62 63 64 65 66 ... 157
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)